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Le Fromager ou le “Ceiba pentandra” menacé de disparition

C’est un arbre assez populaire qui a fait la pluie et le beau temps, rendu de nombreux services aux ménages et à partir duquel de nombreux jeunes ont bâti leurs économies. Présent en effet dans certaines zones du Burkina, cet arbre était surtout reconnu pour son filament cotonneux qui servait à la fabrique des matelas. Aujourd’hui, le fromager puisque c’est de cette espèce qu’il s’agit, est rare dans nos villes et campagnes comme une eau de source. De son nom scientifique, le Ceiba pentandra, le fromager qui appartient à la famille des bombacaceae est menacé de disparition.  Un tour aux bords des barrages de Ouagadougou où sont installés de nombreux jardinier- fleuristes nous a permis de comprendre l’ampleur de la menace de disparition de l’espèce.

Le fromager de son nom scientifique “le Ceiba pentandra”

Quelles en sont véritablement les raisons ? Telle était la question que nous posée aux fleuristes :

Ilboudo Albert, jardinier fleuriste, aménagiste. Nous avons des plantes pour les décorations intérieures et extérieures. Pour le jardin, nous avons le gazon et les plantes de toutes les espèces.

Ilboudo Albert, jardinier fleuriste, aménagiste  : “personne ne voudra planter cet arbre parce qu’il occupera trop de place”

Les kapokiers en langue mooré s’appellent “GOUNGA”. On les produit mais pas comme avant. C’est un arbre dont le bois n’est pas utile à la cuisine, on ne peut pas le planter dans une cour. Avec les petites superficies de nos parcelles actuelles, personne ne voudra le planter parce qu’il occupera trop de place, ses fruits ne sont pas non plus comestibles. Dans le passé, les gens utilisaient la matière cotonneuse pour en faire des matelas. Mais aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Par contre, il est plus utile pour les reboisements parce qu’il pousse vite.

Ilboudo Abdoul Karim, pépiniériste à côté de BANGRE WEOGO

Abdoul Karim Ilboudo : “nous ne le produisons plus parce que les gens n’en veulent pas”

Dans ma pépinière, nous avons presque toutes les espèces. Nous avons les fleurs, les arbres fruitiers, les arbres qui donnent de l’ombre. Je connais bien le Kapokier.  C’est un arbre qui devient grand et il existe même un quartier de Ouagadougou qui porte son nom. C’est le quartier “Gounghin”, un nom dérivé de “Gounga” le nom du Kapokier en langue “Mooré”. Il a un bois blanc et beaucoup l’utilisent pour faire le plafond. Il a des fruits dont l’intérieur est cotonneux et qu’on utilise pour en faire des matelas. C’est un arbre qui est bien. Cependant nous ne le produisons plus parce que les gens n’en  veulent pas. Les gens veulent des nouveautés et surtout les plantes qui ne sont pas encore populaires.

Lire aussi :  Les dispositions prises pour sauver l’espèce “.

Hamidou Diallo, Président de l’association pour le développement et la modernisation de l’élevage au Faso.

L’objectif de notre association est d’intégrer et d’impliquer les éleveurs à la gestion des ressources forestières et de moderniser l’élevage au Burkina Faso.

Hamidou DIALLO : Président de l’association pour le développement et la modernisation de l’élevage au Faso. ” Nous avons simplement un problème écologique au Burkina”

Le Kapokier est une espèce qui pousse dans les zones arides et en savane. Il a une durée de vie entre 30 et 35 ans. Il est très utile à l’homme notamment pour les éleveurs qui détiennent de cet arbre, un grand secret thérapeutique.

En effet, c’est une espèce qui est non seulement appétée par les animaux, mais ses fleurs, ses feuilles sa sève et ses écorces sont utilisées pour la pharmacopée traditionnelle. Les graines sont également utilisées dans la fabrication des huiles.

C’est une espèce qui est en voie de disparition et cela est lié à la désertification parce que c’est un arbre qui craint beaucoup la sécheresse et l’émondage. Il y a des périodes où les gens émondent, coupent et par la suite, cela tue l’arbre.

Le problème de la disparition du Kapokier n’est pas le fait que les gens ne s’y intéressent pas. Nous avons simplement un problème écologique au Burkina. Je pense que toutes ces espèces devraient être retrouvées dans les pépinières. C’est un arbre qu’on doit valoriser et vulgariser et c’est vraiment notre cri de cœur à l’endroit du gouvernement afin que cet arbre qui est en voie de disparition se retrouve dans les pépinières.

Patrick COULIDIATY

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