La recherche en chimie, quelle contribution au développement ?
C’est le thème de la conférence tenue le jeudi 24 avril 2014 à l’Amphi H de l’Université de Ouagadougou. La conférence a été animée par le Professeur Yvonne BONZI née COULIBALY, chimiste à l’Université de Ouagadougou en collaboration avec le MESS/DEFPG et membre de l’Association des Femmes scientifiques.

Dès l’ouverture de la conférence, le tableau synoptique était là avec un décor bien planté :. D’abord, la conférence était animée par une femme scientifique; des invitées constituées en majorité de femmes scientifiques et plus de la moitié de l’Amphi-H entièrement occupé par des lycéennes.En termes de mobilisation sociale, on peut dire que la rencontre a été des plus réussie.
L’objectif de la conférence était donc bien visible et noble. Il s’agissait à travers cette rencontre d’échange d’inciter les filles à embrasser les carrières scientifiques et cultiver en elle, la fibre scientifique.
La cérémonie d’ouverture qui a été marquée par plusieurs allocutions dont celle de Madame LOUGUE née Léonie Claudine SORGHO, Professeur titulaire en radiologie et imagerie médicale a regroupé plus d’une vingtaine d’établissements secondaires.
Toutes ces interventions étaient ciblées vers la scolarisation de la jeune fille qui, aux yeux de ces femmes scientifiques doit être le défi à relever et donner la place qu’il faut à la femme jadis reléguée aux tâches domestiques.
La conférencière Yvonne BONZI s’est voulue pédagogue au regard de l’importance de son exposé. Partant du vécu des scolaires, la conférencière a expliqué de long en large avec des exemples précis la démarche préalable à mener pour effectuer une recherche et parvenir à des résultats concrets. Quoiqu’on dise, a dit la conférencière, la chimie est d’une utilité incontestable .” La santé est un bel exemple que ce soit du milieu naturel ou de la synthèse; elle reste un bel exemple d’utilité de la Chimie.”
Tout comme une médaille, la chimie a aussi son revers car sa mauvaise utilisation, n’est pas sans risque pour l’homme ou pour l’environnement :” Quant au côté négatif, je dirai toujours que c’est l’excès dans l’activité agricole intensive et dans l’industrie pétrolière. C’est vrai que le pétrole a apporté beaucoup de nouveautés en dehors du carburant que nous utilisons, les lubrifiants et autres. Dans le contexte du Burkina, un pays dans lequel nous avons une activité agricole intense, il s’agit de l’utilisation des intrants (les NPK ou les pesticides) qui posent beaucoup de problèmes parce que les populations en abusent parfois sans soucis de la réglementation.
Malgré la durée de l’exposé (environ 1h d’horloge), les étudiants et les scolaires ne se sont pas ennuyés; bien au contraire, ils se sont montrés très intéressés au regard de la pertinence de leurs questions. Yvonne BONZI se dit satisfaite:” Je suis satisfaite de la réaction du public, c’est le signe vraiment que le message est passé”
L’excellence au féminin
C’est l’excellence au féminin a dit la Directrice de la CHAIRE, Madame LOUGUE née Léonie Claudine SORGHO, Professeur titulaire en Radiologie et imagerie médicale :
Je suis à l’Université de Ouagadougou UFR/SDS et je suis la directrice de la
chaire “genre, femme, société et développement durable” (la chaire, c’est comme un observatoire)
Je suis là parce que la CHAIRE est comme un observatoire pour essayer de réduire les inégalités liées au genre que d’aucuns ont vite fait de taxer d’inégalités liées au sexe. Ce sont des inégalités socialement construites qui sont liées au sexe, qui font qu’on dit que telle chose doit être faite par la femme, telle autre par l’homme.
Comme il est dit souvent dans les écoles primaires: “toi, tu es une femme, tu ne peux pas réussir dans les Maths, toi tu es une femme, tu dois être institutrice, sage-femme ou secrétaire”. Souvent quand les gens voient dans les bureaux des hommes assistants-techniques, ils disent: “un homme secrétaire!” Ce n’est pas écrit que c’est la femme qui doit être secrétaire. Donc, la chaire est comme un observatoire pour justement pousser les filles à embrasser les carrières scientifiques pour essayer de faire changer les us. Quand nous avons essayé un jour de faire une étude situationnelle du genre à l’université, les enquêteurs se sont vus souvent rabrouer de les (ceux à qui on pose des questions) laisser avec leur histoire de chaire, qu’on a dit aux femmes de retourner dans leur histoire de cuisine. Ce n’est pas une histoire de femmes. Aujourd’hui, les femmes constituent une minorité, mais demain, ça pourrait être les hommes et le genre va faire que cette minorité qui se conjugue au masculin ne soit pas brimée, c’est tout. Sinon, je suis là ce soir pour magnifier l’excellence au féminin. Celle qui anime la conférence, le Pr Yvonne BONZI est un membre de la CHAIRE et un membre du directoire de la chaire et elle a été primée par l’Union africaine. C’est le prix KUAME N’KRUMA qui prime les meilleurs résultats de recherche au féminin chaque année. C’est une chimiste qui a été primée dans les sciences fondamentales et en tant que membre de la CHAIRE, en tant qu’un résultat qui met en exergue le sexe féminin et la CHAIRE, nous sommes là pour l’encourager.
Patrick COULIDIATY









