A la recherche de subsistance quotidienne, les commerçantes de légumes s’installent de plus en plus le long des routes de la ville de Ouagadougou. Une ville réputée pour la vitalité de son secteur informel où ces dames jouent un rôle crucial. Nous avons exploré ce milieu de près dans le quartier « Belle ville » et « Bonam ».
Elles sont nombreuses ces vendeuses de condiments nocturnes qui de plus en plus s’installent au bord des voies dans la ville de Ouagadougou. Elles sont le plus souvent au bord des voies bitumées malgré tous les dangers qu’elles courent à la recherche de leur pain quotidien. La plupart de ces femmes mènent cette activité pour venir en aident à leur époux pour la charge familiale, d’autres par contre jouent à la fois le rôle de père et de mère suite au décès de leur époux.
Nous sommes allés à la rencontre de certaines vendeuses pour nous imprégner de leur réalité. Kadidiatou Ouattara est une vendeuse au bord de la voie de « Belle ville » et mère de six enfants, elle dit s’être installée il y’a plusieurs années déjà par manque d’espaces dans les marchés et à cause des petites disputes. ’’j’étais auparavant dans un petit marché où je menais mes activités, je me suis finalement installée au bord de la voie à cause des petites disputes pour des questions d’espaces dans le marché. Ce commerce me permet vraiment de soutenir mon mari seulement; c’est une activité compliquée. Chaque matin, je me réveille à 5h du matin pour me rendre dans les petits villages afin de chercher les légumes, je ne retourne qu’autour de 13h. Une fois arrivée je m’installe et je commence la vente pour rentrer à 23h30’’, Explique-t-elle.
Dame Ouattara a aussi fait cas des difficultés qu’elle rencontre avec son époux suite à cette activité tardive .’’Mon mari se plaint que je ne rentre pas tôt , je le comprends. Mais ce n’est pas de ma faute. La plupart des légumes sont OGM, lorsque je n’arrive pas à écouler au moins la moitié, le lendemain tout est pourri et c’est une énorme perte. Compte tenu de la cherté des légumes sur les marchés, les clients ne viennent pas en grand nombre. Du coup, je reste jusqu’à des heures tardives avec espoir d’écoulées le maximum de légumes’’, Nous confie t-elle.

Cependant Kadidiatou Ouattara court chaque jour des risques à cause de son activité’’. Je travaille tous les jours du lundi au dimanche. Je ne connais pas non plus de jours de fête ni férié, sauf en cas de maladie. Les grandes fêtes, je passe deux jours au bord de la voie pour vendre. Ce n’est pas facile du tout. Parfois ,je suis confrontée à des agressions après le service. Un jour, deux jeunes sont venus me trouver sur mon lieu de commerce et m’ont demandé de donner le sac ou je garde mon argent. Pour sauver ma vie, j’ai remis. Il y’a d’autres qui te suivent jusqu’à ta porte pour retirer ton sac où prendre ta moto’’, Déclare-t-elle.
Sur la voie de « Bonam », nous trouvons Aminata BONKOUNGOU également vendeuse de légumes. Elle dit être au bord de la voie mais également au marché. ’’Je suis commerçante au marché, comme souvent le marché est lent je sors maintenant au bord de la voie pour vendre. Grâce a cette activité j’arrive à scolariser mes enfants. Suite au décès de mon époux je me retrouve seule à m’occuper d’eux. Ce n’est pas facile mais je rends grâce à Dieu. Les agressions, je ne l’ai pas enregistrées par la grâce de Dieu’’.
Tout comme Kadidiatou, Aminata également parcourt les petits villages et les jardins afin de s’approvisionner.

Tous deux ont lancé un appel aux bonnes volontés qui voudraient bien les venir dans cette activité. Kadidiatou quant elle souhaite que le gouvernement crée un grand espace commun pour toutes les commerçantes mais aussi qu’il renforce la sécurité. ’’Je suis consciente que l’État ne peut pas prendre tout le monde en charge mais nous leur demandons de renforcer la sécurité surtout dans les zones non loties afin d’amoindrir les cas d’agression; car c’est grâce à ça que nous subvenons à nos besoins et à ceux de la famille’’, a- t-elle conclu.
Gloria BALO









