Gualbert THIOMBIANO, Producteur

Gualbert THIOMBIANO, Producteur

Je suis le manager de “Afrique Images”, une maison de production audiovisuelle. Pour ce FESPACO 2017, on souhaite vraiment que ce soit un festival qui prenne en compte les besoins des professionnels du cinéma et de l’audiovisuel.

Aujourd’hui, c’est un domaine qui évolue rapidement en matière de technologie. On souhaite que cette année le FESPACO équipe mieux les salles de ciné avec du bon matériel. Au Burkina, on a la volonté certes; mais on n’a pas les moyens pour être à la hauteur de notre ambition. Mais que cela ne tienne, on devrait utiliser nos moyens de bord pour changer certaines choses au FESPACO prochain. Il faudrait évoluer autant sur le plan professionnel que sur le plan organisationnel. On espère que cette année, les festivaliers ne se plaindront pas des badges attribuer en retard ou sur l’état des chambres etc.
Nous devons également faire l’effort pour que cette année nos films qui sont en compétition ne soient pas sélectionnés par copinage mais plutôt de qualité sur tous les plans. Nos réalisateurs devraient être capables de nous présenter des films de qualité.
Quels sont les autres points sur lesquels l’on doit insister au niveau du FESPACO?
D’abord, on devrait pouvoir accueillir convenablement nos festivaliers en leur délivrant rapidement leurs badges surtout. Il ne faudrait pas que les festivaliers passent des heures entrain de fouiller les bacs pour récupérer leurs badges. Côté hôtellerie, le burkinabé est très accueillant, aucun problème à ce niveau.
galbert1.jpgEnsuite, on devrait également équiper les salles de ciné de vidéo projecteurs et une sono de très bonne qualité. En effet en regardant un film, l’image et le son doivent être de bonne qualité; car un film c’est 50% de son et 50% d’images. Ces deux outils ne sont pas onéreux et ne coutent pas des centaines de millions.
Le seul regret est que l’Etat burkinabé ne fait pas appel aux privés. Ils se contentent de voter un budget par rapport aux besoins du FESPACO et l’équipe organisationnel s’en occupe.
Quel pourrait donc être votre contribution au FESPACO?
Si on pouvait réunir les maisons de production en leur présentant les différents besoins du FESPACO chacun pourrait intervenir. Mais si l’Etat décide d’organiser le festival seul, cela suppose qu’il a les moyens et l’on ne devrait pas s’étonner qu’il dise qu’il n’a pas les moyens. Il ne faut pas toujours tendre la main parce que je suis convaincu que le FESPACO peut rapporter de l’argent. S’il existe depuis plusieurs années déjà, c’est qu’il peut forcément rapporter de l’argent au pays.
Devrait-on associer les producteurs dans l’organisation du FESPACO?
Associer les producteurs de films dans l’organisation du FESPACO comporte aussi des risques. Je crois qu’on pourrait les associer d’une autre façon en leur demandant de devenir actionnaire pour rentabiliser le FESPACO. Là, on aura toutes les chances d’avoir des films de qualité et aussi des entrées d’argent au Burkina.
Ce que je voudrai dire aux burkinabé c’est les inviter à sortir car il s’agit de leur festival et l’honneur de toute la nation. Ces films en compétition devront également être vus partout au Burkina Faso où il y a des salles de ciné afin que les burkinabé sachent que ce n’est pas seulement l’affaire d’une minorité, d’une politique ou des cinéastes.
Propos recueillis par Patrick COULIDIATY