Comédiens

Rémi YAMEOGO, Comédien  3 janvier

Rémi YAMEOGO, c’est l’artiste prototype qu’il faudra absolument découvrir. Véritable contestataire du programme d’enseignement de l’Université de Ouagadougou, Rémi YAMEOGO déserte le campus et opte définitivement pour les planches. L’histoire remonte en 2001 quand il fit la connaissance de Léontine Zoundi, une autre grosse pointure du théâtre burkinabé. Depuis cette date, le chemin de notre invité est tout tracé. Au cours de cette interview, Rémi YAMEOGO, nous parle à cœur ouvert des réalités de son métier.Voici la suite de l’aventure contée par l’artiste lui-même.


Rémi YAMEOGO (R.Y) : Je me nomme Rémy Yaméogo, je suis comédien. Après mon bac série F3 obtenu au Lycée Technique de Ouagadougou, j’ai été orienté à l’Université de Ouagadougou en faculté de sociologie. Je poursuivais mes études tout en apprenant le théâtre.

Artiste bf (Artbf) : Racontez-nous votre rencontre avec les planches
Le théâtre une activité que je menais parallèlement avec mes études malgré qu’il me fût difficile de m’y consacrer pleinement. Il m’était difficile de rester concentrer sur mes études à l’Université. Il fallait faire un choix et en plus de ça, les conditions de l’Université ne m’étaient pas favorables. Notre Université n’était pas celle dont j’ai rêvé. En effet, je rêvais d’une Université au sein de laquelle, l’enseignement et tout le corps professoral constituerait un environnement qui attire et qui suscite l’envie et la curiosité d’apprendre. Il fallait faire un choix et Quand l’opportunité s’est présentée, je n’ai pas hésité à partir et continuer dans ma carrière de comédien.
Ma petite histoire avec les planches a commencé en 2001. (…)J’ai eu la chance de rencontrer une Grande Dame, Léontine Zoundi qui m’a accueillir dans son centre culturel. J’y suis resté pour apprendre les bases du métier de comédien. A la suite, j’ai fais des stages et d’autres formations sur le jeu d’acteurs et l’improvisation. La 1ère de mes créations étaient les "SANS ADIEUX" présentée en 2003 au CITO.

Artbf : avez-vous donc retrouvé votre rêve au théâtre ?
R.Y : Avec tout le respect que je vous dois et à vos lecteurs, permettez-moi de garder la réserve sur cette question. Lorsque vous vous engagez dans un domaine, il y a forcément des éléments qui vous retiennent et dont on n’a pas envie d’en parler et de révéler. Je pense que chacun à son histoire.

Artbf : Cet art que vous exercez avec passion et pleins de talents est-il rémunérer à la hauteur de votre attente ?
R.Y : Qui soutien notre culture ? C’est la question ! C’est sûr que ce n’est pas notre Etat. Combien de francs sont alloués pour notre culture sur le budget national ? Comment voulez-vous que des gens se disant soucieux de votre culture viennent vous soutenir facilement comme ça ; parce qu’ils vous aiment ; ce n’est pas juste !. Pourquoi faut-il que ce soit d’autres personnes qui viennent nous apprendre l’importance de notre culture ? Cela veut dire tout simplement que nous ne sommes pas capables d’être les défenseurs et d’être à l’avant-garde de notre culture.

Le Burkina regorge de comédiens talentueux mais peu d’entre eux ont été capables de rester au pays et de résister.
R.Y : Il y a eu bien avant notre génération des comédiens très talentueux mais où sont-ils aujourd’hui ? Ils sont pour la plus part aux USA ou à Paris car peu de comédien ont pas été capables de rester au pays et de résister. Pour moi, faire du théâtre au Burkina Faso est une forme de résistance. Nous sommes restés au Burkina parce que nous avons quelque chose à dire, des idées à partager et des valeurs à défendre. C’est une forme de résistance parce qu’il y a des moments où tu es assis sans le moindre copeck. Mais ce n’est pas pour autant que tu vas accepter n’importe quel cachet ; je refuse les miettes !

Le reste des extraits vidéos de ses spectacles sont sur ce lien : http://www.artistesbf.org/spip.php?article965

Artbf : S’il vous était donné de faire des suggestions au Ministre de la culture pour améliorer la situation du comédien burkinabé, que diriez-vous ?
R.Y :Je ne parlerais pas de la situation économique du comédien mais plutôt de la situation de notre culture, car c’est un devoir et c’est même un sacerdoce, c’est important pour notre culture. Je pense qu’il faut maximiser sur nos ressources, pour que nous puissions travailler dans de bonnes conditions. Quand je dis dans de bonnes conditions, je pense surtout à de meilleures salles de spectacle de sorte que nos spectacles ne se déroulent plus par exemple sur les places du marché ou devant des mairies. Je suis désolé de ne pas en dire plus parce que je refuse d’être celui qui alimente les propositions et j’estime que le ministre en a suffisamment dans ses tiroirs. Il y a des intellectuels qui ont produit des multitudes de rapports sur la culture burkinabé et on n’a pas besoin d’un spécialiste pour savoir que le comédien a besoin d’une salle conventionnelle pour faire son spectacle.
Propos recueillis par Bernadette DAMBELE

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