Auteur, dramaturge, comédien et metteur en scène, ARISTIDE TARNAGDA a été désigné pour offrir les spectacles d’ouverture et de clôture aux festivaliers du FESPACO 2025. Approché par artistes.bf à moins d’un mois de la tenue effective de l’évènement, Aristide TARNAGDA promet être au rendez-vous avec un spectacle de taille.
Aristide TARNAGDA (A.T) : Je suis Aristide TARNAGDA, auteur, metteur en scène et je suis le Directeur général des récréatrales
ArtistesBF (ArtBF) : Vous êtes en charge des spectacles des cérémonies d’ouverture et de clôture de la 29e édition du FESPACO. Nous sommes à moins d’un mois de la tenue effective, pouvez-vous nous dire à quel niveau de préparatifs vous êtes actuellement ?
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A.T : J’ai à la fois la charge de l’ouverture et la clôture du FESPACO 2025, en ce qui concerne les spectacles. Évidemment, toute création requière la conjugaison de plusieurs intelligences, de plusieurs compétences, de plusieurs lumières. Pour ce faire, j’ai fait appel à quelques complices, notamment le chorégraphe, fondateur du festival « In Out Dance » et enseignant de danse dans une des universités aux USA, Aguibou Bogobali SANOU avec qui, nous avons fait recours à deux directeurs musicaux. Olivier TARPAGA qui enseigne la musique et la danse à l’université de Firtown aux USA et Moussa SANOU qui est lui aussi un musicien vivant en Italie. Depuis près de trois semaines, nous avons déjà pris la route, nous sommes en laboratoire, en recherche avec les danseurs, avec les musiciens, des acteurs, des comédiens.
Le FESPACO est un enjeu très important et un des visages brillantissimes de notre pays mais aussi du continent africain. Donc, nous devons en prendre soin. Notre pays aussi a besoin de s’affirmer surtout à travers sa puissance créatrice, à travers son génie, sa capacité à se redresser et à faire face à son destin. Tout cela mis ensemble fait qu’on espère et on compte sur l’ensemble des talents que nous avons réunis pour pouvoir offrir du beau, du rêve, de la vitalité et de l’amour au peuple burkinabè et au peuple africain. Nous avons choisi de créer une musique live, totalement inventé, à travers un orchestre “ Willi”. Une invite à se mettre débout et à embrasser son destin. A cet orchestre vont s’ajouter des voix de certaines personnalités musicales de notre pays, des pays amis et du pays invité d’honneur. Il y a quelque chose de magnifique qui est en train de voir le jour.
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ArtBF : Ce travail est fait par toute une équipe. Est-ce que nous pouvons avoir une idée du nombre et des profils ?
A.T : C’est une équipe de 140 personnes composées de danseurs, de musiciens, de techniciens, de chorégraphes, de scénographes, des directeurs musicaux, des metteurs en scène, des personnes déplacées internes, des enfants qui ont la chance d’avoir leurs parents, mais ceux aussi dont les parents sont tombés sur le champ de combat. J’ai voulu que ce spectacle soit porté par l’ensemble de tous les burkinabè, de tous les africains. Quand on va déployer les différents tableaux, que chaque burkinabè puisse se reconnaitre. Que les acteurs du cinéma dont c’est la fête, puissent se reconnaitre, les comédiens puissent se reconnaitre, que nos mamans et nos papas qui traversent des moments difficiles puissent se reconnaitre à travers quelques personnes qui sont présentes et qui sont les leurs; parce que c’est ainsi qu’une nation témoigne sa solidarité à ses enfants qui traversent des moments difficiles, en les offrants des places sublimes quand la nation elle-même est célébrée où se célèbre. C’est pareil pour les enfants. Associer les enfants, c’est d’une part, être dans une dynamique de transmission, mais d’autre part, dans une dynamique de solidarité et d’empathie pour les inviter à rester débout parce que leurs parents les ont passé le témoin en mourant les points levés pour cette terre qui est nôtre.
ArtBF : Nous sentons votre passion pour ce travail. Mais ce n’est pas sans difficultés; n’est-ce pas ?
A.T : Je n’aime pas parler de difficultés. Le projet s’appelle “willi”. Pendant qu’on demande aux gens de se dresser et de rester débout, on ne va pas se mettre à pleurnicher. Pour moi, le plus grand enjeu c’est de pouvoir relever le défi le 22 février et le 1er mars 2024. C’est de voir les burkinabè satisfaits de notre travail. Sinon les difficultés financières et autres sont surmontables.
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ArtBF : La cérémonie se déroulera dans un mois environ. Croyez vous être dans les délais ?
A.T : On n’est pas inquiet parce que ce n’est pas aujourd’hui que nous avons commencé à travailler. Depuis qu’on a su que c’est nous qui avons cette responsabilité, on s’est mis au travail. Parfois, ça ne dort pas; mais ce sont des insomnies pour la bonne cause. C’est vrai qu’on n’est jamais tout à fait prêt, parce que le temps manquera toujours pour quelque chose. Mais pour ce qui est de rendre ce peuple fier, de l’inviter à quitter les larmes, le sang, les divisions et à aller vers la meilleure part de lui même, on sera prêt.
Votre dernier mot
A.T : Nous demandons à tous les burkinabè et à l’ensemble des africains, la solidarité, les prières et les bénédictions parce que le FESPACO est notre rendez-vous avec nous-même et avec le monde. C’est un moment où nous nous ouvrons au monde, un moment où nous nous définissons. Donc, nous n’avons pas droit à l’échec. Si l’échec il y a, ça ne sera pas l’échec d’Aristide TARNAGDA ou du ministre en charge de la Culture, mais l’échec de tous Burkinabè, de tous les africains. C’est vrai qu’en tant qu’artiste je prendrai un coup, mais qui suis-je par rapport à la nation burkinabè ?
Lucienne Kaboré

















