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Showbiz burkinabè : La prostitution et le proxénétisme s’y opèrent

Cet écrit s’inspire d’un témoignage d’une chanteuse frustrée qui s’est confiée. Elle a été sucée et exclue du système. Bien qu’ayant des noms de personnalités connues du showbiz, je vais juste dénoncer les vices et leurs formes.

Bon nombre d’artistes-chanteuses avec la complicité ou la facilitation de leur staff sont passées à la « casserole ». Le saviez-vous ? Qu’il s’agisse d’une prostitution volontairement déguisée visant à une promotion musicale ou d’un proxénétisme caché dont l’agent ou le manager sert de médiation, le phénomène est bien réel dans le milieu du showbiz burkinabè. Certains gourous sont friands de jeunes chanteuses ayant le vent en poupe. Ils n’hésitent donc pas à injecter les fonds sous forme de mécène pour en finir avec leur proie.

Beaucoup ont toujours jeté l’opprobre au showbiz burkinabè, à la mode et au cinéma, parce qu’ils en savent quelque chose. Ils n’ont pas eu tort. La prostitution et le proxénétisme sont très courant dans le showbiz musical. Les deux phénomènes se passent dans un cercle fermé. Il suffit de faire un(e) frustré(e) pour qu’un journaliste en tire une bonne substance d’information intéressante.

Il y a d’abord cette flopée de prostituées déguisées en vedettes qui écartent vite les jambes en l’air contre une production discographique. Sans aucun bagage artistique l’objectif n’est donc pas musical mais plutôt la quête de l’estime de son corps. La musique devient le canal devant permettre de décrocher de gros poissons (riches). Les clips vidéos et autres prestations publiques deviennent des espaces de promotions et d’exhibition. Ces chanteuses ont un train de vie huppé et vivent parfois largement mieux que nos pauvres artistes très talentueux. Certains se souviennent toujours de cette pléthore de pseudos chanteuses (avec toujours un DJ en feat) qui ont cartonnées et se sont ensuite évaporées dans la nature. Cette pratique du showbiz est loin d’être révolue et la machine est toujours en marche au Burkina. Cependant il faut relativiser en distinguant le bon grain de l’ivraie.

Dans une autre catégorie, on enregistre de chanteuses naïves et bleues, rêveuses de vie star qui, arrivent le plus souvent dans le showbiz par un concours de chant. Le contact est vite noué avec un producteur ou un manager célèbre de la place. Elle sera très vite désillusionnée après être passée à la « casserole ». Certaines volontairement ou involontairement ont joué le jeu, ont brillé une nuit et ont été ensuite jetées dans la nature comme une orange sans jus. Ce qui m’indigne c’est que la victime naïve passera à tour de main entre managers, producteurs et même artistes-musiciens célèbres. Je n’oublie pas aussi ces artistes devenus producteurs et qui abusent de leurs protégées. Toutes les communications, les discussions, les répétitions, le choix des musiciens accompagnants de la vedette-chanteuse passent par son boss (artistes-producteurs) en personne. Un clin à toi …

La forme la plus répandue dans cette face cachée du showbiz est le proxénétisme des coursiers ou agents artistiques, des communicateurs et surtout les pseudos managers d’artistes. Ils servent de contacts clés, de médiation entre la(es) chanteuse(s) qu’ils prétendent servir et des personnalités culturelles et/ou politiques. Cet état de fait est aussi bien courant dans le cinéma. Souvent avec les boîtes de management ou de production (un sous-couvert), des managers ravagent les financements et les parts de marché (dîner gala, colloque, rencontres professionnels, cérémonie de lancement, etc.). Ils sont les ” bons petits ” de certains gourous influents. Un tel contexte a engendré une concurrence déloyale dans le showbiz créant ainsi des frustrations et des clans. Certains artistes talentueux râlent parce qu’ils n’ont jamais accepté prostituer leur art contre la communication de certains pseudos animateurs radios, les prestations ou les spectacles. Eux, ils ont toujours un minimum de dignité.

Cet écrit est une information pour ceux qui ne le savaient pas et une interpellation aux différents protagonistes de l’univers du showbiz sur la nécessité de proscrire ces pratiques qui sont aux antipodes de l’intégrité du Burkinabè. C’est parce que certains se comportent de façon minable et misérable qu’aucun sérieux ne peut être attribué à la corporation. Commencer par vous intérioriser, chères jeunes filles naïves aspirant à une carrière musicale, cette leçon de Albert Camus : « Tout ce qui dégrade la culture, raccourcit les chemins qui mènent à la servitude ».

Source : https://www.facebook.com/kulturekibare/ Malick Saaga

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