Institut Français de Ouagadougou : Patrick HAUGUEL n'oublie rien du Burkina

Institut Français de Ouagadougou : Patrick HAUGUEL n'oublie rien du Burkina

Directeur délégué de l’Institut Français de Ouagadougou et attaché culturel à l’Ambassade de France au Burkina, Patrick HAUGUEL, le « Vieil Africain » est en fin de mission au Burkina. Après son pot d’au revoir qui a connu la présence des Ambassadeurs des Etats Unis d’Amérique et de France au Burkina, Patrick emporte dans ses valises pleines de souvenirs. Ainsi, des concerts de AWA BOUSSIM à celui de Smarty, en passant par la chorégraphie d’Irène TASSEMBEDO, le CITO et les récréatrales, il en évoque  avec bonheur et plein d’humour.

En fait, l’exercice en ce mois de juillet 2021 à l’Institut Français serait vraisemblablement de s’exprimer et de dire au revoir sans pleurer d’émotion. Si l’ancienne responsable du Centre de langues Chiara SPONGA ne l’a pas réussi, l’ex-directeur par contre est resté stoïque et imperturbable.  Tout d’abord, il nous fait le point de 04 années d’exercice. !

Patrick HAUGUEL (P.H) : Quatre ans au Burkina Faso, c’est à la fois une longue expérience et c’est à la fois très court. C’est très court parce que les artistes sont stimulants dans ici. J’ai l’habitude de dire que sans les artistes l’Institut Français de Ouagadougou n’a pas de sens. Notre rôle c’est bien sûr de les accompagner tant qu’on peut, de leur offrir une scène mais également de partager avec eux, de faire connaitre leurs spectacles et tout cela me semble passionnant. Accompagner les artistes, c’est aussi une envie de faire progresser des carrières. Je ne m’intéresse qu’assez peu qu’à des spectacles qui ont lieu une seule fois et après, on oublie ; l’artiste suit son chemin, on n’a pas de relations. J’aime vraiment mieux à chaque fois que l’on le peut, que l’on puisse aller plus loin, faire gagner une résidence, offrir une bourse de formation, travailler au sein d’un festival avec des opérateurs qui vont eux-mêmes accompagner des artistes avec des partenaires en France qui, à leur tour vont faciliter le travail des artistes tout au long de l’année.

PH : Quel est le plus beau souvenir que vous gardez du Burkina Faso ?

ArtBF : Non ! Non ! (un peu marré) . Je ne peux pas répondre à cette question ! Mes plus beaux souvenirs sont nombreux. Je n’ai pas envie de citer les spectacles des artistes parce que ce serait injuste pour les autres. Mais quand même, je vais me prêter au jeu. Mais cette question n’était prévue !

En musique, c’est d’abord les concerts de AWA BOUSSIM à l’Institut Français, une salle archi-pleine avec une ambiance Bissa. Je cite Smarty avec un concert exceptionnel, tout le public débout depuis la première chanson jusqu’à la dernière. Là, on voit le potentiel d’un artiste à galvaniser une salle. Donc sur le plan de la musique, je resterais sur ces deux souvenirs, c’est très fort.

Mais c’est tellement injuste parce qu’il y a aussi la voix de Nabalum, celle d’Alif Naaba , le Choco Festival et Jazz à Ouaga…  Vous m’avez emmené sur une piste savonneuse laissez-moi donc poursuivre un peu.

Sur les débats d’idées et l’art oratoire d’éloquence, je cite les finales des concours d’éloquence avec Thomas Dakin OUEDRAOGO et Elda KOAMA. Ce sont des moments inoubliables avec une jeunesse Burkinabè qui a de l’humour, qui argumente et qui va résoudre tous les problèmes qui peuvent exister si on leur donne un petit peu de confiance et de moyens.

En parlant d’Arts plastiques, mon plus grand souvenir, c’est la Biennale Internationale de Sculpture de Ouagadougou (BISO) qui s’est tenu il y a deux ans. A la rotonde, je retiens l’exposition de Issa Zoromé, photographe qui nous a fait un reportage sur LE KEOGO, une exposition magnifique avec  plus de 1500 visiteurs à l’Institut Français.

En ce qui concerne le théâtre, je parlerai des Récréâtrales. Des spectacles qui se tiennent dans les rues du quartier Gounghin avec des festivaliers venus de plusieurs régions d’Afrique et d’Europe pour échanger sur des problématiques qui touchent à l’Afrique et au monde.  Alors parlant du théâtre et ne pas parler du CITO, Martin ZONGO va m’étrangler.

ArtBF : Loin de votre pays, comment conciliez-vous votre mission et l’éducation des enfants. Votre famille ne vous manque-t-elle pas souvent ?

PH :  Ça ne me manque pas parce que les êtres qui sont les plus chers, c’est-à-dire mes enfants sont là, au Burkina avec moi .  Ils m’ont suivi dans un certain nombre de pays. Et là aussi, j’ai eu ce gout très jeune de voyager. Je n’étais pas destiné à venir en Afrique ; figurez-vous !  Puis, il y’a 25 ans de cela, j’ai eu un poste au Benin (en Afrique) et puis je dirais que ce continent m’a touché et continu à me toucher particulièrement puis que j’ai pu le dire lors de mon pot d’aurevoir. Je disais qu’on ne quitte pas le Burkina Faso comme on quitte les autres pays. Vraiment ce pays est extraordinaire, ces quatre années resteront gravées en moi pour le reste de ma vie.

ArtBF : Comment un artiste musicien ou peintre peut-il bénéficier de l’espace de l’institut français ?

PH : Pour se faire produire à l’Institut Français, c’est très simple. Il suffit d’envoyer à l’Institut Français au chargé de communication, à mon assistante ou à moi-même, une capsule vidéo, un dossier, quelque chose qui présente ce que font les artistes et ensuite on essaye de faire un montage pour réaliser le spectacle. Alors, je ne dis pas que c’est toujours possible parce que malheureusement nos moyens sont limités. Mais on arrive quand même à faire passer un certain nombre d’artistes.

ArtBF : Quelle est la contribution de l’Institut Français dans le cadre de la lutte contre le terrorisme au Burkina Faso ?

PH : Je pense qu’un lieu de culture va favoriser les rencontres entre les gens, les débats d’idées. Le fait que l’on peut discuter des choses même si l’on n’est pas d’accord, mais pouvoir discuter sans s’affronter est tout simplement vivre des émotions ensemble. Je suis convaincu que toutes ces personnes qui sont venues voir Awa BOUSSIM, Smarty , qui ont vu les spectacles d’Irène TASSEMBEDO, de Salia SANOU ne vont pas s’entretuer demain parce que tout simplement quand on a vécu des émotions ensemble, on n’a pas envie de se tuer.

ArtBF : Un mot de fin

PH : Oui ; Je dirai deux choses ! vous m’avez entrainé sur une mauvaise pente. En vous parlant des spectacles qui me sont restés en souvenir, je n’ai pas évoqué la danse. Deux spectacles qui m’ont marqué : un spectacle d’Irène TASSEMBEDO, le boléro de Ravel étoffés d’autres pièces qui ont été  jouées en première à l’Institut Français, c’était beau.  Il y a aussi Salia SANOU, grand danseur chorégraphe. Sa pièce ‘’multiple’’ qui a été jouée il y a environ 2 ans à la termitière avec Nanty Huston et cette danseuse Sénégalaise de l’école des sables.

Ce que je voudrais dire encore, c’est  « Merci » !

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