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Coronavirus au Burkina : Les consignes sont respectées au maximum dans les districts sanitaires

Depuis quelques mois, le monde entier mène une guerre sans merci contre le coronavirus ou COVID-19. A la date du 20 mars 2020, on dénombre au Burkina 40 cas déclarés, 04 guérisons et 01 décès.

Face à cette crise sanitaire, des mesures préventives recommandées par l’OMS sont diffusées auprès des populations afin de freiner la propagation du virus.  Qu’en est-il de l’application concrète de ces mesures d’hygiène, c’est tout l’intérêt de notre démarche qui nous a conduit dans deux Centres de Santé et de Promotion Sociale (CSPS) de la ville de Ouagadougou.

Outre le manque de matériel, les agents de santé évoquent également d’autres difficultés qui entravent la bonne marche de leur travail.

Au CSPS de Dassasgho, secteur 21, district de Bogodogo

Il est 12h et nous sommes au CSPS de Dassasgho, secteur 21, district de Bogodogo. A l’intérieur du centre, est placé un sceau d’eau pour le lavage des mains. Nous rencontrons le Major Madame Ilboudo Madelaine qui est  l’infirmière chef de poste du centre. En termes de dispositif pris au sein de son centre, elle dit appliquer les mêmes mesures préventives recommandées par l’OMS et l’Etat. “C’est un peu comme partout dans les centres de santé; que ce soit dans les hôpitaux dans les différents CSPS, ce sont les mêmes mesures de prévention : sensibilisation de la population, lavage des mains, l’utilisation des gels et les contacts entre personnes“.

Madame Ilboudo regrette toutefois l’insuffisance des équipements pour faire face à la pandémie. “Jusqu’à présent nous n’avons pas reçus d’équipement. Nous dépendons du district de Bogodogo. Ce que nous avons reçu, c’est personnel, c’est un vieux stock que l’on a obtenu à la suite d’une dotation de la mairie il y a de cela quatre ans. Aujourd’hui, rien n’est accessible en dehors du savon CITEC”, affirme Madeleine ILBOUDOU.  Et la responsable du district sanitaire d’enfoncer le clou en disant que “Même les masques ne sont plus disponibles”; toute chose qui selon Dame Ilboudo amène chaque agent de santé à fabriquer son masque de protection à partir d’un lotus, des serviettes ou des lingettes.

Face à ces difficultés, Madelaine Ilboudo lance un appel aux autorités afin qu’elles prennent des mesures pour disponibiliser ce matériel de première nécessité au profit des populations.  Enfin dit-elle, une formation au profit des agents de santé  pour une meilleure prise en charge des patients sera la bienvenue.

“Face à cette pandémie, nous sommes dans un stress permanent”, martèle Olga Safiatou KARAMBIRI Infirmière d’Etat au CSPS de Dassasgho.

“Notre objectif premier, c’est de sensibiliser les populations, les patients qui se présentent à nous à travers une hygiène comportementale et environnementale. C’est-à-dire, se laver les mains avec du savon, éviter de cracher dans les rues ou de se serrer les mains. Devant un cas de toux, nous leur demandons de tousser ou d’éternuer de côté. Pour notre propre protection, nous utilisons des gels antiseptiques, portons des blouses, des bavettes et des gants avant d’examiner un patient.

Nous conseillons vivement à la population, de ne pas rester à la maison pour pratiquer une automédication. Devant un cas de rhume inhabituel, venez immédiatement dans un centre de santé.

Au CSPS de Somgandé, secteur 19 de Ouagadougou

Dès l’entrée principale, l’obligation est faite à chaque usager de se laver d’abord les mains au savon, une consigne imposée par le Major El Hadj Yacouba BADINI mais qui, malheureusement est ignorée par certains visiteurs.

“Face à cette pandémie du Corona virus, on a reçu des instructions de la hiérarchie qui consistent essentiellement à sensibiliser la population, à mettre en place un dispositif à l’entrée des différents compartiments du centre de santé. Nous prodiguons aussi des conseils aux patients tels que se laver les mains avec du savon,  le port du masque, le gel hydro alcoolique.  Nous insistons surtout  sur l’hygiène parce que c’est une maladie beaucoup plus liée à l’hygiène” nous apprend El Hadj Yacouba BADINI.

Nous disons aux patients ce qu’il faut faire, on passe notre temps a conseiller, à passer des messages mais la population elle-même à mon sens, n’a pas encore pris conscience que le Coronavirus est une réalité. C’est là quelques-unes de nos difficultés. On échange, on communique mais on se rend compte que les gens s’en fichent .. Je vous donne un exemple très simple. Le gouvernement a libéré les élèves dans les écoles pour qu’ils restent à la maison et être en retrait. Mais on se rend compte que tous les matins, ces élèves sont regroupés au centre pour attraper des pigeons. On est obligé de les pourchasser pour les renvoyer chez eux. Donc, nous interpellons les parents afin qu’ils gardent leurs enfants à la maison.

Tout comme le CSPS de BOGODOGO, Elh Hadj Yacouba BADINI déplore également l’insuffisance de matériel. “Nous avons des masques en petite quantité. Mais nous les avons reçus au cours d’une autre activité qui a permis de doter l’ensemble du personnel. Pour le lavage des mains, on a un système d’adduction d’eau et du savon pour les usagers des services” nous a -t-il confié

“La prudence est mère de sureté”, dit-on. Soyons donc prudents à tous les niveaux par l’observation des consignes et les conseils de ces agents de santé.

Fatim BARRO

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