Pascal Gétawendé Zaongo, a soutenu, jeudi 13 novembre 2025, sa thèse de doctorat unique en sciences du langage à l’Université Joseph Ki-Zerbo.
« Politique linguistique éducative et instrumentation des langues : cas du mooré au Burkina Faso », c’est autour de ce thème que Pascal Gétawendé Zaongo a soutenu sa thèse de doctorat en sciences du langage. C’était le 13 novembre 2025, à l’Université Joseph Ki-Zerbo. Inscrit en thèse de doctorat unique, l’impétrant a défendu son travail devant un jury présidé par le professeur titulaire Abou Napon. À l’issue de la présentation et des échanges, le jury a décerné au candidat la mention très honorable.
Pascal Getawendé a exprimé sa satisfaction à être accepté au grade de docteur, et surtout voir son travail salué par un jury international. Dans son travail, il s’est intéressé à l’enrichissement du mooré à travers son usage dans l’éducation bilingue. Selon lui, plusieurs études ont déjà démontré que l’introduction des langues nationales dans le système éducatif favorise une meilleure assimilation des connaissances par les enfants.
Toutefois, il a affirmé, pour qu’une langue nationale puisse être utilisée à l’école, il faut d’abord la décrire et l’adapter aux besoins pédagogiques. Il a indiqué que certaines notions scientifiques ou techniques n’existent pas dans les langues locales, il est nécessaire de créer de nouveaux mots pour les traduire. Son étude met en lumière les néologismes élaborés dans le cadre de la politique linguistique éducative au Burkina Faso et leur apport à l’enrichissement du mooré.
L’impétrant a recommandé, notamment, la vulgarisation des termes créés dans le milieu scolaire, mais aussi en dehors de l’école. Il a donc proposé la production de lexiques accessibles à tous les acteurs, afin de permettre une appropriation collective de ces néologismes. Il a souhaité également compiler l’ensemble des termes techniques inventés dans différents domaines pour constituer une base Lexicale commune, capable de soutenir le développement du mooré. Son manuscrit, composé de plus de 300 pages réparties en quatre chapitres, détaille le processus de création des mots et les contextes de leur emploi.
La directrice de thèse, Dr Awa 2ème Tiendrébéogo/Sawadogo, s’est dite heureuse en tant qu’enseignante d’avoir accompagné l’étudiant depuis son master. Pour la directrice de thèse, le nouveau docteur a réalisé un travail remarquable, ancré dans les réalités linguistiques du Burkina Faso.

Actuel chef de projet à Solidarité, une ONG pionnière dans l’éducation bilingue, Pascal Getawendé a su, selon sa directrice de thèse, interroger avec justesse les effets des politiques linguistiques sur l’enrichissement du mooré. Elle a souligné qu’il était nécessaire de vérifier si les innovations destinées à renforcer l’efficacité de l’éducation bilingue profitaient aux locuteurs natifs.
En sa qualité de secrétaire permanente chargée de la promotion des langues nationales, elle a estimé que cette recherche va contribuer à la valorisation des langues et des savoirs endogènes. Elle a rappelé que l’éducation bilingue au Burkina Faso est longtemps reposé sur un modèle, où la langue nationale s’effaçait au profit du français.
Selon elle, grâce aux nouveaux termes élaborés et à la modernisation du mooré, désormais capable d’exprimer la science, d’abord en mathématiques, puis dans d’autres disciplines, l’étude offre aussi une base solide pour enseigner les sciences en langues nationales jusqu’à la fin du cycle primaire.
Abibata KARA
Collaboratrice









