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France: Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello, “des soldats hors normes”

Un hommage national a été rendu mardi 14 mai à Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello, morts lors d’une opération de libération d’otages au Burkina Faso.

Lors de la cérémonie aux Invalides à Paris, le président de la République a salué « des soldats hors normes » que « la mort à jamais a unis ».

 

  • Corinne Laurent, Émeline Paillasseur et AFP

 

Au sommet de l’Hôtel national des Invalides, le drapeau tricolore claque au vent dans un ciel bleu éclatant. La cour d’honneur est majestueuse, silencieuse. Les cercueils des commandos marine Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello entrent, portés et accompagnés par 21 frères d’armes, le visage dissimulé d’un cache-cou pour préserver leur anonymat. La musique du bagad de Lann-Bihoué berce l’assistance et étreint les gorges. Les cercueils sont déposés côte à côte, reliés symboliquement par une « sangle de vie », ce lien utilisé sous l’eau par les nageurs de combat afin de rester unis lors des opérations.

Le premier maître Cédric de Pierrepont, 33 ans, avait « l’âme d’un chef » et le premier maître Alain Bertoncello, 28 ans, « incarnait l’avenir du commando Hubert », souligne le président de la République, rendant hommage aux deux membres des forces spéciales tués dans une opération pour libérer quatre otages au Burkina Faso.

« Ces officiers mariniers étaient des soldats hors normes comme peu d’armées dans le monde ont la chance d’en compter » et ils sont « morts en héros pour la France », a salué Emmanuel Macron, évoquant d’une phrase le sort de Sophie Pétronin : « Nous ne l’oublions pas, la France ne l’oublie pas. Car la France est une nation qui n’abandonne jamais ses enfants. »

Lire aussi : “Hommage national aux deux soldats tués au Burkina Faso “

« La mission était nécessaire »

Dans la cour d’honneur, les deux soldats sont veillés par leurs compagnes et leurs parents, longuement salués par Emmanuel et Brigitte Macron. D’un côté, les familles sont entourées par de nombreux représentants du prestigieux commando Hubert auquel les deux militaires appartenaient et les six autres commandos de la marine nationale basés à Lorient. De l’autre côté, le chef de l’État, ses prédécesseurs François Hollande et Nicolas Sarkozy, les membres du gouvernement ainsi que de nombreux parlementaires forment un bloc, selon l’usage républicain.

Mais les officiels ne sont pas les seuls à vouloir rendre ce dernier hommage. Dehors, derrière les lourdes portes et les grilles des Invalides, des citoyens suivent la retransmission sur un grand écran. Certains d’entre eux se sont pressés un peu plus tôt de chaque côté du pont Alexandre III pour se recueillir au passage du cortège funèbre et l’applaudir. Un hommage populaire devenu une tradition depuis 2011, par la volonté d’associations d’anciens combattants de sortir de l’indifférence les soldats tombés en Afghanistan.

« C’est notre devoir d’être là aujourd’hui, explique Michel, 69 ans, qui a longtemps vécu en Afrique. Je sais tout ce que ça implique comme sacrifice de la part de nos soldats de partir en mission là-bas. Je mesure tout l’engagement et le courage de nos forces armées et de nos soldats. »

Comme en écho, Emmanuel Macron poursuit son allocution. Sa voix se perd parfois dans l’immensité de la cour pour expliquer que la mission était « périlleuse », « difficile » mais « nécessaire ». « Le maître Cédric de Pierrepont et le maître Alain Bertoncello n’hésitèrent pas un seul instant, défiant la mort pour sauver des vies, souligne-t-il. Une vie arrêtée n’est pas une vie perdue. Une vie donnée n’est pas une vie perdue. »

« Les noms des héros ne s’effacent jamais »

S’adressant aux deux hommes que « la mort à jamais a unis », le président affirme qu’ils servaient « une cause plus grande » qu’eux, « celle de la France, celle de la liberté ». « Aujourd’hui, par votre mort, vous entrez dans la lumière éclatante de l’histoire de notre pays (…). Pour les peuples libres, pour les grandes nations, les noms des héros ne s’effacent jamais », conclut le chef de l’État, avant de déposer la légion d’honneur sur chacun des deux cercueils, avant qu’ils ne s’éloignent.

La cour d’honneur est saisie d’émotion quand les commandos marine entonnent un a capella, en signe d’adieu, un chant militaire né en Algérie, affectionné par les troupes parachutistes avant d’être adopté par la marine. « Loin de chez nous, en Afrique, combattait le bataillon. Pour refaire, à la patrie, sa splendeur, sa gloire et son renom. La bataille faisait rage lorsque l’un de nous tomba. Et mon meilleur camarade gisait là blessé auprès de moi. Et ses lèvres murmurèrent, si tu retournes au pays, à la maison de ma mère, parle-lui, dis-lui à mots très doux. Dis-lui qu’un soir, en Afrique, je suis parti pour toujours. Dis-lui qu’elle me pardonne, car nous nous retrouverons un jour. »

Sophie Pétronin, enlevée depuis près de deux ans et demi

  • Âgée de 73 ans, Sophie Petronin, 73 ans, a été enlevée le 24 décembre 2016 par des hommes armés à Gao, dans le nord du Mali.
  • Début 2017, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, une alliance formée par plusieurs mouvements islamistes armés du Mali (dont Ansar Dine, Al-Mourabitoune et l’Émirat du Sahara, une émanation d’Al-Qaida au Maghreb islamique) revendiquait l’enlèvement.
  • La dernière vidéo où elle est apparue, reçue mi-juin 2018, la montrait très fatiguée, le visage émacié.
  • Cette médecin nutritionniste était arrivée à Gao en 2001. Elle avait fondé l’Association d’aide à l’enfance.

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