Dans une interview accordée à Artistes.BF, la réalisatrice burkinabè Delphine YERBANGA nous fait un briefing de ses deux films en compétitions au FESPACO 2025. Abordant tous les deux la thématique du terrorisme, madame YERBANGA présente des récits dramatiques qui, malgré la sensibilité du sujet émettent un message d’espoir.
Depuis que vous avez fait l’expérience de la “Black magique”, rien ne vous arrête à ce qu’on constate. N’est-ce pas ?
La “Black magique” et moi, c’est une très belle expérience (rires). J’ai été au Japon et j’ai appris à filmer avec la “Black magique” au cours d’une résidence d’écriture organisée par l’UNESCO et le festival de NARA au Japon. Après l’expérience de la “Black magique”, c’est vrai; je ne m’arrête pas ! La lutte continue.
A cette édition du FESPACO 2025, qu’est-ce que vous proposez à vos fans ?
A cette 29ème édition du FESPACO, j’ai deux films qui sont sélectionnés dont “Vérité des cœurs” qui est un court métrage de fiction sélectionné dans la section “BURKINA FILMS” et “Une si longue nuit” qui est un long métrage de fiction sélectionné dans la section “PERSPECTIVES”.
Pouvez vous nous en dire davantage sur ces deux films en compétition au FESPACO 2025
Les deux films parlent du terrorisme, de la résilience et une invite à un changement de paradigme.
Pourquoi Delphine YERBANGA ne vise pas l’Etalon d’or ?
(Rires). Est-ce qu’on ne vise pas l’étalon ? Tout le monde vise l’étalon.
Tous ces deux films sont teintés de drame. Pourquoi un tel choix ?
Oui… mais avec une note d’espoir ! Qui dit drame parle de questions assez graves et la question du terrorisme est un sujet grave pour moi. Donc, je ne pouvais pas le traiter avec légèreté. Il fallait que je fasse tout pour donner envie de découvrir le film et ce que nous avons pu réaliser. Ce qu’il faut retenir, c’est que le drame ne vient pas nous dire que tout est perdu. Il y a un message d’espoir et c’est l’attente de tous les burkinabè. Nous savons qu’aujourd’hui, la situation n’est pas simple. Mais tout le monde a foi que nous allons nous relever.
Quelles sont véritablement vos attentes à ce festival ?
Mes attentes, c’est d’abord de vivre un bon festival, que tout se passe bien. Ce sont des étrangers que nous allons accueillir chez nous, que nous puissions leur offrir un accueil chaleureux, qu’il n’y ait pas de couac dans l’organisation et que la paix règne dans notre pays. Au delà de cette attente, c’est de voir également mes films projetés pour les milliers de cinéphiles burkinabè et pour les professionnels venus d’ailleurs.
La compétition s’ouvre dans quelques jours, est-ce que vous avez déjà peur ?
Non. Je n’ai pas peur parce que le FESPACO, c’est la grande messe du cinéma africain. Qui veut aller à la messe n’a pas peur parce que c’est l’occasion de rencontrer d’autres professionnels venus d’ailleurs, c’est l’occasion d’échanger avec d’autres personnes et parler des futurs projets. Le FESPACO, ce n’est pas uniquement présenter nos films qui sont en compétition, mais aussi échanger sur d’autres collaborations futures pour d’autres projets. Pour moi, on est même pressée ! On a hâte que ça commence pour pouvoir faire de belles rencontres.
Quel est votre pronostic pour l’étalon dans votre catégorie ?
(l’Etalon restera au Burkina) s’il plait à Dieu. Nous prions pour ça.
Votre mot de fin ?
Mon film “Vérité des cœurs” à été produit par tonton Gaston KABORE et le scénario a été écrit par Justin Stanislas DRABO. Je remercie toute l’équipe de production, à madame BADO qui m’a épaulée pendant le tournage parce que c’était la première fois que je réalisais un film fiction, à Justin Stanislas DRABO, à tonton Gaston KABIORE, qui m’a toujours associée aux ateliers de formations de l’Institut Imagine de Ouagadougou. Mon second film “une si longue nuit” que j’ai produit en collaboration avec la RTB et “BURKINA HISTORY”. Je remercie “ATHENA FILMS” à travers Kadi TRAORE, “GUETBA IMAGES PRODUCTIONS”, à tous les techniciens et comédiens.
Je nous souhaite à tous un beau festival.
ArtistesBF

















