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Burkina : Hausse du prix du carburant à la pompe, comment accompagner la mesure ?

Depuis 48 heures les burkinabè commencent à s’habituer à  la nouvelle mesure gouvernementale, celle décidée en conseil des Ministres du  08 novembre 2018 de rehausser le prix du carburant. Cette mesure vise,  selon  un rapport du Ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat à “apurer la dette la dette de l’Etat vis-à-vis de la Société nationale burkinabè d’hydrocarbures (SONABHY)”.   Ce qui n’est pas bien évidemment sans répercussion sur la bourse du consommateur qui doit désormais faire un effort supplémentaire de 75 frs par litre du prix à la pompe de l’essence super et  du gazoil. La question est de savoir aujourd’hui comment faire face à la nouvelle mesure ou plutôt , comment accompagner la hausse du prix des carburants ? Tentative d’explication de Olivier Appert, conseiller des énergies à l’Institut français des relations internationales,

Les prix que les automobilistes payent un jour donné à la pompe sont fixés en partie par le cours du baril deux ou trois mois auparavant : c’est environ le délai nécessaire entre l’approvisionnement, le raffinage puis l’acheminement vers les stations.

Comment accompagner la hausse du prix des carburants ?

Ceci étant, il est vrai que tout le monde fait des efforts. Les prix de vente sont aujourd’hui beaucoup plus dépendants de la concurrence qu’autrefois, quand presque seul le cours du pétrole comptait. Cela peut être une concurrence nationale avec les prix que peuvent consulter les automobilistes, mais aussi locale. Il suffit par exemple qu’un supermarché s’installe quelque part et pratique des tarifs à prix presque coûtant pour qu’une station doive s’adapter.

Il faut cependant que les consommateurs se souviennent que la part du prix du baril est relativement faible dans le prix à la pompe en France : entre 10 et 15 %.

Comment voyez-vous évoluer les cours du pétrole ?

O. A. : Les prix du baril sont aujourd’hui aux alentours de 70 dollars, certes loin des records de 2014 quand ils ont atteint 120 dollars, ou même de 2008 avec 140 dollars. Pour autant, nous restons dans une situation de tension due à la volonté de l’Opep et de la Russie de réduire leur production. Les stocks mondiaux sont donc réduits, tout comme les capacités de production. Cela a entraîné mécaniquement une remontée des prix.

À ceci s’est ajoutée la décision de Donald Trump, en mai dernier, d’imposer un embargo sur le pétrole iranien. Si la décision s’appliquait totalement, cela représenterait 2,5 millions de barils en moins par jour. Cela peut paraître peu par rapport à la consommation mondiale de 100 millions de barils quotidien, mais il serait alors difficile de pallier ce manque de production.

Craignant une flambée des prix du carburant à l’occasion des élections de mi-mandat, l’administration Trump a cependant autorisé des dérogations à certains pays, ce qui a détendu la situation. Mais le problème de fond reste et la plupart des analystes tablent sur une remontée des cours autour de 80 dollars le baril.

En outre, la prochaine loi de finances prévoit d’augmenter les taxes sur l’énergie de 3 milliards d’euros, dont 2 milliards sur les produits pétroliers. Ce qui va sans doute compliquer les choses.

Recueilli par Michel Waintrop

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