Mois de décembre, dernier mois de l’année est marqué par des fêtes notamment la Noël et la saint-sylvestre. C’est la période aussi des bonnes affaires pour les commerçants, les couturiers et les coiffeurs qui profitent s’en mettre plein les poches. Si tel était le cas dans les années antérieures, cette perception semble changer en 2024 . C’est le constat que nous avons auprès de quelques burkinabè.
L’ambiance des préparatifs des fêtes de fin d’année 2024 affiche une certaine morosité. Certains ouagalais affichent déjà un caractère grincheux et les raisons avancées sont celles de la guerre qui nous est imposée depuis près d’une décennie. Néanmoins, d’autres sont optimistes en se faisant plaisir, dans le but d’oublier un peu les soucis. Les couturiers qui, à l’approche des fêtes se privaient de sommeil et de repos pour satisfaire les clients n’ont pas grand chose à faire cette année.

A l’atelier “ création couture”, Silvain Tiemtoré, couturier spécialisé dans la confection des tenues masculines, s’active avec ses trois assistants départagés entre coupure, montage et repassage. Pour lui, dans les années passées dès le mois de novembre, il ne recevait plus d’habit. Cette année, nous sommes à moins 2 semaines de noël; mais à l’entendre tous ceux qui veulent peuvent toujours faire le tour. “ nous recevons toujours des habits et les rendez-vous seront respectés”, explique Silvain Tiemtoré.

Même son de cloche à l’atelier “Pope couture’ Teega wendé de Lazare Kaboré. Comme son prédécesseur, monsieur Kaboré déplore la réduction de la clientèle. “Cette année, il n’y a pas le marché. A pareil moment, on ne recevait plus de client parce que c’était bouré mais à cause de la situation du pays, tout a changé. Les gens n’ont pas l’argent”, déplore Lazare Kaboré couturier mixte. Inès Tiemtoré/ Ouango, couturière pour enfant, ne dit pas le contraire. « Cette année, ce n’est pas trop ça. L’année passée à cette heure, c’était chaud sur nous. Cette année la situation sécuritaire à fait que tout est mou”, a indiqué madame Tiemtoré, promotrice de Wend Deenda couture. Pour Judicaël Bationo, promoteur de Sapero couture “la main de Dieu”, vu la sécurité du pays, les gens n’ont pas l’esprit à la fête.

Les commerçants se frottent ils toujours les mains ?
Il faut noter que l’approche des fêtes rime aussi avec la floraison de commerces temporaires

Installés à même le sol aux abords des voies, les vendeurs de crèches, de sapin de noël, et de personnages bibliques attirent l’attention des passagers et des visiteurs aux cris de « Venez voir, venez ! c’est moins cher ». Bienvenu Gislain Zoungrana, est l’un des vendeurs de ces objets pour les fêtes tels que les crèches, les sapins, les grottes, etc. Installé non loin de l’église Saint Camille, il indique qu’il n’y a pas de marché comme dans les années antérieures. Néanmoins il arrive à vendre un peu “on rend grâce à Dieu. On arrive à vendre un peu un peu. Vu la situation du pays, les gens ne peuvent pas faire mieux que ça” a-t-il lancé. Après les classes, Abdoul Aziz Ouédraogo aide son frère à vendre les sapins et les objets de décoration devant la cathédrale. Pour lui, c’est à moins deux jours de la fête que les gens s’attroupent autour d’eux. “ pour le moment, il n’y a pas le marché. C’est vers le 23 et le 24 décembre qu’il y a l’ambiance” a-t-il laissé entendre.

Pour célébrer la naissance de Jésus, des pagnes de noël sont mis à la disposition des fidèles catholiques
Chaque année, des pagnes religieux dédiés à noël sont imprimées pour la célébration de la naissance de l’enfant, sauveur de l’humanité. Cette année encore, la tradition a été respectée avec au moins quatre motifs sur le marché. Il y a le pagne national, le pagne de Koudougou, le pagne de la Côte d’Ivoire et celui du Ghana.

Les prix varient entre 6 000 à 10 000 FCFA selon le motif. Cette année, les vendeurs déplorent la morosité du marché. C’est le cas de Noélie Tapsoba, vendeuse d’objets de piété nous apprend qu’elle pouvait vendre cinq complets par jour dans les années passées, chose qui n’est plus possible. “Actuellement, je n’arrive pas à vendre trois complets. Souvent, aucun pagne ne sort. Pourtant je pouvais vendre 5 complets par jour dans les années antérieurs” a-t-elle déploré. Pour Juliette Nikiéma, cette morosité se justifie par le manque de moyen des clients. “ les gens disent qu’ils n’ont pas d’argent”.

Les pagnes manquent chez d’autres vendeurs
Pour Stéphanie Doriane Minougou, vendeuse d’objets de piété à l’église saint Camille, ce sont les pagnes de noël qui font le marché actuellement. Sinon il y a des jours où elle ne vend que trois cent francs CFA. C’est le même constat fait par Madina Kiendéga qui aide sa mère après les cours. “ je pense qu’ils n’ont pas imprimé beaucoup. Les pagnes sont en manque”, a-t-elle soutenu.
Lucienne Kaboré









