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Rapport 2018 du secteur de l’énergie: Le délestage fait perdre plus 48 milliards FCFA

Le 31 décembre 2019, l’Autorité de régulation du secteur de l’énergie (ARSE) a  adressé un rapport  qui rend compte  de ses activités au chef du gouvernement Christophe Dabiré.  Après cette remise officielle du rapport 2018 au premier ministre, les responsables de la structure étaient face aux hommes de médias, ce mercredi 8 janvier 2020 à Ouagadougou. Pour la circonstance, la présidente de l’ARSE Mariam Nikièma et ses collaborateurs ont  abordé le résumé exécutif de l’état du secteur en 2018, le point des activités réalisées, des faiblesses, des difficultés et des recommandations.

D’entrée de jeu, le secteur de l’énergie, a déclaré la présidente de L’ARSE, Mariam Nikièma, a connu une évolution globale énergétique de 6,7%  de la période de 2017 à 2018. « Le secteur est caractérisé par des faiblesses telle l’insuffisance des investissements, l’absence de réserve de production, la forte dépendance à l’égard des énergies fossiles importées, le coute élevé du kWh d’origine thermique diesel, la faible valorisation des ressources énergétiques endogènes », fait savoir la patronne de l’ARSE. Pourtant, le domaine a enregistré, a-t-elle appuyé, une augmentation des ventes de 8% dans la dite période. En éclairant sur non-renforcement du parc de production et  l’impact des travaux inachevés du réseau de transport sur le tronçon Bolgatanga-Ouagadougou, elle a relevé malgré la volonté affichée par le politique de raccorder plus de ménages, n’a  pas pu se concrétiser. Pour ce faire, la présidente en charge de réguler le secteur énergétique a reconnu que la qualité de l’énergie est jugée dégradée de 2017 à 2018. Comme bilan, elle a mentionné que l’Energie non distribuée (END) a été de 48 GWh en 2018 contre 30 GWh en 2017.  Une situation, selon elle, qui  représente une perte pour la SONABEL d’environ 4,8 milliards et l’économie nationale avec plus de 48 milliards de francs. Le temps moyen de coupure, a-t-elle indiqué, est passé de 155 h (4jours) en 2017 à 233(6jours) en 2018, montrant de longues coupures subies par les clients. Car, la distribution a inscrit une exécution de 709 874 abonnés sur 821 522 prévus pour 2019 soit un gap de 111.648 dont la charge de raccordement est du ressort de la SONABEL et de l’ABER (Association burkinabè de énergies renouvelables), a fait savoir Mariam Nikièma. Le suivi de l’opérateur historique (SONABEL), a confié Mariam Nikièma, a concerné le contrôle du  programme d’activités, des activités de production de transport, mouvements d’énergie, des plans d’investissement et du contrat  Etat-Sonabel-Sonabhy. Elle a signalé que les coopératives d’électricité (COOPEL) ont été objet de contrôle de leurs activités à travers l’élaboration et la validation d’un formulaire de collecte de données.

Difficultés d’ordre financier

Par ailleurs, Mariam Nikièma a rappelé que dans l’exercice des activités, l’ARSE est confrontée à une insuffisance des ressources financières et la non-application de la loi n°014 qui porte sur la réglementation générale du secteur de l’énergie.  Sur ce, au regard des difficultés de recouvrement de la redevance pour le financement des activités, l’ARSE a interpellé les autorités dans le rapport,  à œuvrer pour  le versement de la redevance de régulation. Mariam Nikièma reste convaincue que la résolution de cette obstacle  permettra d’assurer une indépendance du régulateur tel que définie par le législateur. Aussi, a-t-elle poursuivi, l’ARSE, dans son rapport, a fait remarquer qu’il est indispensable de conférer le pouvoir de fixation des tarifs au régulateur en raison de son indépendance et sa qualité d’arbitre afin de rassurer les investisseurs privés et l’équilibre financier des opérateurs du secteur. Dans la même dynamique, la responsable a insisté sur le fait de transférer le pouvoir d’octroi des titres d’exploitation au régulateur sur l’accélération de la prise en compte des textes de la loi 014. Et de recommander à la SONABEL de procéder à l’effectivité de la séparation fonctionnelle et le paiement de la redevance à l’ARSE. Interrogé sur le cout élevé de l’électricité en période de délestages, Mariam Nikièma a répliqué qu’il n’y a pas  de surfacturation.

Achille ZIGANI

 

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