Cinéma : fin de résidence d'écriture pour Maïmouna  LENGLENGUE

Cinéma : fin de résidence d'écriture pour Maïmouna  LENGLENGUE

À seulement quelques années de ses premiers pas dans le milieu du cinéma, Maïmouna  LENGLENGUE s’impose déjà comme l’un des visages prometteurs du cinéma burkinabè. Auteure  de plusieurs projets à la fois ambitieux et même sensibles, cette jeune créatrice entend raconter, à travers l’image et le son, des histoires originales, avec la volonté affirmée de bousculer les codes. De retour d’une résidence d’écriture à Porto-Novo au Bénin  la jeune créatrice nous parle de sa passion et de ses défis. L’entretien est réalisé par Aya de YOPOUGON.

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Invitée :  Je me nomme Maïmouna LENGLENGUE je suis scénariste réalisatrice burkinabé. Le cinéma c’est ma passion. Tout a commencé depuis mon enfance.

J’écrivais des histoires, mais je ne les conservais pas. C’est en 2020 que j’ai découvert que le cinéma aussi, c’est un métier et j’ai décidé d’embrasser cette carrière. Et c’est comme cela que je me suis lancée dedans.

Artistes.BF : Que représente le cinéma pour vous ?

Invitée : Le cinéma c’est toute ma vie. Je n’imagine pas ma vie sans le cinéma. Si la vie se résumait à écrire et réaliser des films, je suis partante.



Artistes.BF : Quels sont vos projets actuels dans ce domaine ?

Invitée : S’agissant de mes projets j’en ai plusieurs dont une dizaine déjà écrits. J’ai à mon actif deux réalisations, un court métrage qui traite d’une femme battue dans son foyer et le titre, c’est « Le poids du déshonneur ». J’ai également un long métrage qui parle de la disparition des enfants dans la ville de Ouagadougou d’une durée de 1H30.

Artistes.BF : Avec la crise actuelle que traverse l’industrie cinématographique, comment comptez-vous financer vos projets ?  Vous avez beaucoup de projets, près d’une dizaine vous avez pu concrétiser deux il y a au moins huit qui sont toujours dans les tiroirs alors, comment vous comptez faire ?

Invitée : Pour être sincère, je compte sur le financement du ministère en charge de la Culture.

Artistes.BF : Outre le ministère de la Culture, est-ce que vous avez des conseils pour taper à d’autres portes ?

Invitée : Euh, sincèrement, pour l’instant, c’est le ministère de la Culture puisque le Burkina ne fait plus partie de l’Organisation Internationale de la Francophonie, c’est uniquement sur le ministère de la Culture que nous, les cinéastes, comptons maintenant.

Artistes.BF : Pouvez-vous partager avec nos lecteurs vos difficultés ?

Invitée : Sincèrement, à part les difficultés de financement, moi, je n’ai pas d’autres difficultés, puisque c’est moi-même qui écris mes scripts, donc je ne demande pas à une autre personne de le faire. Et je postule aussi pour les résidences et par la grâce de Dieu, à chaque fois que je postule je gagne. Sur cinq résidences auxquelles j’ai postulé, j’en ai obtenu au moins 03. Donc ça va.



Artistes.BF : Quand vous décidez de réaliser un court métrage ou un long métrage ou même un documentaire comment vous faites pour le matériel, les décors, les costumes, les comédiens ?

Invitée : Une fois que le financement est acquis, c’est le producteur maintenant qui se charge de réunir tous les techniciens. Le producteur va organiser le casting et moi je vais sélectionner les acteurs qui correspondent à mes personnages. Moi, mon rôle, c’est le côté artistique.

Artistes.BF : Vous venez de rentrer d’un atelier à Porto Novo au Bénin. Quelle était la structure organisatrice ?

Maïmouna  LENGLENGUE pendant la résidence de Porto-Novo

Invitée : C’est le Festival International du Film Documentaire de Porto-Novo qui m’avait invité.

Artistes.BF : Sur quoi a porté l’atelier ?

Invitée : En fait, c’est une résidence d’écriture J’ai été invitée pour la résidence d’écriture. Mais en plus de la résidence d’écriture, il y avait également des formations organisées au profit des producteurs. En outre, il y avait un festival pour les films documentaires.

Artistes.BF : Quelle a été la durée de la résidence et quelles sont les connaissances acquises ?

Invitée : la résidence à durée une semaine (du 20 au 28 juillet 2026) Moi, en partant à la résidence, j’avais juste un synopsis et une note d’intention de mon projet. Mais je suis revenue bien comblée et chargée. J’ai fait le synopsis, la note d’intention, la note de réalisation, le traitement. Tout le dossier est complet si je peux le dire. Mais comme on ne finit jamais d’écrire, je retravaille toujours sur mon projet en attendant d’avoir les fonds nécessaires pour le réaliser.

Artistes.BF : Si cela n’est pas indiscret, quel est le sujet de votre documentaire ?

Invitée : Le film documentaire porte sur les familles des forces de défense et de sécurité qui attendent leurs proches qui sont engagés au front. Ici, je vais montrer la résilience, les difficultés et l’incertitude que ces familles vivent pendant que leurs proches sont engagés au front. Pour être sincère, en partant à la résidence, mon idée c’était de prendre les témoignages de ces familles. Mais, à l’issue de la résidence, l’histoire portera beaucoup plus sur ma personne  puisque dans ma famille nous avons des FDS qui sont engagés sur le théâtre des opérations. Donc, je traverse ces difficultés-là.



Artistes.BF : Comment avez-vous trouvé la résidence ?

Invitée : Pour être sincère, j’ai aimé. C’est vrai que c’est la première fois que je prends part à une résidence d’écriture de film documentaire, mais j’ai vraiment aimé. Nous avions trois consultants et tous étaient humbles, il n’y avait pas d’écarts entre professeurs et étudiants.

Maïmouna  LENGLENGUE (cercle rouge) pendant le travail de groupe à Porto-Novo

Artistes.BF : Quel est votre mot de fin pour terminer cet entretien ?

Invitée : Je remercie du fond du cœur le ministère en charge de la culture. Si j’ai pu participer à cette résidence, c’est grâce au soutien financier du ministère qui a pris en charge mon billet d’avion. Je remercie également les organisateurs car j’ai un projet fin prêt qui entend rendre hommage aux familles des FDS. J’invite les partenaires financiers à soutenir les initiateurs de cette résidence.



En rappel, Maïmouna  LENGLENGUE  en  plus de l’atelier de PORTONOVO au Bénin, a aussi participé à la  résidence de création et de développement de séries organisée par les ateliers du Toukin du réalisateur Guy Désziré YAMEOGO, aux projections débats de films de courts métrage organisé es par  l‘association Tafé Vision.

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