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FDCT : près de 568 projets enregistrés en deux ans d’existence

Créée en 2015, le Fonds de Développement Culturel et Touristique (FDCT ) a officiellement lancé ses activités le 30 mai 2017. Après un premier appel à projet avec succès, le FDCT est à son second appel à projet avec un total de près de 568 projets enregistrés dont 39 déjà financés. Le Directeur Général du FDCT Alphonse TOUGMA aborde dans cet entretien qu’il nous accordé les missions, les difficultés et la vision de sa structure.

Le Fonds de développement Culturel et Touristique (FDCT) est un mécanisme parce qu’il dépasse le  cadre simple de financement. Il comprend  un secrétariat particulier, deux directions techniques dont celle de l’analyse et de suivi-évaluation par laquelle rentrent les projets à notre niveau. Elle se charge de la validation des projets. Il y a la direction des études et de l’assistance technique qui est une sorte de prospect et de prospective à notre niveau. Elle suit au jour le  jour l’évolution du fonds et projette le fonds au bout de plusieurs années, c’est la direction stratégique qui nous amène à viser plus loin chaque jour. Nous avons également la direction des affaires juridiques et du contentieux. Etant donné que nous donnons de prêts et des subventions, il est mieux de prévoir. Elle se charge des affaires juridiques, des conventions, du recouvrement amiable et c’est elle qui déclenche les contentieux quand il y a lieu.

Alphonse TOUGMA / DG du FDCT©ArtistesBF2018

 

 

Il y a également la Direction des Finances et de la Comptabilité qui s’occupe de toutes les questions relatives aux finances. Nous avons la Personne Responsable des Marchés qui s’occupe des marchés que nous passons; le Contrôleur de gestion qui scrute comment nous évoluons à travers les différents indicateurs, qui est chargé de nous guider et de nous donner des alertes et qui regarde les différents actes que nous prenons avant qu’ils ne soient validés par le Directeur Général.

Il y a un auditeur interne que nous n’avons pas encore qui répond du conseil d’administration. C’est son rapport que le Conseil d’Administration regarde avant de valider notre bilan annuel.

Le commissariat aux comptes qui est  recruté par le conseil d’administration et qui analyse et scrute nos opérations avant de le soumettre au Conseil d’Administration.

Le Conseil d’Administration qui regarde si ce que nous faisons est conforme aux objectifs, qui valide notre budget, et qui analyse et valide notre compte de gestion avant qu’il ne soit soumis à l’Assemblée Générale des EPE.

Le Comité de Prêt décide en dernier ressort quel projet est éligible pour le financement. Il est constitué de trois administrateurs dont le Directeur Général comme rapporteur.

Peut-on avoir un bilan sommaire du premier appel à projet que vous avez lancé?

L’année passée, nous avons lancé au total trente-neuf (39) projets dont 25 projets de subventions, 12 projets de crédit direct et deux (02) projets d’avance sur recettes. A ce jour, un seul projet de subvention n’a pas démarré. Il s’agit d’un projet de réalisation de tableaux sur l’histoire du Mogho. Les tableaux sont en cours de confection et l’auteur va bientôt exposer les tableaux dans les royaumes du Mogho. C’est lui seul qui n’est pas encore sur le terrain. A ce jour 19 projets ont été réalisés, cinq (05) sont en cours de d’exécution et un (01) ne s’est pas encore déployé sur le terrain. Il y a de la satisfaction parce que le plus important pour nous était de s’assurer que ces projets allaient être exécutés.

Pour ce qui est des douze (12) crédits directs, il y a un seul projet qui n’a pas commencé l’exécution parce qu’il attend l’autorisation du Ministère de l’habitat pour monter son bâtiment R+6. Mais ce projet a déjà commencé les remboursements. A l’heure où nous sommes, nous n’avons pas d’arriérés de recouvrement. Il y en a qui n’ont pas encore commencé à rembourser étant donné que les différés peuvent aller jusqu’à deux (02) ans. Pour ceux dont les échéances sont échues payent correctement. Les deux (02) avances sur recettes ont aussi été remboursées. Nous n’avons pas eu de couac particulier sauf que tout le dispositif organisationnel en matière d’entreprise n’était pas évident. Il a fallu renforcer les capacités du personnel de certaines entreprises parce que nous souhaitions en plus de l’argent octroyé qu’il y ait aussi un accompagnement.

Quel bilan partiel peut-on faire du deuxième appel à projet en cours?

Nous avons 121 projets qui ont été jugés recevables pour ce deuxième appel à Projet. La qualité des projets a évolué. Nous avons reçu 152 projets pour le présent appel. Nous n’avons pas reçu les dossiers des  entreprises non conformes à la loi 64 sur les subventions. Nous avons fait un effort pour aller vers les acteurs après le premier appel à projet. Nous avons fait le bilan d’ensemble, revisité notre canevas, produit le guide du postulant et c’est ce qui fait qu’il y a eu de l’amélioration.

Avez-vous organisé des suivi-conseils pour mesurer l’impact d’exécution correcte des activités ?

Il y a eu des sorties de terrain qui nous permettent d’apprécier deux cas de figure. Dans le premier cas, les gens attendent le financement avant de démarrer leur projet. Dans le deuxième cas de figure, ce sont des projets en développement; c’est à dire qui ont déjà démarré et qui  ne demandent que des appuis financiers pour s’améliorer.

Quelles sont les difficultés rencontrées ?

La première difficulté est l’organisation embryonnaire de ces entreprises culturelles et touristiques.  Alors, elles ne sont  pas encore au stade d’entreprenariat ! Les gens sont encore au stade d’artistes au lieu d’être au stade d’entrepreneurs; c’est la première difficulté !

La seconde difficulté est que  les associations ne sont pas encore  formalisées. Nous avons vu des associations qui n’ont pas tenu des assemblées générales depuis 10 ou 15 ans.

Quel appel avez-vous à l’endroit de ceux qui ont pu bénéficier du fonds et de ceux-là qui se battent ou qui s’échinent pour avoir des justificatifs?

Je voudrais dire merci au gouvernement pour l’initiative.  Merci au Ministre en charge de la Culture des Arts et du Tourisme qui se bat quotidiennement à nos côtés. Je dis également merci au Ministre en charge de l’Economie, des Finances et du Développement, le Ministre des affaires étrangères et bien d’autres personnalités.

Merci à mon équipe qui travaille au-delà de ce qu’on lui demande. A l’endroit des acteurs et de tous ceux qui font partie prenante de ce fonds,  il nous appartient de nous mettre ensemble et de consolider ce mécanisme. Il y va de la crédibilité de notre département que nous voulons positionner comme étant un potentiel fort de notre maillon économique. J’aime dire qu’il y a beaucoup de solutions qui s’offrent à nous  à travers la culture. Là où l’on pose des bombes, avec la culture, on pourra y déposer des roses…

Propos recueillis par Patrick COULIDIATY

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