Sonia KOCTY : Meilleure présentatrice Télé de la RTB

Sonia KOCTY : Meilleure présentatrice Télé de la RTB

 «Le journaliste reste le maître de l’information diffusée. Il en porte l’entière responsabilité», dixit, Sonia KOCTY.

Nous vous proposons de découvrir cette semaine une femme de médias. Journaliste discrète et très avare en paroles, Sonia KOCTY puisque c’est d’elle qu’il  s’agit, a totalisé en juin dernier 10 ans de carrière. Et comme pour confirmer l’imensité de son talent, la journaliste s’est adjugée pour une deuxième fois consécutivement le trophée de la meilleure présentatrice télé  lors de la 29ᵉ édition des Prix Galian.

Ce n’est donc pas une surprise si nous nous joignons à la lauréate pour célébrer ce doublé qui traduit à la fois une  rigueur, l’amour pour le travail bien fait et un professionnalisme.



À travers  modestie et humilité, notre invitée nous amène dans cet entretien, dans l’univers de sa passion (le journalisme). Et qui de mieux que Sonia KOCTY elle-même pour nous raconter son parcours inspirant.

ArtistesBF (ArtBF) : Vous êtes lauréate du prix Galian de la meilleure présentation télévisée aux Prix Galian 2026, mais aussi en 2025. C’est un doublé, comme on le dit en football. Est-ce que vous vous y attendiez ?

Sonia KOCTY (S.K.) : Est-ce que je m’y attendais ? Pas forcément ! Mais j’ai été très heureuse de recevoir, pour la deuxième fois, le prix de la meilleure présentatrice télé. Ce sont deux trophées qui viennent valider, quelque part, des efforts professionnels, consolidant ainsi le sentiment que mon travail a une certaine valeur. Je suis heureuse de savoir que mon travail est apprécié, que mes efforts se voient et sont reconnus. C’est très réconfortant.

Le 26 novembre 2022, Sonia KOCTY présentait son dernier JT à la télévision 3tv. Une belle manière pour la journaliste de dire aurevoir à ses collègues

ArtBF : Qu’est-ce qui vous a amenée à choisir le journalisme ? Y a-t-il eu un déclic particulier ?

S.K. : Du primaire au secondaire, puis jusqu’à l’université, je crois que j’étais assez admirative de ce que je voyais à la télévision : des journalistes, tout simplement. Je me souviens également qu’au début de mes études en communication et journalisme, je m’étais lancée, en réalité, un défi. J’étais convaincue que je pouvais réussir cette carrière de journaliste.



ArtBF : En parcourant votre cursus professionnel, il ressort que vous étiez d’abord à 3TV avant d’intégrer la Télévision nationale du Burkina (RTB). Quelle était, pour vous, la nécessité de changer de chaîne ?

S.K. : C’est vrai que j’ai travaillé dans d’autres médias avant  la télévision nationale. Mon parcours a débuté à la radio, en 2016, à Wat FM. J’y ai intégré la station en tant qu’animatrice stagiaire. J’animais une émission qui s’appelait « On s’2Foule ». Nous étions quatre.

Sonia KOCTY parle de ce qu’elle sait faire le mieux

 

Après trois mois dans cette émission, il m’a été proposé d’intégrer la rédaction. Les responsables avaient estimé, sans savoir que j’avais étudié le journalisme, que mon profil convenait. Au bout de quatre mois de stage, j’ai été recrutée.

L’aventure devenait alors assez sérieuse. À mon recrutement, j’ai d’abord été affectée au reportage. Trois mois plus tard, j’ai été appelée à la présentation des flashs d’information, puis des journaux parlés de 12H 15 et 19 H. J’ai ainsi passé deux à trois années à la radio, où j’ai exercé ces différentes fonctions.



En 2018, 2TGP (Tam-Tam Groupe Presse), la structure qui porte la radio Wat FM, a lancé sa chaîne de télévision, 3TV. J’ai alors travaillé simultanément à la radio et à la télévision pendant quelque temps, avant d’être entièrement affectée à 3TV.

À la télévision, j’ai présenté les journaux télévisés de 20H, 13H et 7H 30 ainsi que plusieurs émissions thématiques. J’ai également été déployée sur de grands plateaux et de grands événements, notamment le FESPACO.

Sonia KOCTY recevant son trophée et ses prix lors de la 29è édition des prix Galian

ArtBF : De 3TV à la RTB, comment s’est passée la transition ?

S.K. : J’ai travaillé à 3TV jusqu’en novembre 2022, soit durant six années. J’ai quitté le média et j’ai ensuite été recrutée par la Télévision nationale, que j’ai intégrée en mars 2023.

