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Sékou TRAORE, Réalisateur


Voici l’un des plus heureux des réalisateurs de la 24e édition du FESPACO. A lui seul, il a reçu 9 prix d’une valeur de près de 30 000 000 frs CFA. Producteur de plusieurs films africains dont le fameux film “TIMBUKTU” d’Abderrahmane Sissako, Sékou TRAORE, (c’est de lui qu’il s’agit) est véritablement à son tout premier long métrage avec “L’œil du cyclone”. Dans cet entretien qu’il nous accordé, notre invité parle ddéjà de son prochain film et du manque de salles de cinéma au Burkina.


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Sékou TRAORE (S.T. ) : Je suis Sékou TRAORE, réalisateur burkinabé. J’ai commencé mes études de cinéma au Burkina avant de les poursuivre en France. Après mes études, nous avons ouvert “SAHELIS PRODUCTION” que j’ai dirigé pendant plusieurs années avant d’ouvrir une autre société ” ABISSIA production”. C’est justement avec cette dernière structure (“ABISSIA productions”), les “FILMS d’AVALON” en France et “VYNAVY Production” (notre 3ème partenaire au Cameroun) que nous avons produit “L’œil du Cyclone. Cette année, j’étais en compétition long métrage cinéma un film qui s’appelle l’œil du Cyclone; c’est mon premier long métrage d’ailleurs !. Mais bien avant, j’ai fait un moyen métrage de 45 mn qui a été en compétition au FESPACO 2001. Mais puisque les moyens métrages sont classés comme des courts métrages ; donc c’était un court métrage de 45 mn.
Artistebf. : Quels sont les films que vous avez produits à cette date ?
S.T. : J’ai été directeur de production de plusieurs films africains. Tous les longs métrages de Mahomed Saleh Aroun (“un homme qui crie”, “gris gris”), tous les films de Dany COUYATE: “Soleil”, “Keita, de bouche à Oreille”, ” Ouaga SAGA”, “SYA ou le rêve du python”, et “TIMBUKTU” d’Abderrahmane Sissako pour lequel, j’ai fait 5 mois en Mauritanie. Pour l’instant, j’ai une double casquette et peut-être, je vais devoir abandonner celle du producteur.
Art. : A la 24è édition, l’ombre de TIMBUKTU a effrayé plus d’un cinéaste compétiteur. Qu’en était-il du côté de Sékou TRAORE ?
S.T. : “Quand je décide d’être à une compétition, je ne tiens plus compte de ce qui est déjà passé mais de ce qui va venir après ce FESPACO. Je tiens compte d’un Jury qui est là et qui va juger tout le monde, qui a ses critères. Maintenant, si un Jury peut être influencé par un autre, il cesse d’être un Jury. Si le Jury de Cannes doit tenir compte des Jury des Etats Unis, il est foutu parce qu’il ne s’en sortira pas. La preuve, il y a eu le jury des CESAR en France et celui des OSCAR aux Etats Unis. Il y a eu un film qui n’avait rien eu aux CESAR en France et c’est finalement ce film qui a obtenu l’OSCAR du film étranger aux Etats UNIS. Voilà par excellence ce qu’on appelle un Jury. Sinon ce serait facile de dire que tel film ayant obtenu les OSCAR, donnons- lui aussi tel prix. Dans un tel cas de figure, un jury ne vaut plus la peine ou à la limite, ce sera un jury mondial basé à quelque part dans le monde. Dès que nous sommes en compétition, tous les réalisateurs doivent se sentir à l’instant sur le même pied d’égalité et oublier leurs problèmes de réalisation ou de production qu’ils ont rencontrée.
Art . : Parlez-nous de votre film
image du film
S.T. : C’est l’histoire d’un jeune enfant soldat et qui devient rebelle. Le problème que nous posons dans ce film, c’est l’éternel thème des enfants soldats. Nous nous demandons encore s’ils pourront être récupérés, est-ce qu’ils peuvent être socialiser de nouveau.?
Art . : Où a t-il été tourné ?
S.T. : Je reviens d’abord sur l’écriture pour dire que nous avons écrit et réécrit le film au Burkina, à Abidjan et en Tunisie. Nous sommes actuellement à la vingtième version. Nous avons fait une première phase de tournage au Cameroun notamment dans la ville de Yaoundé et toutes les séquences de forêt ont été faites à l’ouest du Burkina. Le tournage a pris 7 semaines dont 10 jours à Yaoundé et le reste au Burkina.
Art. : Quel sont les difficultés que vous avez rencontrées pendant la réalisation ? S.T. : Je pense qu’on a eu beaucoup de chance. Vraiment, les gens nous ont fait confiance, à commencer par l’état Burkinabé, la Francophonie et l’.Ambassade de France qui nous ont appuyés auprès de d’autres institutions. Il eut un moment où le dossier était même bloqué au niveau de la BIDC ( Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC), pour une histoire de banque et c’est l’Ambassade de France qui nous aidé à débloquer la situation.
L'affiche du filmLes principales difficultés, il faut commencer par la phase écriture qui a été très longue. Nous avons défendu ce projet au festival Damien qui a une bourse pour les longs métrages. En 2007, .c’était déjà très difficile parce qu’il y avait 20 projets et il fallait choisir 4. Par miracle, nous avons été retenus parmi ces 4 avant de bénéficier en 2011de l’aide de l’Union Européenne. Malgré tout, nous étions loin du compte parce qu’il nous fallait un budget de 900 000 euros. Jusqu’à l’heure où je vous parle, nous ne sommes pas encore au 900 000 euros. Toutefois, nous sommes heureux d’avoir amené le film jusqu’au bout même nous continuons à payer les dettes du film
Art. : Avez-vous fait recours à des comédiens professionnels ou des amateurs?

