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“Le Lambeau” de Philippe Lançon, récompensé du prix Femina

“Le Lambeau”, c’est le titre de l’œuvre du  journaliste écrivain Philippe  Lançon qui revient de façon poignante sur l’attentat de Charlie Hebdo et  qui raconte sa lente reconstruction après sa grave blessure au visage. Le journaliste a reçu ce  lundi 05 novembre 2018 le prix Femina.

Philippe Lançon lors de la remise du prix Femina 2018 © Manon Botticelli

Philippe Lançon a donc obtenu le prix Femina 2018 pour “Le Lambeau” (Gallimard). Le Femina a été proclamé ce lundi à 12h50 dans un salon du très chic Cercle de l’Union interallié, à deux pas de l’Élysée, Le jury a fait son choix pour Philippe Lançon à l’unanimité contre une voix.

 Pour de nombreux critiques, ce roman est simplement le meilleur livre de l’année.

Récit d’horreur et d’une reconstruction
Le 7 janvier 2015 Philippe Lançon n’est pas mort après que des tueurs criant “Allah Akbar” ont fait irruption dans les locaux de Charlie Hebdo, massacrant au total douze personnes. Une balle lui a arraché le bas du visage. “A partir du 7 janvier, tous les mondes dans lesquels j’avais vécu, toutes les personnes que j’avais aimées se mirent à cohabiter en moi sans préséance ni bienséance, avec une intensité folle, proportionnelle à la sensation qui dominait : j’allais les perdre, je les avais déjà perdus”.

(…) Philippe Lançon raconte l’attentat dans une soixantaine de pages parfois insoutenables. “J’ai tourné ma langue dans ma bouche et j’ai senti des morceaux de dents qui flottaient un peu partout”, se souvient-il. “J’ai su plus tard que la salle de rédaction était une mare de sang mais (…) si je baignais dedans, je ne le voyais presque pas”.

Mais le plus difficile est encore à venir. Philippe Lançon nous fait le récit du lent et douloureux travail de reconstruction de son corps détruit. Sa plume est portée par la grâce quand il évoque les infirmières qui veillent sur lui, les médecins, notamment “Chloé”, qui se relaient à son chevet, les policiers qui le protègent, son frère qui ne le quitte pas.

Le livre s’achève le 13 novembre, jour de l’attaque de plusieurs restaurants et de la salle de concerts du Bataclan à Paris. Philippe Lançon est à New York. “C’était de nouveau, comme au réveil après l’attentat, un décollement de conscience, et j’ai senti que tout recommençait, ou plus exactement continuait, en moi et autour de moi…”

Par Culturebox (avec AFP)

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