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Georges de Basiri, promoteur du festival “rendez-vous à Kokologho”

Grand styliste burkinabé, connu pour sa particularité à valoriser le DAN FANI, GX-226 ou Georges Kaboré de Bassiri de son vrai nom, est issu d’une famille de couturiers. A l’âge de 19 ans déjà, il se lance dans la mode. C’est ainsi qu’après ces études secondaires, il rejoint son oncle couturier à Abidjan pour apprendre la couture. C’est le début d’une grande aventure qui exigera de ce styliste en herbe de nombreuses formations avant de s’installer à son propre compte à Abidjan puis au Burkina Faso. Depuis lors, il n’a cessé d’être sollicité dans les multiples défiles à travers l’Afrique où il porte haut le flambeau de notre pagne. Cette année, Georges Bassiri a fait une halte dans son village natale à travers son festival “rendez-vous à Kokologho” où pendant 03 jours, il a fait la promotion du Dan Fani. Un mois après la tenue cette grande 1ere à Kokologho, il nous fait le point à travers cette interview


arton2038_1_.jpgGeorges Kaboré (G.K): Je suis Georges KABORE à l’Etat civil, Georges de Basiri est mon nom d’artiste, je suis styliste burkinabé résidant à Ouagadougou et à Paris. Je suis né en 1957 à Kokolgho dans le Bulkiemdé au centre ouest. Après mes études primaires et secondaires, je suis parti en Côte d’Ivoire rejoindre mon père qui fut couturier et c’est avec lui que j’ai appris la couture. De 1976 à 1980, j’étais apprenti tailleur chez mon oncle à Koumassi. En 1980, j’ai ouvert mon atelier de couture nommé l’idole des jeunes à Koumassi. Cela a été un grand succès et j’étais obligé d’aller à Youpougon qui est loin des quartiers les plus populaires d’Abidjan pour habiller les journalistes ivoiriens tels que Mathieu Akagnou Sesseyon, Pierre Ignace Stressia et d’autres artistes tels que Meiwey lors d’une compétition de musique. Pour améliorer ma couture, je suis parti en France en 1987. J’ai suivi des formations dans la couture et des stages en haute couture en France. Je suis revenu à Abidjan former mon jeune frère Xavier KABORE et c’est pendant la crise qu’on a déménagé l’atelier à Yopougon. Nous sommes venus à Ouagadougou pour créer le label GX 226 avec G pour Georges, X pour Xavier et 226 est l’indicatif téléphonique du Burkina. Je suis né à Basiri et c’est pour cela que mon nom d’artiste est Georges de Basiri.
Artstesbf (Artbf):Comment se porte le Faso Dan Fani dans un milieu occidental où ce sont les vestes et les cravates qui sont à la mode?
G.K: Pour le moment ça ne marche pas mais c’est à nous stylistes Burkinabé de faire valoir notre savoir faire en créant de modèles en style européen pour cibler nos clients européens.Dans nos créations, on introduit du wax ou du lin avec une petite touche de Dan Fani. On devrait utiliser le Faso Dan Fani pour créer des modèles en types européens comme les blazers qu’on coud en Dan Fani. C’est dans ce sens qu’on peut avoir une clientèle variée africaine et européenne. Mais j’ai fait des défilés en Italie et cela a marché et les gens ont acheté mes habits en Dan Fani.
Artbf: Comment faire pour que le Faso Dan Fani soit mieux porté au Burkina?
G.K: g3-2.jpgC’est à l’Etat d’imposer le port du Faso Dan Fani à l’Assemblée Nationale, dans les entreprises d’Etat et les entreprises privées. Il faut qu’on fasse en sorte que les Burkinabés sachent que c’est un pagne fait à la main à base du coton burkinabé par nos cultivateurs, nos tisseuses et nos teinturières. C’est grâce à ça qu’ils nourrissent leurs familles.
Artbf:Avez-vous en projet de trouver des partenaires à l’extérieur pour nos tisserands?
G.K: Oui, mais il faut d’abord que le pagne soit de bonne qualité pour l’exportation. Si le Faso Dan Fani est bien tissé et bien teint, on peut l’exporter sans inquiétude mais le seul problème est que le pagne est encore très épais. Il faut que FILSA nous trouve des fils de type 40 2 ou surtout le 50 2. Il ne faut pas que ça rétrécisse ou que ça déteigne. Si toutes ces conditions sont réunies, on pourra exporter le pagne à Paris, à Washington, à New York. Les femmes africaines en portent déjà dans ces villes mais ce n’est pas suffisant.
Artbf: Quel bilan faites-vous de la première édition du festival?
G.K: Le bilan est positif, nos objectifs ont été atteints. Le but était d’organiser un festival dénommé “Rendez-vous à Kokolgho” et le thème était de valoriser le Faso Dan Fani, exposition-vente du tissu. Pendant ces trois jours, il y a eu une grande affluence, la population a vite adhéré à l’initiative d’AVATA.
Du côté de l’organisation, il y a eu des ratés. On n’a pas respecté les heures dont l’ouverture qui s’est faite à midi au lieu de 10 heures. Les gens étaient en colère. Cela est dû au manque de moyens. La sonnette n’était pas là et nous étions obligés d’utiliser la sonnette de la mairie pour le début. Pour le défilé également nous étions obligés d’arranger le podium devant les invités. Tout cela était dû à des raisons financières. Je lance un appel à l’Etat et aux sponsors. Lors du festival, ni FILSA ni la SOFITEX n’étaient présents alors qu’il s’agissait de la valorisation du Faso Dan Fani.

Artbf: Quelles tirez-vous de cette première édition?
G.K: Le budget était de 32 millions et nous n’avons eu que 4 millions. Actuellement, je suis endetté. Les mannequins ont réclamé 800 000frs, la restauration a coûté plus d’un million, le défilé de mode a coûté un million, la gendarmerie aussi m’a donné une facture de 1 495 000 pour avoir sécurisé la ville pendant trois jours.
Artbf: A quand la prochaine édition?
G.K: Ce sera pendant le mois de novembre et nous allons voir si le festival aura lieu tous les ans ou tous les deux ans.
Artbf: Est-ce que vous regrettez d’avoir organisé le festival?
G.K:g1-2.jpg Je ne regrette pas parce que le festival a été une réussite pour moi. Les gens de Kokolgho disent n’avoir jamais vu autant de monde auparavant et cela me va droit au cœur.
Artbf: Quel est votre dernier mot ?
G.K: Je remercie d’abord toute la presse car c’est grâce à vous que l’information sera apportée partout sur ce que nous faisons. Je remercie aussi mes partenaires qui m’ont soutenu pendant ces trois jours, la population de Kokolgho, les chefs coutumiers et religieux. Que Dieu bénisse le Burkina Faso et que la deuxième édition ait lieu l’année prochaine.

RoseMonde, Nadine SOME

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