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Des amis et collègues rendent hommage à Idrissa Ouedraogo

Beaucoup l’ont vu pour la dernière fois lors du 50ème anniversaire des Journées Cinématographiques de Carthage en novembre 2016 à Tunis. L’un des plus grands festivals du continent africain rendait alors hommage aux nombreux lauréats des Étalons de Yennenga du Festival Panafricain de Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou (Fespaco). , l’autre grand rendez-vous des cinémas d’Afrique où il décrocha le prix suprême en 1991 pour Tilaï. Des plus proches le verront encore plus tard, et un peu avant ses derniers moments sur cette terre, lors de voyages, ou à Paris où il se fait soigner. D’aucuns reconnaîtront Idrissa Ouedraogo comme l’un des cinéastes les plus talentueux et marquants de sa génération. 


 
Auteur d’une quarantaine de films pour le cinéma, la télévision et y compris les films de commande, celui qu’on surnomma Le Maestro fut aussi l’un des réalisateurs africains avec une ouverture des plus internationales. Tilaï remporte le Grand Prix du jury à Cannes 1991, Le Cri du Cœur est tourné à Lyon en 1994, Kini et Adams sera produit en Afrique du Sud, 1997. Il se lancera aussi dans les séries notamment avec Kadi Jolie (1999).

De son premier court métrage Poko (Prix du meilleur court métrage au Fespaco en 1981) à Yam Daab (Semaine de la Critique à Cannes, 1987) et Yaaba (Quinzaine des réalisateurs et Prix de la critique), ce natif de Banfora a toujours été soucieux de la beauté quand il filmait l’Afrique. Il laisse ainsi derrière lui de grandes œuvres que l’on continue à découvrir.

Pour moi, c’est un des plus grand cinéastes africains de son époque. Quand il tournait, il donnait du souffle à son cinéma, il avait une façon d’occuper l’espace qui lui été donné et il évoluait dans cet espace“, témoigne l’acteur et réalisateur, Cheik Doukouré (Le Ballon d’Or, Guinée, 1994), présent au Festival international de Film d’Amiens 2018. Leur collaboration date d’antan, leur amitié aussi, confie Cheik Doukouré : “C’est un grand humaniste, généreux et très fidèle en amitié”.
Issus tous deux de cette même génération de cinéastes qui ont suivi les pionniers des lendemains d’indépendances et de la dénonciation du colonialisme, Cheik Doukouré comme son confrère défunt se distinguaient par leur cinéma qui n’était pas que du cinéma de revendication. Celle-ci s’y retrouvait beaucoup mais autrement. Il souligne que Ouedraogo ne voulait pas être pris comme cinéaste africain mais un cinéaste tout court: “Il voulait vraiment avoir cette nationalité internationale...”

Un autre cinéaste, Abderrahmane Sissako (Timbuktu), admiratif du cinéaste racontera, devant le public d’Amiens, qu’en 1993, lorsqu’il finissait ses études en Russie et débarquait à Paris, il lui arrivait de rencontrer Idrissa: “Lorsque tu rencontrais Idrissa à Paris, au moment de vous séparer il tendait toujours un peu d’argent en disant :” Tiens petit frère, c’est pour le transport”. C’était ça Idrissa s, quelqu’un qui aimait et se battait pour le cinéma et pour les cinéastes.”

On retiendra aussi de son parcours, son combat pour que les Africains et Africaines se produisent eux-mêmes. Qu’ils et elles bâtissent une industrie qui serait gérée par ceux et celles qui veulent faire du cinéma, parvenir à contrôler notre industrie et venir à la conquête du public. “Tant que nous ne contrôlons pas nos industries, nous serons colonisés.”, disait-il.

Djia MAMBU
Correspondante spéciale, à Amiens
Africiné Magazine, Bruxelles
pour Images Francophones
Crédit Image : DR

Source : Culturebox

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