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Reine AKOUANDAMBOU  22 novembre 2015

Je suis Reine AKOUANDAMBOU sur la scène et Marie-Claire AKOUANDAMBOU à l’état civil. Mon titre à succès est " HOMMAGE AUX PAYSANS" en référence à mon père, homme de Dieu qui n’avait pas de salaire et ne vivait que du travail de la terre pour subvenir à nos besoins. Les paysans sont une couche sociale négligée. Pourtant, ce sont eux qui travaillent la terre pour nous nourrir. C’est cette chanson qui a séduit Artistebf et qui m’a valu cette interview…Rires !


Je suis native du Nahouri précisément de Kampala. Je suis cassena de la grande famille de l’ethnie Gourounsi.
Artistebf (Art ). : Si votre titre de Reine vous ennoblie, votre coquetterie n’est pas également des moindres surtout qu’elle vous confère l’image d’une femme belle, respectueuse et qui aime sa personne. Au fait, que représente la coquetterie pour une femme ?
Reine AKOUANDAMBOU (R.A) : Rires ! Merci pour le compliment. Je trouve que la coquetterie est une manière d’être reconnaissante envers la vie. La coquetterie nous donne de l’assurance et force l’admiration et l’estime des autres à notre égard. Lorsque tu es coquette, lorsque tu sens que tout est au top en habillement et en maquillage, tu en es fière.
Art . : Trop coquette, ça ne vous attire pas des ennuis ?
R.A : Etre coquette, n’est pas synonyme d’attirer des hommes ; c’est d’abord être fière de ce qu’on est. On ne peut cependant pas empêcher les hommes de s’intéresser à sa personne ; l’essentiel est de savoir mettre les barrières quand il le faut et de garder des relations amicales quand c’est aussi nécessaire.
Vous est- il déjà arrivé de blesser certains prétendants ?
R.A : Pas du tout ; il faut savoir s’y prendre avec diplomatie pour ne pas les vexer. Il n’est pas recommandé pour une femme de sortir avec plusieurs hommes ; mais on peut en faire des amis.
Art . : D’où est née votre passion pour la musique ?
Je ne saurai vous le dire ; je crois que c’est une question de gènes. Depuis le bas âge, j’aimais fredonner les chansons. En tant que fille de catéchiste, je côtoyais beaucoup l’église. Cela m’a encouragé à intégrer la chorale de notre église. C’est ainsi que je me suis révélée au public.
Art . : A cette date, combien d’albums avez-vous produits ?
R.A : J’ai produit deux albums. Le premier s’intitule "webadoua" qui veut dire "DIEU ne dort pas" en cassena et le second " MIRACLE" qui est d’actualité. J’ai aussi un single sur le marché dont le titre est " LA PAIX POUR TOUS".
C’est l’album "DIEU NE DORT PAS" qui m’a surtout lancé. Effectivement, DIEU n’a pas dormi pour moi. Rires !
D’abord, l’album a bénéficié d’une large diffusion et c’est ainsi que je me suis fait connaître par le grand public. Ensuite, le miracle s’est produit avec mon deuxième album "MIRACLE" dont l’un des signes révélateurs est sans doute ma rencontre aujourd’hui avec Artistesbf. Rires ! DIEU merci ; je puis dire que tout va pour le mieux pour moi.
Art . : Quels sont vos thèmes fétiches ?
R.A :Je suis beaucoup encrée dans le social ; donc je traite du quotidien et de tout ce qui nous entoure. Je chante l’amour, la paix, la tolérance. Dans mon deuxième album, je parle de l’excision, de la dépigmentation, de la poliomyélite dont j’en suis une victime. Je rends hommage aux mères et j’encourage la parenté à plaisanterie.
Mon titre à succès est " HOMMAGE AUX PAYSANS" en référence à mon père, homme de Dieu qui n’avait pas de salaire et ne vivait que du travail de la terre pour subvenir à nos besoins. Les paysans sont une couche sociale négligée. Pourtant, ce sont eux qui travaillent la terre pour nous nourrir. C’est cette chanson qui a séduit Artistebf et qui m’a valu cette interview…Rires !
Art . : Parlez-nous des conditions dans lesquelles vous produisez vos albums ?
R.A :J’éprouve les mêmes difficultés que les autres artistes ; j’ai aussi des difficultés à produire mes œuvres. Les producteurs se font de plus en plus rares. Jusque-là, je suis en auto production et je fais de mon mieux.
Et comme ma ville natale regorge d’énormes potentialités musicales telles que le "DJONGO", je fais du tradi-moderne pour valoriser ce patrimoine culturel.
Art . : Parlez-nous du festival "HANDI TALENT" dont vous êtes la promotrice.
R.A :( Notre question l’étonne) Je suis surprise mais aussi heureuse de savoir à quel point vous vous intéressez à moi ! Rires !
"HANDI TALENT" m’a été inspiré suite à ma participation comme invitée d’honneur à un festival similaire à Dakar, " HANDI FESTIVAL". Comme vous le savez, ce n’est pas chose aisée que de vivre avec un handicap. A l’image donc de ce festival ; j’ai voulu créer un cadre d’expression de talents pour les artistes et artisans souffrants de handicap .
