Réalisateurs

"Les Trois Vérités" de Camille Varenne  20 septembre

CAMILLE VARENNE est une Française qui s’intéresse à la dynamique cinématographique burkinabè. Après un premier court métrage ("WEFO") réalisé pendant son stage au Burkina, l’étudiante de l’Ecole des Arts de CLERMONT-FERRAND était de nouveau à Ouagadougou pour son second court métrage. Cette fois, c’est un film de 40 minutes que la doctorante est passée nous présenter à la rédaction, une œuvre que nous vous laissons le soin de découvrir à travers cet entretien.


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Camille Varenne : réalisatrice du film " Les trois vérités"

Camille VARENNE (C.V ) : Je suis Camille VARENNE de nationalité française. Je suis passée par une école d’art. Après 5 ans d’études, je me suis spécialisée en vidéo. En 4ème année, l’école donne la possibilité aux étudiants de faire un séjour à l’étranger. J’ai choisi donc de venir au Burkina parce que je savais qu’avec le FESPACO, il y avait une dynamique au niveau cinématographique que je voulais approcher.
Au cours de ce premier stage, j’ai fait mon premier court métrage qui s’intitule "WEFO" avec les cavaliers du Mogho Naaba au quartier Noncin de Ouagadougou. C’est un court métrage de 15 mn qui a porté sur l’entretien quotidien des chevaux et sur la pratique de la voltige traditionnelle. Depuis ce jour d’ailleurs, je n’ai cessé de faire des "aller-retour" pour différents projets.
Actuellement, je prépare un doctorat à l’École d’Art de CLERMONT-FERRAND dont le thème central est la "problématique de la transmission inter-générationnelle dans le cinéma et plus particulièrement, le cas du cinéma populaire". Comment par exemple le cinéma populaire s’inspire-t-il du cinéma classique des aînés et qu’est-ce qu’on peut y retrouver mais aussi du cinéma étranger en reprenant le genre des polars ou des westerns.
ArtBF : Pourquoi avoir choisi la vidéo ?
C.V : La vidéo est pour moi un medium qui permet quand tu séjournes à l’étranger et que tu arrives à filmer des scènes, les spectateurs qui vont les regarder sont du coup transportés dans ton univers ; et c’est ce qui me plait.. Je n’ai pas trouvé d’autres mediums artistiques ; c’est vrai que je pouvais aussi utiliser la peinture ou le dessin que j’ai appris. Mais la vidéo était l’outil qui me permettait d’être le mieux en immersion dans d’autres milieux culturels et pouvoir retransmettre cette immersion.

ArtBF : Pouvez-vous nous parler du festival de court métrage de CLERMONT-FERRAND ?
C.V : Je fais partie du jury du festival de court métrage de CLERMONT FERRAND Je suis membre du jury pour la sélection Africaine. D’ailleurs les inscriptions finissent début octobre 2017 et j’encourage vraiment les réalisateurs Burkinabès à envoyer leurs films. Ce sont des films qui doivent faire moins de 40 minutes. On a déjà reçu une cinquantaine de films pour tout le continent avec une majorité de films Sud-africains et d’Afrique du nord. Le festival se déroule en février. C’est un festival international qui pourrait aussi donner plus de visibilité au cinéma Africain. Aussi, afin de mettre en valeur les films africains et afin qu’ils ne soient pas pénalisés, une section a été expressément créée.

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Quelques acteurs du film

ArtBF : Parlez-nous à présent de votre projet de film pour lequel vous être présente au Burkina
C.V : Je suis en train de tourner un court métrage, un documentaire fiction sur des cavaliers COWBOYS. Le tournage se déroule autour de Bobo Dioulasso. Il s’agit de quatre COWBOYSdont une femme qui vivent en brousse et qui, avec l’urbanisation s’approchent petit à petit de la ville. Je me suis inspirée des "WESTERN CRÉPUSCULAIRES" Américains marqués par la fin du temps des cowboys, des westerns qui montrent le cowboy qui se heurte à l’avancée technologique. Avant, les cowboys pouvaient se déplacer librement dans les Grand Ouest Américain. Mais avec la propriété privée, la justice et la loi qui se mettent progressivement en place, ils éprouvent des difficultés d’adaptation. Il y a donc comme une remise en question du personnage et de la liberté du cowboy dans ses déplacements.
J’ai repris certaines scènes que j’ai fait rejouer aux personnages de mon film. Ce qui m’a intéressé, c’est qu’en leur proposant de jouer ces rôles-là, ils le faisaient tout naturellement, avec toutes leurs croyances, leurs traditions, leurs regard sur tout le personnage du cowboy ; c’est ce croisement qui m’a le plus intéressé. Les cavaliers burkinabés sont très inspirés par les westerns et se sont déjà appropriés depuis longtemps le personnage du cowboy, tout en conservant la tradition équestre du Burkina. C’est ce phénomène qui m’a donné l’idée du film. C ’est aussi une référence aux salles de cinéma burkinabé qui diffusaient autrefois des westerns très appréciés par le public.

Extrait-vidéo du film " Il y a trois vérités" de Camille Varenne

| ArtBF : Quelles ont été les difficultés de tournage ? |
C.V : Je n’ai pas de production, je travaille seule pour la prise de son et la prise d’images. Forcement au niveau des moyens, c’est compliqué parce que cela nécessite beaucoup plus de temps que si j’avais la capacité d’avoir une équipe technique autour de moi pour m’aider à l’organisation.
D’un côté, je me réjouis parce que travailler seule aussi me permet d’être beaucoup plus proche des sujets que je filme. Quand on est seule, cela permet de tisser des liens d’amitiés, de confiance et de proximité avec les personnes filmées ; ce qui est plus difficile si on les aborde avec toute une équipe. Enfin, le fait d’être seule me donne une grande liberté d’improvisation avec les familles qui m’accueillent ; ce qui n’est pas possible quand on est en équipe.

ArtBF : Quel est la durée du film ?
40 mn

ArtBF : A quand la projection ?
C.V : Ce sera entre Mai et Juin 2018. Pour la promotion du film, je vais essayer de le proposer au prochain Fespaco, dans certains festivals en Europe parce qu’il y a beaucoup de festivals en Europe qui sont très attentifs à la jeune création.

ArtBF : Une idée du budget prévisionnel
C.V : Le film reste une réalisation petit budget, financé par des fonds personnels. J’espère avoir des aides à la création des bourses pour poursuivre le tournage et parce que la post-production coûte chère (le montage et l’étalonnage). C’est vrai que je fais le montage moi-même ; mais il y a un moment où il faudra absolument que je fasse recours à un étalonneur ou à un mixeur professionnel.

ArtBF : Quel sera la suite ?
C.V : Un deuxième temps de tournage pour le western est prévu en Décembre et Janvier 2017 à Ouagadougou. En attentant, je repars en France pour finir mon doctorat cette année. Je croix pouvoir continuer mes projets de réalisation et pouvoir continuer à travailler dans la région de l’Afrique de l’ouest avec les réalisateurs burkinabè.
Le film a été tourné avec la participation des cavaliers de Bobo Dioulasso : Issouf Bah, Moussa Kaboré, Papi Kaboré, Mawa Rafiatou, et à Ouagadougou avec Issouf Ouedraogo dans le cinéma de Wemtenga.
Blanche Mireille BAILLY

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