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Tabaski Niger, flambée des prix des moutons: les raisons avancées !

Une flambée des prix des moutons sur fond de spéculations effrénées caractérise le marché nigérien à la veille de la célébration de la fête de la Tabaski pou Aïd El-Kebir (de son nom arabe), a constaté sur place la PANA. Selon les observateurs, la flambée des prix des moutons est liée au paiement des salaires au cours de cette fin de semaine auquel s’ajoute la forte demande.


“Chaque année nous assistons au même scénario. Les vendeurs de moutons profitent des fins de mois qui coïncident avec les veilles de fête pour faire monter les enchères.
Il y a deux semaines, les prix étaient abordables sur tous les marchés et variaient entre 30.
000 Fcfa et 60. 000 FCFA.
Aujourd’hui, il faut débourser 50. 000 FCFA à 100. 000 FCFA, voire 200. 000 FCFA pour avoir un mouton apte à accomplir le sacrifice d’Abraham. “, a regretté Mahamane Nouri, Président de ADDC Wadata, une association des consommateurs.
Pour nombre de revendeurs, la cherté des moutons à la veille de la fête n’est nullement fonction du paiement des salaires.
Selon M. Mounkaila Salèye, un revendeur à Tourakou, le plus grand marché de bétail de Niamey, c’est en amont, dès l’achat, que les moutons coûtent chers. “A cela, il faut ajouter les coûts liés à l’embouche”.
“L’exportation des moutons vers des pays voisins comme la Côte d’Ivoire, le Nigeria, le Bénin, le Togo, où ils sont vendus à prix d’or, a contribué également à alimenter la spéculation sur les marchés locaux“, a ajouté Mahamane Nouri.
A en croire Seydou Allakaye, journaliste au “Républicain”, la paupérisation des couches défavorisées, y compris les fonctionnaires, place de nombreux Nigériens face à un dilemme entre le devoir religieux et ce qui, de plus en plus, apparaît comme une obligation sociale.
“Avoir de la famille, des enfants, et ne pas pouvoir se procurer le fameux mouton de Tabaski est une honte. Vous, votre femme, vos enfants deviennent la risée des voisins. C’est pour cette raison que beaucoup de fonctionnaires, malgré le paiement de maigres salaires, sont obligés de s’endetter pour se procurer un mouton”, a indiqué Amadou Hassane, un fonctionnaire.
Pour les syndicats, il n’est pas étonnant que des fonctionnaires éprouvent tant de difficultés à se procurer un mouton, car jamais auparavant, le fonctionnaire nigérien n’avait connu un tel niveau de paupérisation. Malgré la dévaluation intervenue en 1994, les salaires n’ont pas connu d’augmentation. Ils ont plutôt connu une diminution de l’ordre de 30% en 1997, alors que le coût de la vie n’a cessé d’augmenter. “Le Niger est le seul pays de la sous région où depuis la dévaluation, les salaires ont paradoxalement baissé. Compte tenu des souffrances et des humiliations que subissent nos camarades, nous estimons que l’augmentation des salaires comme nous l’avons demandée dans notre plate forme revendicative est notre principal objectif”, a estimé un responsable syndical proche de la confédération démocratique des travailleurs nigériens (CDTN).
Synthèse de la Rédaction

 

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