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Lesotho : meurtre de l’ex-femme du Premier ministre, Thomas Thabane

SCANDALE. Qui a tué l’ex-femme du Premier ministre, Thomas Thabane ? Alors qu’il devait être inculpé vendredi, il a pris la fuite, créant la confusion dans le pays.

C’est une affaire qui fait trembler tout un pays depuis des mois. Et elle a cours au sommet de l’État. Le lieu : le Lesotho, pays de 2,2 millions d’habitants enclavé en Afrique du Sud. Les protagonistes : le Premier ministre, Thomas Thabane, son ex-femme Lipolelo Thabane, et Maesaiah Thabane, la nouvelle épouse. Le pourquoi de l’affaire : la nouvelle épouse est soupçonnée d’avoir tué l’ancienne. Depuis ce 20 février, le Premier ministre aussi est sous le coup d’une accusation. La police du pays a annoncé sa comparution prochaine devant la justice, et son inculpation pour « meurtre et tentative de meurtre » de Lipolelo Thabane, fait savoir le numéro deux de la police du royaume, Paseka Mokete.

Le Premier ministre en fuite ?

Le début de l’affaire remonte à deux ans. Le 14 juin 2017, Lipolelo Thabane, 78 ans, rentre chez elle au volant de sa voiture. Elle vit à 35 kilomètres au sud de la capitale Maseru, à Ha Masana, une petite ville dans laquelle elle a refait sa vie. Depuis quelques années, Lipolelo Thabane est en instance de divorce. La procédure est houleuse. Le dialogue est difficile avec son ex-mari, Thomas Thabane, qui doit d’ailleurs prêter serment deux jours plus tard. Une cérémonie qu’elle ne verra jamais. Car ce 14 juin 2017, l’ancienne épouse du Premier ministre est assassinée. Tombée dans une embuscade, elle reçoit plusieurs balles à bout portant. Et meurt sur le bord de la route.

 

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La « nouvelle » première dame soupçonnée

Pendant deux ans, l’enquête policière piétine. « L’attaque a d’abord été imputée à des hommes armés inconnus », révèle la BBC. Mais, le 10 janvier 2020, coup de théâtre. La police convoque la première dame du pays depuis août 2017, Maesaiah Thabane. Introuvable, la police lance un mandat d’arrêt. Sans résultat. À la suite d’un accord entre son avocat et la police, Maesaiah Thabane – déjà soupçonnée d’être impliquée dans plusieurs affaires de corruption – se présente finalement aux autorités la semaine dernière, à la frontière sud-africaine. Après une nuit au commissariat, elle est libérée, en échange d’une caution de 1 000 maloti, soit 61 euros. Le Premier ministre est également interrogé, en raison d’un appel téléphonique localisé sur le lieu du crime et passé depuis le téléphone portable de Thomas Thabane, que la police juge suspicieux.

 

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Devant le tollé provoqué par le tournant que prend l’affaire, la Convention de tous les Basothos (ABC), le parti du Premier ministre, exige sa démission. « Notre pays n’est jamais tombé si bas, avec le deuxième personnage de l’État lié au crime, estime à l’AFP Nqosa Mahao, numéro 2 du parti ABC. L’image du pays en prend un coup. En tant que nation, nous sommes traumatisés. » Thomas Thabane, 80 ans, accepte, invoquant son âge avancé. Si le dirigeant n’a toujours pas acté son départ, il pourrait bien être précipité par sa récente inculpation. Prévue ce vendredi 21 février, il ne s’y est pas rendu. La raison officielle ? Le Premier ministre a dû « partir » en Afrique du Sud pour raisons médicales, a annoncé son secrétaire personnel. « Quand les médecins estimeront qu’il va bien, ils le laisseront partir », a-t-il assuré. Reste à savoir si Thomas Thabane voudra revenir.

Source : Lepoint.fr

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