Statut de la chefferie coutumière et traditionnelle : des chefs coutumiers apprécient ...

Statut de la chefferie coutumière et traditionnelle : des chefs coutumiers apprécient ...

L’ Assemblée Législative de la Transition a examiné et adopté, le 14 janvier 2026 le projet de loi portant statut de la chefferie traditionnelle et coutumière au Burkina Faso. Ce texte reconnaît officiellement les chefs traditionnels et prévoit une protection spécifique contre les menaces, outrages, violences et diffamations dans l’exercice de leur fonction. Il (le texte) précise également le rôle des chefs, encadre leur fonction et interdit toute autoproclamassion, assortie de sanctions en cas de non-respect. La loi exclut toute rémunération des chefs et les oblige à démissionner en cas d’engagement politique.

Finis donc désormais le clientélisme politique, le bicéphalisme dans les villages, le cumule des titres  (chef traditionnel, fonctionnaire, maire, député et même souvent ministre…). Si cette pratique a longtemps fait son lit et « l’affaire » des chefs de partis politiques,   elle n’a pas toujours été sans conséquences néfastes sur le tissu social. Cette loi qui vient d’être adoptée par L’ALT est sans conteste une solution terminale  qui ouvre la voie vers une cohésion sociale mise à mal et à rudes épreuves depuis des décennies.



En attendant sa promulgation, et pour en parler, nous sommes allés à rencontre de Yempabou Pacéré, Chef traditionnel Mossi de  Diapangou. C’était le 23 janvier 2026 en présence de deux autres chefs coutumiers que sont le Basyam Naaba de Saaba et  le Naaba Sigri de Nagréongo.

Depuis des décennies, les chefs traditionnels burkinabè  travaillaient sans reconnaissance ni protection. Avec cette nouvelle loi, leur fonction est désormais encadrée et valorisée, offrant un cadre officiel pour préserver la cohésion sociale, soutenir le développement local et renforcer les liens entre les populations et les autorités coutumières.

Selon Sa Majesté, l’adoption de ce statut est une source de grande satisfaction. « C’est une grande joie. La chefferie traditionnelle n’avait pas été valorisée depuis 1966. Aujourd’hui, grâce à cette loi, les chefs coutumiers voient leur rôle reconnu et renforcé », a-t-il expliqué.

Le chef Yempabou a insisté sur l’impact de cette loi, soulignant que les chefs coutumiers sont des personnes de confiance au sein de leurs communautés. Selon lui, ce nouveau statut leur permettra de contribuer plus efficacement au développement local.



Abordant la question de la neutralité politique contenue dans  la loi, notre invité estime qu’elle ne remet nullement en cause le rôle des chefs traditionnels, la politique ne relevant plus de leurs attributions. Leur mission, a-t-il expliqué, consiste à accompagner les populations et à travailler avec l’État en fonction des aspirations profondes  des communautés. Cette neutralité, a-t-il précisé, ne pose aucun problème ni aux chefs coutumiers ni aux populations.

Désormais et selon Sa Majesté YEMPABOU, administration, chefferie traditionnelle et coutumière agissent en partenaires. Que ce soit dans la promotion de la cohésion sociale, la défense, la lutte contre le banditisme ou encore l’éducation, l’État demeure un acteur clé avec lequel ils travaillent, tout en restant fidèles à leurs responsabilités vis-à-vis de leurs communautés.



Enfin pour la première fois, a-t-il souligné, les chefs coutumiers bénéficient d’un cadre juridique qui offre reconnaissance, sécurité et une meilleure gestion des conflits.

Abibata KARA

Leave a comment

Send a Comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *