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Abou Traoré, sculpteur de bronze : “Son appel aux gouvernants … “

Cette semaine, l’Agence DENEULIN vous propose de découvrir Abou TRAORE, un artisan de la ville de SYA, dans la capitale économique du Burkina. Dans cet entretien encore sponsorisé par François Deneulin, le sculpteur et fondeur de bronze qu’est Abou TRAORE nous mène dans l’univers de la transformation du bronze. Issu d’une famille de forgeron, notre invité a appris le métier sous la tente entez-par-là, au côté de son père. Et la passion aidant, il crée son propre atelier en 1983 guidé surtout par la passion que pour la recherche effrénée de l’argent. Et quand vous lui posez la question de savoir comment écoule-t-il ses oeuvres, notre invité vous répond d’un air moqueur …

Abou TRAORE : (A.T.) : Est-ce que le marché il existe ? Ce n’est pas quelque chose de régulier; c’est occasionnel. Véritablement au Burkina, on ne peut parler de marché de l’art,  franchement il n’existe pas. Il n’y a pas de marché.

ArtBF : Quels sont les  matières que vous utilisez pour sculpter ?

A.T : La cire d’abeille, l’argile et le bronze. Je fais le modèle à partir de la cire d’abeille. Je procède d’abord par des maquettes avant de réaliser  l’œuvre à partir de la cire d’abeille.  Une fois que l’objet est fini en cire, je  l’enduis dans de l’argile glez. C’est l’argile glez qui  épouse  la forme de l’objet en cire. Je mets une pause pour  laisser sécher l’argile. Je chauffe ensuite cette argile au feu pour fondre la cire à l’intérieur de l’argile.  Je fonds également le bronze que je fais couler à l’intérieur d’une moule pour que la coulée de bronze épouse la forme négative de la cire.

ArtBF : D’où tirez-vous votre inspiration ?

A.T : C’est surtout sur les masques parce que je suis très intéressé par les masques et les métiers à tisser. Mais pas des masques qui existent déjà mais je m’en inspire pour aussi créer   d’autres formes de masque.  C’est un peu ça m’a démarche. Il y a aussi le métier à tisser auquel je m’intéresse beaucoup. Actuellement c’est sur cela je travaille.

ArtBF : Combien de temps vous faut-il pour  créer une œuvre?

A.T : Je ne suis pas un grand dessinateur parce qu’il faut prendre en compte la conception, la matérialisation de l’idée, la maquette, l’esquisse et la réalisation en dimension. Mais cela peut prendre au  un mois ou plus.

ArtBF : Etes-vous parfois amener à exposer à l’intérieur du pays tout comme à l’extérieur?

A.T : Récemment j’étais pour 3 expositions en France notamment sur paris et sur Lion et ce grâce à mon partenaire François DENEULIN. C’est grâce à lui que j’ai pu exposer mes œuvres dans la Galerie Echomusée à Paris et à Lion. Il arrive également  que j’expose à Bobo.  En principe n’eut été les évènements liés aux attaques terroristes,  j’étais programmé pour exposer au mois de Mai à l’Institut Français de Bobo Dioulasso.

Enfin, j’ai fait mes preuves à la Semaine Nationale de la Culture (SNC) où j’ai obtenu  des prix en 1990. Mais depuis lors,  j’ai arrêté parce que j’estime qu’il faut  aussi laisser la place aux jeunes. Une fois , c’est peu; mais l’expérience est déjà pour moi très suffisante .

Abou Traoré , Sculpteur de bronze

 ArtBF : Quelle appréciation faites –vous justement de cette grande foire des artisans ?

A.T : Je ne sais pas trop comment l’organisation est faite. Mais déjà,  je pense que de façon générale, c’est une bonne chose car elle nous apprend toujours quelque chose de nouveau. C’est dommage qu’après cette foire, il en parle plus en terme surtout d’accompagnement ou de suivi des lauréats.

Votre dernier mot

C’est  un cri de cœur que je lance auprès des autorités pour que  l’artisanat  puisse vivre parce qu’il est très porteur. Il faut que les autorités soient plus regardantes sur ce métier en voix de disparition.

S’il y a des jeunes qui souhaitent faire ce métier ; qu’ils viennent ! Mais que ce soit surtout par passion et non dans le but de gagner de l’argent. J’insiste ! Car lorsqu’on vient avec cet esprit mercantile, on n’y gagne vraiment  rien ! Un jeune qui vient dans le métier parce qu’il veut se faire de l’argent,  il sera vite désenchanté parce que l’argent ne se gagne pas si vite et aussi facilement. En plus, le jeune qui est dans un tel cas de figure manque de patience. Tout est pris à la légère; il ne prendra pas le temps pour apprendre; encore moins faire des recherches.

Notre force, c’est la passion et l’amour pour ce métier. C’est vrai qu’il n’y a pas de clientèle mais ce n’est pas pour autant que je dois fermes boutique. Autant que je pourrais payer mes matières premières et mon matériel de travail, je vais continuer d’espérer.

Propos recueillis par Fatim.BARRO

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