Accueil / A la Une / Faut-il bâtir une « société de vigilance » face à « l’hydre islamiste » ?

Faut-il bâtir une « société de vigilance » face à « l’hydre islamiste » ?

Analyse

Emmanuel Macron a appelé, mardi 8 octobre, à « savoir repérer à l’école, au travail, dans les lieux de culte, près de chez soi » ces « petits gestes qui signalent un éloignement » des valeurs de la République.

Des propos qui interrogent après l’appel au signalement « automatique » de tout signe de radicalisation au sein de la police.

    • Pierre Bienvault,le 08/10/2019 à 18:07

Un discours au ton martial. « Les institutions seules ne suffiront pas » à « venir à bout de l’hydre islamiste. (…) C’est la Nation tout entière qui doit s’unir, se mobiliser pour agir », a affirmé Emmanuel Macron, mardi 8 octobre, lors de l’hommage national aux quatre fonctionnaires assassinés, jeudi 3 octobre à la préfecture de police de Paris.

Un drame face auquel le chef de l’État appelle à la « vigilance ». Pas uniquement celle des policiers, mais de l’ensemble des citoyens. « Une société de vigilance, voilà ce qu’il nous revient de bâtir ; la vigilance et non le soupçon qui corrode ; la vigilance, l’écoute attentive de l’autre, l’éveil raisonnable des consciences », a indiqué Emmanuel Macron, en appelant à « savoir repérer à l’école, au travail, dans les lieux de culte, près de chez soi, les relâchements, les déviations, ces petits gestes qui signalent un éloignement d’avec les lois et valeurs de la République ».

« On court le risque de créer une société de la délation »

Ce discours marque-t-il un tournant dans le discours présidentiel face à la menace terroriste, habituellement tourné vers l’unité de la nation ? En tout cas, en appelant la nation toute entière à faire ce travail de repérage, Emmanuel Macron emboîte le pas de Christophe Castaner, qui a souhaité il y a tout juste 24 heures que toute alerte liée à la radicalisation au sein de la police fasse désormais l’objet d’un « signalement automatique ». Un pas qualifié de « gravissime » par cet expert du terrorisme : « Avec ce discours, on court le risque de créer une société dans laquelle chacun ira dénoncer son voisin, pour tout et n’importe quoi. Moralement, c’est hautement contestable. Et surtout, cela sera inefficace : on risque d’encombrer les services de police ou de renseignement pour des signalements sans fondement. Cela donne le sentiment d’une forme de panique au plus haut niveau de l’État. »

Enseignant-chercheur à l’université de Toulouse et membre de la chaire de l’Unesco pour la prévention de la radicalisation, Séraphin Alava ne perçoit, lui, pas de véritable nouveauté dans le discours du chef de l’État. « Ce n’est pas la première fois qu’on appelle la population à collaborer face à la menace terroriste. Cela a commencé dès la création (en 2015) du numéro vert “Stop Djihadisme”, explique l’universitaire. Certains peuvent y voir une société de la délation. Mais des outils existent dans tous les pays européens dans la construction d’une certaine forme de sécurité démocratiq

Voir aussi

LUCIEN HUMBERT HOMME DE CULTURE

Bilan de la première édition du BISO 2019 par Lucien Humbert

La Biennale Internationale de Sculptures de Ouagadougou (B.I.S.O.) fête sa première édition !! On entendait …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *