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Mariage coutumier en pays gourmantché (les Coulidiati de la province de la TAPOA

La région de l’Est peuplée majoritaire de Gulmantchéba connait cependant une paronymie du point de vue linguistique. Aussi, le Gulmancema (la langue des Gulmanceba) n’est pas parlée de la même manière dans cette région de L’EST. Ainsi, de la province de la Gnagna, au Gourma en passant par la Komondjari et la Tapoa, les coutumes du point de pratique ont également évoluées au fil du temps. Sur le plan du mariage coutumier par exemple, les étapes changent d’une zone à une autre.


paul.jpgAprès avoir pénétré l’univers du mariage traditionnel à Fada, chef-lieu de la région de l’EST, nous sommes aujourd’hui à 445 kilomètres de Ouagadougou pour comprendre les pratiques du mariage traditionnel.
Nous sommes précisément à Diapaga; une ville distante de 215 kilomètres de Fada, 445 kilomètres de Ouagadougou et de 200 kilomètres de Niamey (Niger). Diapaga est le chef-lieu de la province de la Tapoa avec pour seule famille princière : les COULIDIATI (famille qui a droit à la chefferie coutumière). Ce nom, vous le rencontrerez différemment retranscrit par l’administration coloniale. Ces homophones existent de la forme suivante : Coulidiati, Koulidiaty ou Coulidiaty
A Diapaga, nous avons rencontré Paul COULIDIATI, l’une des grandes figures suffisamment trempée des pratiques coutumières des coulidiati. Voilà ce qu’il nous dit des différentes étapes à entreprendre pour un mariage coutumier.

I – DE LA PRESENTATION DE LA FAMILLE
La première étape consiste pour le futur gendre à constituer une petite délégation de 5 à 7 membres de sa famille pour rencontrer la famille de la fille. Du côté également de la futur mariée, c’est juste un noyau représentatif de sa famille directe (5 à 7 personnes également) qui recevront le futur beau et ses parents. A cette occasion, le gendre doit apporter une calebasse de cola + 10 000 frs munimum. Selon ses moyens, le gendre peut décider d’en faire plus.
La date de la rencontre est fixée par le gendre qui la communique à ses furturs beau parents. Généralement en ces temps de modernité, c’est le samedi qui est bien indiqué. Autrement, dans le temps, la date devrait être choisie après avoir consulté un charlatant. Heureusement …. qu’on peut s’y passer aujourd’hui avec Jésus ! ! ! !

II – DE LA DEMANDE DE MAIN ou encore : PUO-DAAGLI en Gulmanceman et pog pusma en mooré
Pour cette étape, il faut prévoir :
1- Salutations du chef de famille : Un ensemble + sandales+ 6 665fr
2- Salutations de la mère : Une couverture + Un foulard + 7 220 frs + Une natte
3- Chef de concession : 2 000 frs + Cola
4- Salutations des tantes et les oncles de la mariée 4 000 fr.
5- Pour les garçons et filles : 4 000 frs
6- Salutations des femmes de la concession… 4 000 fr

III – LA DOT
Initialement, la DOT était constituée de 50 000 frs. Mais celle-ci ayant subit de légères hausses (avec certainement le coût de la vie) pourrait aller jusqu’à 60 000 frs repartie comme suit :

  22 220 fr qui reviennent à la Mariée

  27 780 Arrondis à 30 000 frs qui reviennent à la tante chargée de confectionner le trousseau de la mariée. Cette somme est forfaitaire parce qu’elle peut bien variée selon les capacités de la famille de l’époux.

  3 Calebasses de Colas dont Une pour le père, une pour la mère et la 3ème pour le reste des membres de la famille. A cela s’ajoute également,

  Un mouton

  Un coq

  Un sac de sel de cuisine

  Des pagnes, des accessoires de toilettes et de beauté, des chaussures pour la mariée. C’est ce qui constitue comme on le dit, la valise de la mariée.
Ce sont les coutumes certes, mais pour des raisons d’omissions, d’autres personnes pourraient également apporter des contributions.
Merci donc à Paul COULIDIATI, à Bibata Blandine Coulidiati et à tous ceux qui ont apporter leur contribution à cet article.
ArtistesBF
Quelques images:

mouton.jpg cola-2.jpg
coq.jpg sel.jpg

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