Le festival " HANDI FESTIVAL" était donc à sa première édition et j’espère que la deuxième édition connaîtra un succès plus d’éclatant.
Art . : Comment êtes-vous arrivée à financer ce festival au moment où beaucoup d’acteurs culturels broient du noir pour trouver des sponsors ?
R.A :Les premières éditions sont toujours difficiles. C’est vrai, on n’a pas eu d’accompagnement mais nous avons tenu quand même à le faire.
Je remercie le Ministère de la culture qui a fait de son mieux pour nous accompagner pendant les trois jours qu’a duré le festival.
Aujourd’hui beaucoup d’artistes disent que l’art ne nourrit pas son homme,
Art . : Etes-vous de ce avis-là ?
On dit souvent que l’Art ne nourrit pas son homme. Pourquoi ne devrait-on pas pouvoir vivre de son art ? Il revient aux consommateurs de faire en sorte que l’artiste vive de son art. J’ai par exemple à mes actifs deux albums, un single et de nombreux concerts que j’ai organisés à travers le monde. Si j’avais vendu des milliers de disques, j’aurais pu vivre de mon art. Malheureusement, la réalité du terrain est tout autre, le consommateur préfère tout ce qui est importé au détriment du local. La conséquence est que nos artistes vivent dans des situations précaires. Or, c’est nous artistes qui sommes à la fois au four et au moulin ; c’est-à-dire, dans les circonstances funèbres et dans les évènements heureux.
Art . : A votre avis, la musique burkinabé souffre-t-elle ?
R.A :La musique burkinabé souffre de promotion. Malgré les nombreux textes adoptés par notre pays dans ce sens, la situation n’est pas si reluisante du fait du non-respect de ces textes. On se réjouit toutefois qu’il y ait eu un début d’application puisque notre musique se joue de plus en plus maintenant dans les boîtes de nuit.
Art . : Quelles solutions préconisez-vous ?
R.A :C’est d’abord à nous créateurs de nous fixer des objectifs avant de se lancer dans une carrière.
Il faudrait qu’on s’engage tous dans la lutte contre la piraterie parce que de plus en plus, on préfère écouter la musique sur une carte mémoire ou avec une clé USB que de payer le CD de l’artiste. Aussi, au regard de l’évolution vertigineuse de la technologie, il est plus qu’urgent et impératif de songer à d’autres supports pour nos œuvres.
Enfin, Il faudrait ouvrir des podiums et des plateaux aux artistes pour qu’ils puissent s’exprimer et se faire davantage connaitre.
Art . : En termes de perspectives, que peut-on retenir ?
R.A :Je suis actuellement en studio pour mon troisième album. Mais quand on tient à réaliser une œuvre de qualité, il faut se garder d’aller trop vite.
Il y a la deuxième édition du festival "HANDI TALENT" que nous comptons tenir en février 2016.
Mon appel, c’est le suivant :
D’abord à l’endroit de mes fans et tous ceux qui m’encouragent ; je leur transmets toute ma reconnaissance. Je remercie tous ceux qui ont acheté mon CD et j’exhorte ceux qui ne l’ont pas encore fait, à s’en procurer. Acheter le CD d’un artiste c’est lui montrer une certaine volonté de l’accompagner dans sa carrière et les artistes n’en demandent pas mieux. Puissiez-vous toujours nous accompagner dans notre quête !
A l’endroit des autorités de ce pays, je leur demanderai de persévérer dans leurs efforts en direction des artistes. Déjà, nous sommes ravis de savoir que le gouvernement a adopté un texte relatif au statut de l’artiste et cela nous donne la volonté de travailler à faire respecter ce texte.
A toutes les personnes de bonne volonté qui liront cet article, je voudrais demander de l’aide pour ma carrière professionnelle. Tout apport pourrait m’aider dans la réalisation de mon troisième album

QUESTIONS QUI FACHENT
Êtes-vous un cœur à prendre ?
R.A :Je ne le suis plus. Rires ! Il était temps pour moi de faire mon choix parmi les prétendants et si tout va bien les choses vont se concrétiser.
Vous avez donc trouvé l’homme idéal ?
Oui ! Quelqu’un qui a un cœur d’homme avec grand H, un cœur de chair et non un cœur de pierre qui a la crainte de DIEU, l’amour du prochain. Bref, un homme qui a des valeurs humaines.
Jalouse ?
La jalousie a plusieurs définitions. La mauvaise jalousie c’est d’être envieuse. Par contre, la jalousie dans le sens de refuser de partager quelqu’un qu’on aime ; oui ! un homme ne se partage pas. Rires !
Votre couleur préférée ?
Le rouge
Votre met préféré ?
Tô de maïs avec sauce gombo ou sauce oseille.
Patricia OUATTARA (stagiaire)

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