La 2è édition des RIPO : Quel Bilan ?

La 2è édition des RIPO : Quel Bilan ?

La 2è édition des Rencontres Internationales des Peintures de Ouagadougou (RIPO) a éteint ses lampions le 23 juillet 2016 dernier. Stéphane ELIARD qui a chapeauté la direction artistique fait le point de l’évènement.


Stéphane Eliard ( S.E.) : Le bilan partiel est globalement positif à tous les points de vue. Nous avons une autosatisfaction à un niveau assez élevé du fait d’avoir produit une très belle exposition internationale. Nous avons eu une journée de conférence avec des idées assez percutantes, une semaine de formation animée par Martin MARTELEY au centre MANEGO et qui a laissé d’excellents souvenirs, une journée de table ronde très enrichissante où les jeunes artistes ont proposé des pistes très intéressantes pour la professionnalisation des arts plastiques au Burkina Faso. Donc globalement, nos objectifs sont atteints. Mais est-ce qu’ils sont tous atteints ? Certes non ! Ce qui est sûr, nous avons encore du pain sur la planche, il nous reste encore du boulot à fournir pour les éditions prochaines. Je peux vous citer un ensemble de choses qui me chiffonne un peu. Il s’agit notamment du manque de fréquentation de l’exposition par le public qui aurait dû aller à l’assaut. C’est vrai que nous aurions dû développer des partenariats avec le reste du monde culturel, avec les écoles ou tous les lieux qui accueillent les enfants. Nous n’avons pas eu un seul groupe d’enfants alors qu’on aurait par exemple pu faire des ateliers avec des enfants, organiser des ateliers de formations ou de créations; C’est dommage que ça n’a pas été le cas.
Il y a ensuite d’autres soucis liés à l’état des lieux. La maison du Peuple est un bâtiment qui date depuis octobre 1965 et je m’interroge sérieusement sur l’entretien de ce bâtiment. Nous avons eu chaud les jours de pluie et les œuvres aussi parce que l’eau coulait de partout du plafond entre les cimaises de la salle d’exposition. Nous ne pouvons pas considérer la maison du peuple comme une salle d’exposition ; ce n’est pas un lieu où on peut décemment exposer des œuvres d’artistes avec de tels risques.

Voilà ce que je peux vous dire en termes de bilan partiel parce que je ne peux pas aller plus en avant dans la liste des éléments que nous aurons à traiter mais il est clair que nous avons un gros travail de réflexion à mener en vue de préparer la troisième édition. Ce qui me semble indispensable, c’est qu’on va d’abord faire notre autocritique, lister les problèmes auxquels nous avons été confrontés et qui nous sont directement imputables tel le manque d’organisation, d’anticipation, de professionnalisme et du fait du milieu de l’art qui n’est pas très développé.
Les problématiques que posent les RIPO en termes de développement et de soutien à la création contemporaine, en termes d’auto-organisation des milieux créatifs burkinabé sont des questions qui excèdent le domaine des arts plastiques pour déborder vers celui de la littérature, de la poésie, de l’audio-visuel, du cinéma… Nous aurions souhaité accueillir des représentants d’autres disciplines tels que des artistes plasticiens, des designers, des artistes musiciens ou comédiens burkinabé comme ça été le cas avec Idrissa OUEDRAOGO et Gérard OUEDRAOGO ; mais ce n’est pas suffisant.
En termes de bilan financier, que peut-on retenir ?
Alors ! Je vous envoie directement vers la responsable de ces questions parce que je n’ai pas géré du tout cet aspect. Je suis le Directeur artistique.
Et la question des partenaires, ont-ils tous répondu ?
Même question. Je n’ai pas non plus géré cet aspect.
Patrick COULIDIATY