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Royaume-Uni : qui pour succéder à Theresa May ? La course aux voix a commencé

Theresa May sur le départ, la situation du Royaume-Uni concernant son avenir au sein de l’Union européenne est toujours aussi floue. Alors que la campagne pour l’élection du chef du parti conservateur, qui deviendra premier ministre, a commencé, le Brexit étant le principal enjeu.

Par Céline Schoen (à Bruxelles), Tristan de Bourbon (à Londres) et Agnès Rotivel

Un Brexit avec accord

Difficile de trouver dans la campagne électorale qui commence au Royaume-Uni, pour départager les candidats au leadership du parti conservateur et du poste de premier ministre, un ardent défenseur d’un accord avec Bruxelles pour une sortie de l’UE.

Depuis qu’il a pris le départ de la campagne, Boris Johnson, le plus populaire parmi les prétendants, se positionne comme « la figure de proue du Brexit. Il a dit clairement qu’il n’envisageait pas un report de la date de sortie du Royaume-Uni prévue le 31 octobre », commente Valérie André, professeure à l’université Aix-Marseille. Comme au sein du parti, les plus favorables au Brexit ont plus de 55 ans et représentent 50 % des militants. « Si Boris Johnson veut l’emporter, il doit radicaliser son discours pendant la campagne quitte à revenir après sur ses déclarations. »

Dans un parti conservateur divisé, l’histrion de la politique britannique, celui que l’on surnomme « BoJo » (clown), est largement en tête avec le soutien de 42 députés conservateurs, loin devant Michael Gove (29) et Jeremy Hunt (28), si l’on en croit le sondage de la BBC du 7 juin. L’éphémère ministre des affaires étrangères, élu maire de Londres à deux reprises explose encore les compteurs au test de sympathie des militants : 33 % le soutiennent, loin devant Dominic Raab, 15,5 %, et Michael Gove, 12,5 %. Mais en termes d’expérience, il arrive bon dernier, en 11e position.

Compte tenu de sa base très large, l’un des grands artisans de la victoire du Brexit au référendum de juin 2016 est aussi le mieux à même d’endiguer la montée en puissance de Nigel Farage, leader du Brexit party, arrivé en tête des élections européennes, et de récupérer les voix conservatrices séduites par son discours extrémiste.

Car, au-delà de l’élection du chef du parti, les Tories ont déjà en tête les élections générales de 2022, qu’ils pourraient perdre au profit des travaillistes, si la glissade de leur parti se poursuivait. Les élections européennes, où ils sont arrivés en 5e position derrière les Verts, ont sonné l’alerte, l’élection législative partielle de Peterborough (au nord de Londres) jeudi 6 juin, a confirmé le péril : les Tories se sont effondrés passant de 46,5 % en 2017 à 21,4 %. Et les travaillistes ont eu le siège de député de justesse, au coude à coude avec le parti du Brexit.

Concurrent de Boris Johnson, et le plus modéré au sein des candidats à la tête du parti, figure Jeremy Hunt (52 ans). « Ministre des affaires étrangères, il se targue d’avoir obtenu d’Angela Merkel qu’elle le soutienne pour une renégociation avec Bruxelles afin d’éviter un Brexit sans accord, explique Valérie André. Il bénéficie d’un certain crédit au sein de son parti. »

Derrière lui, Michael Gove (51 ans), ministre de l’environnement, eurosceptique, pourrait être l’homme de la situation grâce à des positions modérées. Mais les révélations sur sa consommation de cocaïne le mettent en difficulté. Reste qu’il pourrait sceller un accord tacite avec Boris Johnson en appelant à voter pour ce dernier, afin de marginaliser Jeremy Hunt, et en échange d’un poste de ministre dans le futur gouvernement.

► Un Brexit sans accord

Les anciens ministres Dominic Raab (45 ans) et Esther McVey (51 ans) figurent comme les plus ardents partisans d’une rupture radicale avec l’UE. Tous deux espèrent ainsi décrocher le soutien de l’aile eurosceptique du parti conservateur. Face à la radicalisation de Boris Johnson, ils se disent prêts à utiliser « tous les outils nécessaires » pour concrétiser le Brexit, dès le 31 octobre.

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