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“Ma part de Vérité”: contexte et Justification

“Ma part de vérité”, c’est le titre de l’œuvre que Son Excellence Jean Baptiste OUEDRAOGO, ancien Président du Burkina Faso a présenté au public le 25 janvier 2020. C’est un devoir de mémoire dit-il, sur la gestion des affaires de l’Etat  et sa collaboration avec le Capitaine Thomas SANKARA de 1982  à 1984.

“Ma part de vérité” : contexte et Justification

Jean Baptiste OUEDRAOGO : Vous pouvez imaginer sans peine l’embarras dans lequel je me trouve en procédant à la dédicace de mon  ouvrage intitulé  “Ma part de vérité”. Par cet ouvrage, je vais apporter un autre son de cloche à ce qui est largement partagé non seulement à travers les livres d’histoires de mon pays, mais également, par des écrits prolixes d’auteurs étrangers pour la plupart qui vivent surtout de la révolution burkinabè transformée en fonds de commerce.

En effet, les écrits et les  ouvrages traitant de la révolution burkinabé en plus de consacrer le Capitaine Thomas Sankara comme le héros de cette révolution, l’ont sacralisé icône africaine de la révolution. Ce sacre lui sied à merveille dans la mesure où il a su lui-même se le construire; car chaque parole, chaque geste et chaque acte du Capitaine Thomas Sankara était prémédité, étudié et calculé. Rien n’était laissé au hasard, d’aucun taxerons cela de narcissisme politique.

“Ma part de vérité” a pour ambition de rompre la dictature du mensonge et de rappeler que le Capitaine Thomas Sankara n’était qu’un homme quel que soit les qualités qui l’habitaient. En plus d’être un homme politique, il était un homme public et à ce titre, il est sujet à des critiques; car il n’était ni ange, ni démon. Donc comme tout homme, il présentait la double image, d’une médaille avec ses deux faces. Celle du bien et celle du mal; de tel sorte que ceux d’entre nous qui l’avons connu regardaient la face de la médaille qui lui convenait le mieux. Par contre, la nouvelle génération qui ne l’a pas connu n’admire que la bonne face.

“Ma part de vérité” vient contribuer à révéler la coexistence de ces deux aspects contradictoires dont l’un a façonné la personnalité  du Capitaine Thomas Sankara. Par contre, l’un et l’autre se stipulaient  ou s’inspirait mutuellement selon le mécanisme qu’il savait actionner en fonction des circonstances …

Toutefois, je voudrais vous rassurer que l’honneur du Capitaine Thomas Sankara sera sain et sauf et sortira de cette exercice sans tâche, ni ride. Il le sera d’autant plus que dans mon ouvrage, il est surtout question de témoignage historique. En effet, mon ouvrage se place sous l’action de l’histoire  dont l’objectif poursuivi est de dévoiler la vérité quand bien même, cette vérité irrite, divise, choque, fâche, blesse et fait prendre une certaine opinion. Car la loi de  l’histoire reste implacable et exige que la vérité finisse toujours par triompher, par  se révéler, par être dite ou par être écrite. Or, comme vous le savez, la vérité divise et oblige à choisir  entre détester et haïr ou aimer et aduler.

Je voudrais cependant rassurer l’opinion que dans cet ouvrage, les règlements de compte sont bannis et même  proscrits. L’honnêteté intellectuelle le commande car l’histoire ne relate que les faits qui peuvent servir ou desservir l’une ou l’autre face de l’icône Sankara. C’est de bonnes guerres dans l’univers de la politique. Or pour éviter cette polémique, il lui fallut de la contradiction à l’époque des faits et cela m’a marqué dans les années 1983-1987 pour la simple raison que la révolution ne permettait pas ce genre de débats. Elle préférait réduire les adversaires au silence; parfois au silence absolu et par tous  les moyens. Alors qu’il y avait plus d’ivraies que de bons grains dans cette résolution. Du bien mais surtout du mal, des héros et aussi des victimes. J’y reviendrai dans mon prochain ouvrage si Dieu le  permet et me prête une longue vie.

“Ma part de vérité” vient donc par devoir de mémoire et à postériori révéler ce qui a été consciemment tu et caché pour les besoins de la cause  et livrer à l’opinion publique tant nationale que internationale la révélation historique des faits controversés de la gestion du pouvoir d’Etat. Beaucoup de faits ont été travestis à dessin. Les dénoncer et les rectifier relèvent de mon devoir de citoyen et j’en userais…

L’objectif premier de mon ouvrage s’inscrit dans ce devoir de mémoire et rappel subsidiairement qu’il ne faut jamais laisser le soin aux seuls politiques de créer l’histoire de notre pays. La manipulation des faits ne peut que travestir histoire, la vraie. L’écriture de l’histoire revient aux professionnels  de l’histoire et non aux virtuoses de la politique. Les témoignages sont ici les bienvenues.

En outre, je souhaite que ma part de vérité serve de références aux nombreux chercheurs et aux jeunes qui désirent apprendre et mieux connaitre les méandres de l’histoire récente de notre pays. Aussi, je souscris entièrement à la proposition du Président du Faso, Son Excellence Rock Marc Christian KABORE de faire de la vérité de l’histoire du Burkina Faso, qu’il tienne compte de l’histoire réelle de notre pays. La prospérité, le sérieux et la crédibilité de notre histoire également. Notre pays le Burkina Faso a tellement souffert de nos contradictions, de nos tribulations … et des idéologies mal assimilées que nous devons sagement observer un temps de réflexion pour ensemble et dans la cohésion construire le socle d’une vraie nation.

Propos recueillis par Patrick COULIDIATY

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