Fatouma COULIBALY : Promotrice du FRICA

Fatouma COULIBALY : Promotrice du FRICA

« Dans l’ombre des projecteurs, le combat d’une promotrice de festival pour un soutien indispensable »

Fatouma Coulibaly est une communicatrice de formation par ailleurs, présidente de l’association “KOTTO YIRIWA » et promotrice du Festival des Rencontres Interculturelles, du Cinéma et de l’Audiovisuel (FRICA). Nous vous proposons cette semaine, une  chronique consacrée à Fatouma COULIBALY, une femme très entreprenante et pleine de dynamisme.

C’est un appel à toutes les bonnes volontés à soutenir le FRICA en tant que futurs partenaires gagnants gagnants. Lisez plutôt !

Malgré la pression de son père à opter pour le métier de transitaire, Fatouma COULIBALY s’est plutôt inscrite au cours du soir pour véritablement répondre à sa vocation. Et pour affiner sa passion pour la communication, elle intègre la Radio Optima au sein de laquelle elle officie en tant que Journaliste Reporter d’Image (JRI).



Se sentant forte pour voler de ses propres ailes, elle lance dans les années 2015 -2016 son premier magazine culturel “Lwili” en version papier tiré en 1000 exemplaires/jour.  Mais la faiblesse du lectorat  contraint la jeune promotrice à changer de cap.

“Après trois numéros, nous l’avons abandonné parce que l’impression coûtait chère et le journal ne se vendait pas vraiment.  Et le plus marrant, c’est que les artistes voulaient qu’on leur distribue gratuitement les numéros. Or, il y avait des charges fixes tels le coût de l’impression, les salaires des collaborateurs, le loyer et les impôts qui me revenaient très coûteux et qu’il fallait à tout prix honorer. Donc, je n’avais pas le retour sur investissement. J’ai dû laisser tomber au profit d’un magazine en ligne “Iwili magazine”, nous confie FATOUMA COULIBALY

« Iwili magazine”, c’est la nouvelle trouvaille de FATOUMA COULIBALY. Et il ne fallait pas des mois pour le mettre en ligne même si sa présence sur la toile n’a été que de courte durée.

Fatouma COULIBATY (micro) et son équipe pendant le FRICA 2025

En effet, après deux ans de parution en ligne, le magazine est sitôt remis hors ligne. Selon la promotrice, toutes les  tentatives de récupération des données du magazine seront vaines. Ce sont autant de difficultés qui ont véritablement porté un coup dur au moral de Dame COULIBALY.

Découragée mais pas vaincue, elle décide de reprendre son souffle avec un nouveau départ à Banfora et de nouveaux objectifs. Contre toute attente, elle créé en 2017 l’association “KOTTO YIRIWA » dont l’objectif est de promouvoir le ‘KOTO”, un instrument de musique traditionnelle bien connu dans la région des cascades.



Comme si tout cela ne suffisait pas, Fatouma COULIBALY décide d’offrir à la ville de Banfora un mini FESPACO à l’image de celui de Bobo Dioulasso en créant en 2019, le  “FESPAC” Banfora. Objectif, projeter pendant son festival “KOTTO” les films primés au FESPACO. Ainsi, de  18h à 20h étaient projetés les films primés du FESPACO et de 20h à minuit,  c’était au tour des prestations artistiques.

Encore une fois, la collaboration avec le FESPACO n’a pas fait long feu. Des incompréhensions sur la qualité des films proposés au « FESPAC » seraient-elles la pomme de discorde entre le FESPACO et la promotrice ? Rien n’est très sûr !!!!

Vue partielle du public pendant le FRICA

Le moins qu’on puisse dire est que le DG du FESPACO, * actuellement directeur général de l’Agence burkinabè de la cinématographie et de l’audiovisuel (ABCA), est un homme  bien connu pour ses principes et  sa  rigueur et donc favorable  à toute belle initiative œuvrant dans le sens de  l’éclosion du cinéma burkinabè. Et l’initiative du festival “KOTTO”  en fait partie.

Mais qu’à cela ne tienne, Fatoumata COULIBALY  décide de faire cavalière seule en lançant d’abord en 2023 une Web TV associée à une web radio.  A travers ces deux plateformes,  sont diffusées des émissions et des films de sensibilisation en direction de la jeunesse. Puis à la même période (en 2023), elle crée le FRICA car dit-elle,   « N’ayant plus de liens avec le FESPACO, nous avons donc créée le Festival des Rencontres Interculturelles du Cinéma et de l’Audiovisuel (FRICA) ». 

« Je vous rappelle que chaque deux ans, nous formons dans le domaine du cinéma, 30 jeunes que nous suivons constamment », nous apprend la promotrice du FRICA.



« Aujourd’hui, nous nous réjouissons des résultats parce qu’il y a certains apprenants qui  se démarquent du lot. Nous avons ainsi des monteurs, des scénaristes et même des réalisateurs. C’est un peu une petite équipe de production audio-visuelle complète que nous sommes arrivés à asseoir progressivement », a-t-elle ajouté.

Soufflant à la fois sur le chaud et le froid, FATOUMA COULIBALY est depuis quelques années dans une posture de recherche de partenariat afin de faire de Banfora, une ville de cinéma où vibrera le “KOTTO YIRIWA ».

Femme proactive et innovatrice, Fatouma COULIBALY  devra encore faire preuve de résilience

Femme proactive et innovatrice, Fatouma COULIBALY  devra encore faire preuve de résilience au regard de tout ce chemin parsemé  de ronces. Elle en est consciente et espère avoir  des sponsors car jusque-là,  70 à 90% des dépenses de son festival sont sur fonds propres.

Dans ce nouvel élan, le FESPACO et la municipalité de BANFORA pourraient encore être remis à contribution pour réchauffer le festival pour le bonheur des populations de la ville de Banfora. Nous y croyions car il y va de la visibilité aussi de la commune de Banfora qui, malgré le contexte et la rareté des ressources contribue déjà  à la limite de ses moyens pour soutenir les activités  du FRICA.

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