Le Quibdo Africa Film Festival, rendez-vous annuel autour du cinéma africain et de sa diaspora a récompensé les meilleurs réalisateurs pour sa troisième édition. Une semaine pour visionner les films et à la fin, une cérémonie de remise des prix, organisée cette année pour la première fois à Pointe Noire, en République du Congo.

43 films sélectionnés, dont deux Congolais

L’occasion pour la ville de Pointe Noire de mettre à l’honneur ses passionnés de cinéma. Parmi les films sélectionnés, un thriller de Dan Scott et un documentaire sur les métiers du journalisme d’Eddy Mikolo, tous deux des films auto-produits.

« Nous n’avons pas de maison de production, nous n’avons pas de fond de soutien au cinéma », regrette Eddy Mikolo, réalisateur.

Une réalité qui explique les difficultés du cinéma congolais, qui a connu un grand passage à vide et qui tente de se reconstruire. « C’est un problème de distribution. On avait un problème, les réalisateurs avaient du mal à vendre leurs films. Et donc il fallait la distribution. Nous avons donc réfléchi à mettre en place une salle de cinéma. »

Le doyen, Sébastien Kamba, considéré comme le premier cinéaste congolais, regrette lui aussi l’absence de soutien financier pour la production de films, trop souvent à la charge du réalisateur.

« Quand un Congolais fait son film, et qu’il veut le faire passer dans une chaîne de télé, il faut payer. Mais comment c’est possible ? Il n’y a que l’Etat pour réglementer ce genre de chose ».

S’ouvrir au cinéma panafricain

Même si les financements et les structures de soutien font défaut, le festival a justement permis de donner sa place au cinéma congolais.

« J’ai déjà entendu parler du cinéma Congolais. J’ai notamment eu la chance de rencontrer le doyen du cinéma congolais ici même au festival, et son film sera projeté », se réjouit Bayala Marie Laurentine, journaliste pour Awotele, une revue panafricaine de cinéma,

Une rencontre qui va même au-delà des frontières du continent. Destiné en partie à la diaspora africaine, le festival convie des réalisateurs venus du monde entier pendant cette semaine de projection.

Faire vivre la diaspora

Après la deuxième édition en Colombie, le fondateur du festival voulait venir à Pointe Noire. « La relation qu’on a essayé de faire entre le Congo et la Colombie, c’est de créer ce pont parce qu’en arrivant en Colombie, j’ai trouvé des communautés afro. Ces personnes-là, sont de culture Kongo », Wilfrid Massamba, fondateur du Quibdo Africa Film Festival.

Et pour cause, il y a plusieurs siècles Pointe Noire était la porte de sortie de millions d’esclaves vers l’Amérique, dont Quibdo en Colombie, ville représentée à 87 % d’Afro-descendants.

À l’issue du festival, le jury a rendu son verdict : le prix du court-métrage a été décerné à Kevin Mavakala de la RDC pour son film « Star », et celui du meilleur scénario, à Tebogo Malebogo d’Afrique du Sud pour « Le ciel descend sur terre ».

Source : Africanews

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