S.T. : Il y a des amateurs certes; mais beaucoup de professionnelles toutes catégories. Mais rassurez-vous que tout ce que compte le Burkina comme comédiens professionnels sont dans le film. Nous n’avons pas eu la chance de prendre des comédiens de la sous-région. Nous aimons généralement faire un casting international, malheureusement, on en avait pas les moyens. Mais déjà, les burkinabé que nous avons eus sur place sont très professionnels et nous sommes est très satisfaits de leurs jeux.
Art. : Aux grands maux, aux grands remèdes; à comédiens professionnels, cachets professionnels aussi; comment avez-vous géré les cachets de ces professionnels?
S.T. : Le plus gros cachet est de plus de 3 000 000 et le plus petit qui est la figuration va de 5 000 à 15 000 jours. Moi je peux dire que coté cachet, j’ai rarement des problèmes avec des comédiens parce que je suis franc sur le budget et je ne vois même pas de mine serrée par rapport au cachet.
Tu peux avoir un comédien professionnel qui joue un petit rôle et tu peux avoir un comédien amateur qui, au casting a donné ce que tu veux, tu le paie comme un professionnel parce que le mec a franchi toutes les étapes du casting et il est très bon. La fille qui a joué par exemple dans le film “SIA, le rêve du PYTHON” n’était qu’à son premier tournage; mais elle a battu en cachet tous les professionnels, elle s’est retrouvé avec un cachet important.
Art.: Quel est le prochain film en préparation?
S.T. : Le prochain film j’espère que ça serrait une fiction qui va parler du banditisme.
Votre dernier mot?
S.T. : Le problème du Burkina Faso, c’est le fait qu’il n’y ait pas suffisamment de sekou2.jpgsalles de cinéma. Je l’ai dit à tous les ministres de la culture ; on ne peut pas avoir un pays qui se dit “Pays du cinéma”, qui a la chance d’avoir des spectateurs et qui, malheureusement ne dispose pas assez de salles de cinéma.
Dans les autres pays, les festivals n’ont pas tenu parce qu’il n’y a même pas de cinéphiles. Quand tu fais un festival au Mali, même à coût de milliards, les gens ne viennent pas en salle. Par contre, un concert fait salle comble. Au Burkina, même un bon film projeté suffit pour faire salle comble. Malheureusement, il n’y a pas d’espaces. Nous n’avons même pas 3 000 bonnes places correctes au Burkina Faso et ça ce n’est pas normal.
C’est en même temps un appel à l’endroit du gouvernement et aux privés afin que chacun à son niveau s’investisse parce que le domaine est porteur et rentable.
Voir un extrait du film “L’oeil du Cyclone” sur ce lien >>
Izabella MAYA

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