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Le nombre de journalistes tués dans le monde est en augmentation

Lors de la cérémonie du Prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre, jeudi 11 octobre, Reporters sans frontières fait état de 56 journalistes tués au cours de l’année 2018. Un bilan qui dépasse déjà les chiffres globaux de l’année 2017.

Un journaliste filme la destruction d’un batiment dans le district de Barzeh pres de Damas en avril 2018 / LOUAI BESHARA/AFP

Jeudi soir 11 octobre, Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF) a dévoilé le chiffre de 56 journalistes tués depuis le début de l’année en raison de leurs activités professionnelles dans le monde, au 1er octobre 2018. Parmi eux, 29 journalistes (52 %) ont été tués en zone de guerre ou de conflit armé.

Ce nombre dépasse le bilan de l’année dernière, qui s’élevait à 55 tués. Des chiffres à la hausse auxquels il convient d’ajouter plus d’une dizaine de cas en cours d’investigation par Reporters sans frontières.

En Afghanistan, 13 journalistes tués
Selon RSF, l’Afghanistan est actuellement le pays le plus meurtrier avec 13 journalistes tués. Le 30 avril 2018, en une seule journée, dix journalistes ont péri : neuf d’entre eux – parmi lesquels le photographe de l’AFP, Sha Marai Fezi – dans un double attentat à Kaboul, considéré comme l’attaque la plus meurtrière contre la presse depuis la chute des Talibans, en 2001. Un dixième journaliste Ahmad Shah, qui travaillait pour la BBC, a été tué par balles par des inconnus, à Khost, quelques heures plus tard.

► Au Yémen, 5 journalistes tués
Outre l’Afghanistan, le Yémen a été particulièrement meurtrier avec cinq journalistes tués. Dans ce pays du Moyen-Orient, classé 67e place (sur 180) du Classement 2018 de la liberté de la presse, quand les journalistes ne meurent pas sous les bombes, ils périssent dans les prisons, victimes de mauvais traitements.

C’est le cas du journaliste yéménite Anwar al Rakan, retenu captif par les Houthis pendant près d’un an. Libéré alors qu’il était à l’article de la mort, Anwar al Rakan est mort le 2 juin 2018, précise RSF. Les Houthis détiennent encore au moins dix journalistes. Et le bilan pourrait être bien plus important.

En Afrique, 5 journalistes tués
Deux journalistes ont été tués en Somalie : le premier, Abdirisag Qasim Iman, lors d’un contrôle policier, le second, Abdirizak Said Osman, poignardé à mort à la sortie de sa rédaction.

En Centrafrique, les zones d’ombre autour de l’assassinat de trois journalistes russes en juillet sont encore nombreuses. Orhan Djemal, Kirill Radtchenko et Alexandre Rasstorgouïev ont été assassinés par un groupe d’hommes armés non identifiés, le 31 juillet, alors qu’ils enquêtaient sur la présence de mercenaires appartenant à Wagner, une société militaire privée russe.

Depuis lors, les autorités russes et centrafricaines qui mènent l’enquête, n’ont fourni aucune information permettant d’identifier les auteurs de ce triple assassinat.

► En Syrie, bilan en baisse
La Syrie, le Pakistan et la Palestine comptabilisent chacun deux journalistes tués depuis le début de l’année. Le nombre de reporters tués en Syrie (de neuf à deux) a certes baissé par rapport à l’an dernier. Mais cela ne doit pas occulter les risques grandissants pris par les journalistes syriens pour témoigner du conflit. Six d’entre eux et un collaborateur des médias sont morts depuis janvier 2018.

Jean-Paul Musangania

 

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