Fespaco 2025 : La semaine de la critique cinéma

Fespaco 2025 : La semaine de la critique cinéma

La première édition de la semaine de la critique de cinéma aura lieu du 23 au 1er mars 2025 à Ouagadougou. Dans une interview au média ArtistesBF, le président du comité d’organisation a dévoilé les différentes activités et les temps forts durant cette semaine de la critique cinéma.  Entre projetions de films, de débat-forums et d’ateliers, cette première édition selon le président du comité d’organisation Abraham BAYILI, attribuera un prix à titre posthume à un critique de cinéma, Clément TAPSOBA.

Artistes.bf (Art.bf) : Présentez vous à nos lecteurs s’il vous plait

Abraham BAYILI : Je suis Abraham BAYILI, je suis le président de l’association des critiques cinéma du Burkina, je suis le président de la semaine de la critique FESPACO 2025.



L’association des critiques cinéma existe officiellement depuis 2004. C’est cette année que nous avons reçu officiellement notre récépissé, sinon l’association existait bien avant.

Art.bf : C’est quoi la semaine de la critique de cinéma en français facile ?

Abraham BAYILI : La semaine de la critique, c’est une initiative mise en place à cette 29e édition du FESPACO, pour vulgariser la critique cinéma, pour permettre à la critique cinéma d’être comprise par le cinéphile, par les professionnels du cinéma. C’est aussi de donner de la visibilité à notre activité et à notre métier.

Art.bf : Quels sont vos objectifs ?

Abraham BAYILI : D’abord, c’est affirmer et réaffirmer notre importance dans le rôle que nous jouons au FESPACO. C’est aussi permettre au grand public de découvrir la critique cinéma et les critiques en tant que tels. C’est jouer notre rôle de médiateur entre réalisateurs/réalisatrices et cinéphiles.

Abraham BAYILI, Président de l’association des critiques cinéma

Art.bf : Pour le profane, un critique de cinéma est une personne qui visionne un film et à la fin, pour dire si le film lui a plu ou pas. Est-ce la bonne compréhension ?

Abraham BAYILI : J’ai l’habitude de dire que nous sommes 22 millions de burkinabè, donc il y a 22 millions de critiques cinéma au Burkina parce que chacun de nous peut dire quelque chose sur un film après l’avoir visionné.  Pour me résumer, le critique de cinéma est un cinéphile averti qui porte son regard sur une œuvre cinématographique en fonction de ses références socioculturelles. La référence socioculturelle est importante parce que lorsque vous regardez un film, si vous n’êtes pas imprégné de   la culture de là où est tourné le film ou du réalisateur, vous n’allez pas avoir les mêmes codes que celui qui est dans cette culture. C’est vrai que le langage cinématographique est universel, les valeurs de plan sont universelles, l’écriture est universelle, mais il y a certaines références culturelles qui font la différence. Ce qui fait qu’on peut s’entendre sur la valeur technique d’un film, on peut ne pas s’entendre sur la thématique, la manière de raconter l’histoire par exemple. Je prends le cas du film « SIA le rêve du piton ». Quand vous regardez ce film, ceux qui sont nés à Bobo Dioulasso, Ségou, Mali, Bamako qui parlent bien le dioula s’y retrouvent facilement, ils comprennent facilement parce que le film même est tourné en langue. Mais pour une personne qui est née à Dori, qui ne comprend que le fulfulde, il n’aura pas la même approche que celui qui est né à Bobo Dioulasso, qui parle le dioula.



Art.bf : La critique cinéma existe depuis 2004 mais c’est en 2024 qu’elle intègre officiellement les activités du FESPACO, pouvez vous nous en parler ?

Abraham BAYILI : Nous avons toujours participé aux activités du FESPACO.   On est toujours associé aux colloques, on est associé aux séances de présentation des films et on est associé aux débat-forums. Mais on n’avait pas formalisé l’activité en tant que telle appelée « semaine de la critique » qui existe dans les autres festivals. Mais ce n’est pas nouveau. Donc,  nous avons trouvé un cadre de partenariat cette fois-ci avec le FESPACO, pour formaliser ces activités là. Dans la semaine de la critique, vous avez des débat-forums, vous avez des présentations de films et vous avez d’autres activités qui viendront se greffer à cette semaine.

Art.bf : Il y a un prix à l’appui, pouvez vous nous en parler ?

Abraham BAYILI : Il y a eu d’abord une sélection indépendante, un jury a été mis en place. Cette sélection a permis de trouver 10 films dont 5 longs métrages documentaires et 5 longs métrages fictions qui proviennent de l’Afrique de l’Est, de l’Afrique du Sud, de l’Afrique du Nord, de l’Afrique de l’Ouest et de la diaspora. A l’issu de cela, nous avons mis en place un jury international. Le président est un nigérien, le Dr Issoufou Alidou qui est docteur en études cinématographiques à l’université Abdoul Moumouni du Niger. Le deuxième, c’est Sylvestre AMOUSSOU, un réalisateur et comédien béninois, qui a déjà remporté l’étalon de bronze, le troisième membre est un burkinabè, Annick Rachelle KANDOLO qui est la vice présidente de l’association des critiques de cinéma. Donc le jury va suivre ses 10 films là, puis sortir le meilleur qui recevra  le prix de la semaine de la critique « Clément TAPSOBA », un prix honorifique que nous allons remettre à l’auteur du film.



Art.bf : Nous sommes à la première édition, quelles sont vos attentes ?

Abraham BAYILI : Nous voudrons vraiment que le public vienne massivement à nos activités. Ce sera l’occasion de se frotter aux critiques cinéma du Burkina et ceux qui viennent d’ailleurs. C’est l’occasion également de mieux comprendre le travail que nous faisons et l’occasion pour nous aussi de recruter de nouveaux membres. Nos activités sont libres d’accès, notamment le panel, la communication inaugurale et le débat forum.  Ces activités se tiendront au conseil économique et social du 23 février au 1er mars.

Art.bf : Quel est votre dernier mot ?

Abraham BAYILI : Je vais souhaiter un bon accueil à tous les étrangers, à nos hôtes qui viennent au Burkina Faso à l’occasion du FESPACO 2025. Je demande à tous les burkinabè de leur réserver un accueil chaleureux comme on sait le faire d’habitude, d’ouvrir tous nos cœurs pour accueillir ces personnes là, compte tenu de la situation de notre pays. Je pense qu’on doit toujours garder ces vertus. Tous ceux qui viendront seront très heureux de découvrir ou de redécouvrir le Burkina Faso et repartiront avec de bons souvenirs. Pour les festivaliers, je leur   demande de se mettre à l’aise. Il faut être serein, être le premier ambassadeur du FESPACO.

Lucienne KABORE