Priscille BANSE/ OUEDRAOGO est journaliste de formation. Passionnée du cinéma et pour affiner ses compétences en écriture, elle est passée dans plusieurs écuries dont celle de Gaston KABORE, Guy Désiré YAMEOGO et de Ildevert MEDA. Bien outillée et moulée du savoir de ces grandes icones du 7ème Art, Priscille OUEDRAOGO s’efforce constamment d’enrichir ses critiques par les lectures.
Très active également sur les réseaux sociaux, elle partage ses réflexions sur les films et engage des échanges avec ses abonnés. Afin de rendre sa plume à la fois informative et plus engageante la journaliste rédactrice en chef du média en ligne “Sud-Sahel.com”, écume les scènes et les festivals de cinéma à la recherche des scoops ou du sensationnel. C’est le cas à la 29è édition du FESPACO où nous l’avons rencontrée alors qu’elle était en pleine chasse aux cinéastes pour alimenter sa chronique de critique cinéma.
S’il faut féliciter cette journaliste critique de cinéma du fait de son courage à exercer un métier non lucratif, il faut cependant déplorer la rareté des femmes et des hommes passionnés encore aujourd’hui de ce métier. En effet, la pression des réalisateurs burkinabè, les affinités et autres copinages ont considérablement influencé la critique cinématographique au pays des hommes intègres. Contraints souvent de donner des avis plus favorables pour maintenir de bonnes relations avec les réalisateurs, les journalistes critiques de cinéma ont fini par nuire à l’objectivité et à la profondeur de leurs critiques journalistiques.
Priscille OUEDRAOGO/BANSE que nous avons l’honneur de vous présenter cette semaine est donc une brave dame pétillante de curiosité saine et bien trempée des questions de cinéma. Dans cet entretien, elle donne déjà un aperçu de l’étendue de sa maîtrise en technique de critique cinéma. Suivons plutôt !
Priscille BANCE : Je suis Priscille BANCE/ OUEDRAOGO, journaliste de formation et promotrice du site web Sud-Sahel.com.
Oui je suis passionnée du cinéma et, avec mon média, j’essaie de faire la promotion du patrimoine culturel, matériel et immatériel des peuples du Sahel. Depuis l’université, je suis passionnée par le cinéma. J’étais membre du club scénario, j’ai suivi des formations avec Gaston KABORE, Guy Désiré YAMEOGO et Ildevert MEDA. Donc j’ai eu pas mal de formations qui m’ont permis de faire une immersion dans le monde du cinéma, et depuis quelques années, je m’essaie à la critique cinéma et jamais, je n’ai manqué une seule édition du FESPACO. Je suis là pendant les éditions, je visionne le maximum de films, je fais des écris, je rencontre les acteurs, les réalisateurs et toutes les professionnels des différents métiers du cinéma. Je suis là, à sillonner la cour du FESPACO à la recherche des personnes à interviver.
Art.bf) : En tant que critique cinéma, quels sont les aspects des films sur lesquels vous formez votre jugement ?
Priscille BANCE : J’aime bien m’appesantir sur l’aspect technique. Par exemple, il y a des films où l’étalonnage pèche un peu. Souvent, c’est le son qui pèche. Par contre, il y a des films où le son est magnifique mais au niveau du montage, ce n’est pas dynamique. Donc, je m’appesantis souvent sur l’aspect technique, mais aussi sur le jeu des acteurs : est-ce qu’ils sont crédibles, est-ce qu’ils incarnent bien le rôle. Aussi, est-ce parce que le narratif du réalisateur lui même est bien dessiné ? Il y a des histoires qu’on n’arrive pas à suivre de bout en bout parce que le récit est mal narré. Et le cinéaste ou même le spectateur se perd dans le film. Il y a des films dont les histoires comme je le disais tantôt sont bien narrés, qui arrivent à transporter le spectateur. Tous ça, ce sont des aspects qu’il faut prendre en compte quand on fait de la critique.
Art.bf) : Comment appréciez-vous déjà les films que vous avez visionnés ?
Priscille BANCE : J’ai vu le film Hanami de Denise Fernandes qui est magnifique et époustouflant. Le film est assez poétique, très poétique si je peux le dire parce qu’il y a beaucoup de paysages qu’on nous présente, qui sont très beaux. On nous présente, la mer, il y a le ciel. En fait, il y a beaucoup d’effets artistiques qui plongent le cinéphile dans cette nostalgie portée par le personnage principal qui est une fille abandonnée par sa maman depuis qu’elle est toute petite. On arrive à suivre l’histoire de cette petite de son enfance à son adolescence.
Art.bf) : Quel est votre appréciation de cette édition dans son ensemble ?
Priscille BANCE : Cette édition et même celle de 2021 m’ont particulièrement marquée. Je trouve que monsieur Alex Moussa SAWADOGO est quelqu’un qui innove beaucoup. Il essaie d’aller au delà de ce qui se fait déjà. On sent que les éditions s’améliorent de plus en plus au fil des années. Cette année, il y a beaucoup plus de décorations dans la ville de Ouagadougou, notamment au niveau de la mairie centrale où les gens arrivent et pensent qu’ils sont à Dubaï alors qu’ils sont à Ouagadougou. Je pense que ce sont des aspects qu’on néglige souvent, mais qui permettent de vendre le pays, de montrer que le pays est beau et il vit, il vibre.
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