Le Piercing, un phénomène controversé au cœur de l'identité africaine

Le Piercing, un phénomène controversé au cœur de l'identité africaine

Le piercing, cette pratique consistant à percer une partie du corps pour y insérer un anneau ou un bijou, soulève des débats dans notre société africaine. D’un côté, certains y voient une expression de l’identité individuelle et un moyen de se réapproprier son corps. De l’autre, beaucoup le considèrent comme une forme de « dépravation » qui va à l’encontre des normes établies.

Le piercing, une frontière entre « avant » et « après »

Selon le Dictionnaire Larousse, le piercing permet aux personnes qui le pratiquent de « devenir ce qu’elles veulent devenir physiquement ». C’est une manière de se marquer le corps, comme un rite de passage vers une nouvelle étape de leur vie. Pour de nombreux Africains, ce geste symbolique est perçu comme une remise en question des traditions et des valeurs culturelles.

Une mode ou une dépravation ?

Certains considèrent le piercing comme une simple mode, une tendance passagère.

Comme l’explique Amidou Sana, Percer la bouche, la langue, le nez, le nombril, c’est quelque chose qu’on a copié à travers les autres pour dire que c’est la mode.  »Mais quand tu veux imiter, il faut savoir quels sont les avantages et les inconvénients. Tu fais ça parce que tu veux plaire à ton homme, est-ce que le fait de percer ton nez ça ne va pas avoir des conséquences sur ta santé ? Non, il faut pas copier parce qu’il faut copier. C’est pas parce qu’une française ou bien une Canadienne s’est percé le nez que moi aussi je dois faire. Tu peux voir et puis ça te plaît, mais on est en Afrique. L’Afrique a sa propre culture. » a t-il déclaré .

Mais d’autres y voient une véritable « dépravation », une atteinte à la moralité et à l’intégrité du corps.

Selon Sibiri Walia, « le piercing, c’est de l’ignorance pour les jeunes et femmes qui en pratiquent. Je ne sais pas si celles qui le pratiquent connaissent l’origine du piercing, le piercing accompagné par les chaînes sur les pieds, et les bagues dans les orteils. C’est des choses diaboliques. Les gens le faisaient dans les anciens temps pour un but précis, pour signifier quelque chose. Mais maintenant ils ont pris ont pris ça comme de la mode. » a t-il affirmé .

Alassane Sana va plus loin, affirmant que avant, une fille ou un garçon  qui perce sa bouche, sa langue, son nez ou son nombril est qualifiée de prostituée ou d’homo sexuel. ‘’Quand tu vois une fille qui marche avec un nez percé, sa bouche percée, c’est une prostituée, la première remarque c’est le nez percé, ensuite, le nombril et enfin c’est la chaîne au pied, ce sont ces trois choses qui les identifient. Aujourd’hui même les femmes mariées le font. Pour les jeunes filles qui le font, il faut savoir que c’est difficile de trouver un homme avec ça. « a t-il expliqué.

Le phénomène du piercing soulève ainsi de vifs débats au sein de la société africaine. Entre ceux qui y voient une expression identitaire et ceux qui le condamnent, les positions restent tranchées. Ce sujet soulève des questions profondes sur la place du corps, de l’individu et des traditions dans une Afrique en pleine mutation.

Pauline DABIRE

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