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Climat : des jeunes français « entrent en résistance »

La première « grève scolaire pour le climat » en France est prévue vendredi 15 février, notamment à Paris, avec une manifestation devant le ministère de la transition écologique. S’ils n’obtiennent pas de réponse des dirigeants, des étudiants se préparent à des actions de désobéissance civile.

Des étudiants lors d’un rassemblement pour le climat, Place Royale à Nantes, le 8 février. / Estelle Ruiz/NurPhoto/AFP

À Paris, le point de rassemblement a été fixé à 14 heures, vendredi 15 février, devant le ministère de la transition écologique et solidaire. Logique, puisque l’appel à la « grève scolaire » lancé durant l’été 2018 par la lycéenne suédoise Greta Thunberg invitait les jeunes de tous les pays à se rendre, chaque vendredi, devant leur « parlement » ou leur « gouvernement », pour dénoncer l’inaction des dirigeants sur le climat. En France, ce sera la première mobilisation du genre, dans le sillage d’autres pays (Belgique, Allemagne, États-Unis, etc.) déjà engagés depuis plusieurs semaines dans le mouvement « Fridays for future ».

Objectif 15 mars, pour une mobilisation mondiale

« Les jeunes Français ont un peu de retard, mais la grève scolaire s’inscrit dans une mobilisation plus large qui a démarré avec les Marches pour le climat dès septembre et les campagnes des Youtubers comme “On est prêts” » (1), fait observer Martial Breton, 23 ans, vice-président de l’association Climates. L’étudiant d’AgroParisTech espère un succès pour ce premier rendez-vous, conçu comme un point de départ. « L’objectif est d’être chaque vendredi plus nombreux, et de faire du 15 mars, jour fixé pour la grande grève mondiale, une mobilisation à grande échelle en France », poursuit-il.

En Belgique, les jeunes font l’école buissonnière pour le climat

À Paris, l’initiative a pris forme lors d’une assemblée générale inter-facs, le 8 février, dans un amphi de l’université de Jussieu. Ailleurs aussi, des collectifs d’étudiants devraient emboîter le pas à l’appel de la jeune scandinave aux longues tresses, qui se demande : « À quoi bon aller à l’école pour préparer notre avenir si on n’en a pas ? »

Sur le site de l’association Alternatiba, dix jeunes de dix villes différentes (Poitiers, Nantes, Bayonne, Nancy, etc.) appellent ainsi leurs camarades à se joindre à la grève scolaire. « Contactons les Conseils de vie lycéenne et toutes les commissions de développement durable de nos établissements et universités, organisons des débats, des conférences, des actions… », lancent-ils, souvent élèves de première et de terminale.

Une vraie colère

Chez certains, la colère est palpable. « Les rapports des scientifiques, toujours plus alarmants, se succèdent, et rien ne se passe », s’insurge Lena de Vanssay, étudiante en géographie à la Sorbonne. Et puisque « ni les marches, ni les pétitions ne suffisent à faire bouger les politiques », la jeune femme de 21 ans leur préfère « la désobéissance civile ». Au sein du collectif « Désobéissance écolo Paris », elle participera ce vendredi à une action coup de poing, dont elle ne veut pas révéler la teneur.

« Chaque semaine, nous fixons un “devoir” au gouvernement. S’il se dérobe, nous lançons une action », résume-t-elle en écho au texte diffusé mardi 12 février par son collectif, où l’on peut lire : « A ceux qui s’appliquent à détruire ce monde et prétendent faire preuve de pédagogie, nous entendons donner une leçon (…) Si ces devoirs ne sont pas faits, nous entrerons en résistance. » Leçon hebdomadaire, donc ! La première était d’engager des mesures drastiques pour une baisse des gaz à effet de serre de 4 % par an. « Bien sûr qu’il y a là une forme d’ironie, on se doute que le gouvernement ne va pas obtempérer. Notre but, c’est de créer un effet d’entraînement », poursuit Lena de Vanssay.

Source : Journal LACROIX par Marine Lamoureux.

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