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Macron, le symbole jupitérien au Faso


Macron, le symbole jupitérien au Faso

 Le séjour de Macron au Burkina Faso continue d’alimenter les chroniques tant dans les réseaux sociaux que dans les colonnes de presse. Dr Dramane KONATE nous revient cette semaine sur l’évènement pour aider à mieux cerner de façon approfondie les contours de “ce culte de la personnalité” et  son impact sur les étudiants de l’Université de Ouagadougou Pr Joseph Ki-Zerbo.

Pourquoi  Macron est affublé du surnom  “Jupiter”  par une partie de la classe politique française et  la presse internationale ? Vous savez certainement que  le symbole vient de lui-même, du moins de son équipe de communication qui l’a hissé à la grandeur de « Président Jupitérien ». En attendant de revenir de façon approfondie  sur le message qu’il a livré, remontons  le temps pour mieux cerner les contours de  ce « culte de la personnalité », mais surtout son impact sur les étudiants de l’Université de Ouagadougou Pr Joseph Ki-Zerbo, et pourquoi pas, sur la jeunesse africaine dans son ensemble.

Au commencement, dans les mythes de souveraineté de la Grèce antique,  était Zeus, le dieu des dieux. Celui-ci avant d’être le tout-puissant dieu de l’Olympe, s’est affranchi de la domination de son père Cronos, autrement dit  le Temps, qui tuait  tous ses enfants à leur naissance. Alors Héra,  la mère protectrice de Zeus,  remet  à  dévorer au père tyrannique une pierre enveloppée de langes,  lui faisant croire qu’il s’agit du nouveau-né. Confié aux nymphes et devenu jeune et puissant, Zeus libère ses frères et sœurs des mains de Cronos qui attendait de les engraisser pour mieux se délecter  de leur chair. Il lève alors une puissante armée et engage une guerre de dix ans contre son père qu’il remporte grâce à la force surhumaine d’Héraclès. Toutefois, il est contraint au partage du pouvoir avec ses frères et sœurs, ainsi que ses  alliés qui l’ont aidé à se hisser à la tête de l’Olympe…

Les mythographes de la Rome antique ont adapté les récits helléniques à leur contexte. Zeus devient Jupiter, Héraclès se transforme en Hercule, Héra en Junon, etc. En considération de ce mythe, quels sont les  symboles forts   entre Jupiter  et  Macron  qui pourraient intéresser le sémiologue ?

Le jeune président français s’est d’abord affranchi de  Hollande son mentor de « président normal ». Il ne veut pas non plus être cet « hyper président » incarné par Sarkozy, d’où  son slogan    « ni droite ni gauche » c’est-à-dire la vision ringarde et manichéenne de  la vieille garde politique. Macron semble  donc  « sortir de la cuisse de Jupiter »  avec son mouvement « la République en marche ». A l’image d’Héra ou Junon,  il est aidé par sa femme-mère protectrice, Brigitte Macron, restée dans l’ombre du pouvoir.  Cependant, Emmanuel Macron, comme Zeus porté au pinacle de l’Olympe, doit  partager le pouvoir avec tous ses alliés qui l’ont aidé à se faire élire président. Du point de vue comportemental, Zeus, dieu du tonnerre, inspire Macron  qui fait sienne la maxime d’Horace  selon laquelle  « c’est quand Jupiter fait gronder la foudre que nous croyons qu’il règne dans les cieux ». C’est cette démonstration qui sera faite à Ouaga, avec des étudiants littéralement tétanisés par Macron, qui a réussi même la prouesse de faire accompagner son discours fleuve et corrosif par moments par des salves d’applaudissements.

Dans le processus de préparation de l’arrivée de Macron à Ouaga, la partie burkinabè, autorités politiques comme académiques,  devait  nécessairement tenir compte de cette  dimension « mythique » ou « mystificatrice » de  l’homme qui s’inspire avant tout de Napoléon et de De Gaulle,  afin de  mieux préparer la rencontre entre les étudiants « super paradoxaux » et le « tout-puissant dieu » de la nouvelle génération.

Dr Dramane KONATE, sémiologue




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