Comédiens

Noël Douniwata MINOUNGOU : Artiste comédien et metteur en scène  18 avril

Noël MINOUNGOU, c’est cet autre talent et amoureux des planches qui n’est plus certainement à présenter au public pour avoir joué dans de nombreux spectacles et surtout, pour la qualité de son jeu d’acteur. Le dernier en date, c’est le rôle de journaliste d’investigation qu’il a brillamment rendu dans le film " la Forêt du NIOLO" du réalisateur Adama ROAMBA que de nombreux festivaliers ont d’ailleurs pu découvrir au FESPACO 2017. Cet acteur apparemment méfiant mais très facile d’approche, nous parle dans cet entretien du métier de comédien et de ses exigences en termes d’amour pour le travail, de sacrifice à consentir, d’efforts et de recherches permanents pour se faire une meilleure place au soleil. Co-Fondateur de la Compagnie "LE RUMINANT", il regrette cependant certains manquements permanents qui avilissent le comédien et handicapent le cinéma burkinabé en général. Voici le portrait de l’artiste :


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Voir quelques extraits de ses spectacles

Noël Douniwata MINOUNGOU (N.D.M) : je m’appelle MINOUNGOU D Noel, Artiste comédien, auteur et metteur en scène. Je suis par ailleurs Co-Fondateur de la Compagnie le "RUMINANT". (savoir + sur cette compagnie)

Artbf : pouvez-vous nous parler de votre carrière (vos débuts) ?
N.D.M : j’ai parachuté dans le théâtre par hasard. J’ai commencé par la troupe de Théâtre de la Fraternité de Jean Pierre GUINGANE que j’ai intégrée à l’issue d’un casting. Le Théâtre de la Fraternité a exprimé un besoin de comédiens, j’ai postulé et j’ai été retenu. Mais avant le théâtre, j’étais artiste musicien chanteur.

Artbf : Quels sont les rôles que vous avez eu à interpréter et qui vous ont le plus marqué que ce soit au théâtre ou au cinéma ?
N.D.M : Il y en a tellement …mais je peux citer :
"CLEANTE" dans la pièce LE MALADE IMAGINAIRE de Molière
MALLOT BAYANDA dans la pièce " Je soussigné Cardiaque" de Sony Labou Tansi,
" Alboury " dans la pièce COMBAT DE NEGRE ET DE CHIEN de Koltès
"Tibo" dans la pièce "Les "SANS" … jouée pendant les récréatrales 2017

Artbf : Et au cinéma ?
N.D.M : Au cinéma (rire) jusque-là, je ne pourrai pas dire que j’ai joué des rôles qui m’ont forcément accroché ; car le cinéma tel qu’il est pratiqué au Burkina me laisse toujours sur ma faim.
Récemment, j’ai joué dans un long métrage intitulé "la forêt du niolo" d’Adama Roamba, un rôle qui m’a fait penser au journaliste d’investigation Norbert ZONGO. Hélas, là aussi je n’ai pas été comblé. Et c’est d’ailleurs pour cette raison que je suis rare au grand écran. Aujourd’hui, les films sont réalisés dans la précipitation contrairement aux années 80 où tout était bien réfléchi avant d’être tourné. Pire, les réalisateurs ne tiennent plus un langage franc avec les comédiens. Sur 500 millions de francs reçus par exemple pour la réalisation d’un film, le réalisateur pourrait n’utiliser que dix millions. Le reste est viré dans son compte bancaire. Pendant donc qu’il tient au comédien un langage de misère afin qu’il revoie son cachet à la baisse, c’est peut-être quatre à cinq villas qu’il est en train de construire. Avec de tels comportements, c’est la qualité du film qui prend un coup parce que ce réalisateur, à défaut d’avoir des professionnels va se rabattre sur des comédiens amateurs bon marché (cousin, neveux et autres…). A mon avis, je ne suis pas étonné que le Burkina n’ait pas pris l’Etalon de YENNENGA au Fespaco dernier.

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Noël MININGOU sur la scène

(Voir un extrait vidéo de ses spectacles)
Artbf : Quelle est la pièce qui vous a révélé au public ?
N.D.M : C’est Cédric dans la série "DU JOUR AU LENDEMAIN."
Au théâtre, je pense qu’un comédien se construit aussi avec l’âge. Le comédien est comme du vin qui se bonifie au fil du temps. Plus il joue, il prend de l’âge, il se fait de la notoriété et il est accepté. En somme, c’est à travers plusieurs pièces que le public m’a découvert.

Artbf : Peut-on dire que Noël Minoungou vit de son art ?
N.D.M : Oui, je ne vis que de mon art ; je ne fais d’ailleurs que ce métier depuis 10 ans.

Artbf : Quel est votre avis sur le traitement des comédiens Burkinabé ; du point de vue cachet ?
N.D.M : Déjà, il faut travailler à figurer parmi les meilleurs, s’exercer beaucoup afin d’être toujours au top pour pouvoir fixer ou décider de son prix. Le comédien qui dort sur ses lauriers, qui ne travaille pas suffisamment, qui traine beaucoup de lacunes sait qu’il ne pèse pas et par conséquent, qu’il est contournable à tout moment. Dès lors qu’il est conscient de cette réalité, il est obligé d’accepter souvent les miettes qu’on lui propose.
Pour ma part, on peut être comédien au Burkina et bien nourrir sa famille, scolariser ses enfants et vivre décemment. D’ailleurs, pourquoi voulez-vous qu’un comédien ou quelqu’un qui ne fait pas bien son boulot puisse vivre de son travail ? Cela me paraît paradoxal.

Artbf : Votre mot de fin
N.D.M : Je voudrai surtout insister sur la formation parce que l’acteur, quel que soit son niveau d’expérience, doit toujours se remettre en cause et se former continuellement. S’il y a quelque chose qui m’inquiète dans le domaine du théâtre, c’est bien la question de formation. Il faut donc songer à créer des cadres de rencontres et d’échanges pour la jeune génération qui veut embrasser le métier. C’est en ouvrant les portes aux autres que l’artiste se construit et qu’on pourrait préparer une relève. Si nous sommes aujourd’hui là à discuter de théâtre, c’est que des gens comme Jean pierre GUINGANE, Prosper KOMPAORE ou Amadou BOURROU nous ont tendu les mains.
Bintou SANOU et Fatim BARRO

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