Accueil / Faits & Gestes / Société : Mécanismes traditionnels de prévention et de gestion des conflits

Société : Mécanismes traditionnels de prévention et de gestion des conflits

Le Burkina Faso a célébré le 57e anniversaire de son accession à l’indépendance sous l’épithète « diversité culturelle et citoyenneté responsable  pour un développement solidaire ». En déclinaison de la thématique, la réflexion a été menée sur « les mécanismes traditionnels de prévention et de gestion des conflits ». C’est dire qu’au-delà des voies classiques  de la diplomatie qui montre d’ailleurs des limites évidentes dans les négociations, il existe  des mécanismes  séculaires de résolution des crises dans nos sociétés traditionnelles.

L’esprit en crise

Postuler la culture sur les fondements de la paix semble une utopie, au regard de la récurrence des crises dans nos sociétés et de la résurgence des violences de par le monde. Légitimement, l’on pourrait se demander l’apport de la culture à la paix dans un contexte sociopolitique trouble, marqué par de vives tensions. Certes, la sociologie de la paix (Roger Bosc, 1965) établit le caractère inclusif de la communauté, nationale ou internationale, dans la prévention et la gestion des conflits. L’action à l’échelle mondiale, quoique fondée sur un paquet de dispositifs juridiques et conventionnels, repose avant tout sur des fondements humanistes parmi lesquels les aspects culturels ou civilisationnels constituent un enjeu capital. L’on ne peut prétendre résoudre les crises dans le monde sans cerner la psychologie des peuples en mésintelligence. Dans sa théorie du déterminisme, Karl Marx indique que l’environnement social conditionne l’esprit, alors que les idéalistes postulent la prééminence de l’esprit sur la matière. Ces deux thèses, loin d’être opposées, sont plutôt complémentaires.  En l’occurrence, si la guerre naît dans l’esprit des hommes, ce sont les conditions socioculturelles qui prédisposent les esprits à la crise.

La dynamique crisogène

À l’évidence, le Burkina Faso connaît une résurgence de crises à tous les niveaux,  débouchant parfois sur de vives tensions. Cependant il y a lieu de souligner que le Faso n’a pas connu de conflits communautaires majeurs comme ce fut malheureusement le cas dans bien de pays africains : Nigeria (Biafra), Liberia, Congo, Côte d’Ivoire, Mali, Rwanda, Centrafrique, Afrique du Sud, etc.
La dynamique crisogène est multiple et multiforme : conflits d’ordre identitaire (l’ethnocentrisme), communautaire (agriculteurs vs éleveurs), conflits d’héritage (foncier) et de succession. Viennent s’ajouter à cette liste des conflits de type nouveau, notamment d’ordre économique (orpailleurs vs populations), politique (régionalisme, crise des collectivités), générationnel (défiance de toute forme d’autorité) et sécuritaire (koglwéogo vs populations)…

La médiation culturelle

Les mécanismes traditionnels de gestion des conflits reposent avant tout sur une bonne intelligence entre fils et filles d’une même communauté de sorte à mettre en avant, en cas de crise, les valeurs ancestrales à travers les institutions en charge des us et coutumes. Il s’agit d’une volonté collective, à la fois pieuse et généreuse, prenant ancrage dans les valeurs sociétales promues au sein de la communauté. Dans le cas d’espèce la médiation culturelle  agrège les fondamentaux de la cohésion sociale : l’union sacrée par les mânes des ancêtres, les valeurs d’hospitalité et d’intégrité, la parenté et l’alliance à plaisanterie, l’intercession des adjuvants (griot, forgeron), le dialogue interculturel, l’arbre à palabre…
En tout état de cause, il y a crise lorsque l’ordre des valeurs est bouleversé. Pour préserver la paix et la cohésion sociale, il faut faire en sorte de respecter l’Ordre culturel qui inclut les systèmes de valeurs, les droits fondamentaux, les modes de vie et les traits caractéristiques d’une communauté, d’un peuple, d’une nation.
Dr Dramane Konaté

Intelligence Culturelle pour la Renaissance Africaine (ICRA).

 

 

 

 

 

Voir aussi

Sciences : Né sans pénis, il fait l’amour pour la première fois à 45 ans

Un homme, né sans pénis, a pu faire l’amour pour la première fois à 45 …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueurs aiment cette page :