ArtBF : Super ! Je rappelle que vous totalisez déjà dix ans de carrière. Quel a été le plus gros défi de votre carrière jusque-là ?

S.K. : Je dirais que ce sont les débuts dans le monde professionnel. Après les études, il faut évoluer de l’esprit estudiantin vers une posture  professionnelle. C’est un grand défis. Il y a aussi tout le processus d’évolution au fil du parcours professionnel, avec les exigences du métier, qui peuvent parfois représenter une transformation douloureuse.

ArtBF : Inspirante, Sonia KOCTY est aujourd’hui une référence, un modèle pour beaucoup de jeunes passionnés du petit écran. Quels conseils avez-vous pour ceux qui aimeraient emboîter vos pas ?

S.K. : Je vais tout simplement partager avec vous ce qui m’a permis de me réaliser.

Sonia KOCTY pendanrt la présentation JT de la RTB

Comme je vous le disais en début d’entretien, je m’étais lancé un défi. Et lorsque c’est le cas, je suis très tenace, voire très déterminée. Je crois que c’est cela qui m’a permis de tenir durant ces dix années de carrière dont je peux aujourd’hui me réjouir.

Je pense aussi qu’une certaine sensibilité artistique a influencé ma manière de faire ce métier. J’aime profondément sa dimension humaine. J’y tiens et  à mon avis, elle compte dans n’importe quel métier. Derrière chaque reportage, chaque journal télévisé, je cherche à comprendre les personnes avant de raconter leurs histoires, à les respecter et à transmettre l’information avec beaucoup d’empathie. Il faut croire en soi et tenir à ses ambitions.

Sonia KOCTY : « J’ai franchi des étapes, appris, évolué et me suis transformée à travers ce métier »

En résumé, pour réussir ses choix, il faut vraiment s’écouter afin de faire les meilleurs choix et déployer son potentiel dans la bonne direction. Il faut aussi être endurant et apprendre à digérer les difficultés. Je crois que c’est nécessaire. Personne d’autre ne peut mieux vous dire ce que vous êtes capable d’accomplir ou ce qui vous conviendra le mieux.

ArtBF : Merci beaucoup pour ces conseils avisés. Comment voyez-vous l’avenir du métier de journaliste ?

S.K. : Depuis quelques années, avec l’avènement des réseaux sociaux, le journalisme a connu de profondes mutations. Aujourd’hui, avec l’intelligence artificielle, une nouvelle dimension s’ouvre. Il faut composer avec cette réalité.

L’intelligence artificielle doit faciliter le travail des journalistes, réduire le temps de travail et les efforts fournis, tout en permettant de gagner en qualité et en innovation. Les outils d’intelligence artificielle, lorsqu’ils sont bien utilisés et bien adaptés, peuvent réellement faciliter le travail des journalistes.

ArtBF : Nous sommes dans une ère où l’intelligence artificielle est en train de monter en puissance. Pour vous, c’est une opportunité. Mais n’est-elle pas aussi une menace, d’une certaine manière, pour le journalisme ?

S.K. : Absolument. Parce que l’intelligence artificielle est utilisée pour fabriquer toutes sortes d’informations. Le journaliste qui l’utilise sans prêter attention aux pièges ou en mettant de côté la déontologie journalistique mettra certainement en péril la qualité de son travail.

Il s’agit donc d’utiliser l’intelligence artificielle sans perdre de vue que la responsabilité de la qualité et de l’exactitude de l’information reste celle du journaliste. Le journaliste est le dernier rempart : c’est lui qui valide ou invalide une information avant sa diffusion.

Si vous résumez, par exemple, un rapport de cent pages avec l’IA, vous devez vérifier l’exactitude des chiffres, des noms ou encore de certaines expressions consacrées.



Même si l’intelligence artificielle intervient à certaines étapes de votre travail, vous devez toujours vérifier. Le journaliste reste le maître de l’information diffusée. Il en porte l’entière responsabilité.

ArtBF : Il y a beaucoup de jeunes filles dans les écoles de journalisme, des personnes passionnées par le journalisme et la présentation télé. Pourtant, on entend souvent dire que c’est un domaine où il est plus difficile pour les femmes de se faire une place. Que répondez-vous à cette affirmation ?

S.K. : Ce n’est pas vérifié. Rien qu’en regardant les écrans ou les terrains de reportage, même sans disposer de chiffres, je crois qu’il y a autant de visages féminins que masculins. Au niveau des rédactions, c’est pareil.

Je pense que les difficultés existent, comme dans beaucoup de secteurs, mais elles ne doivent pas être perçues comme des barrières infranchissables.

Mon propre parcours en est une illustration. J’ai franchi des étapes, appris, évolué et me suis transformée à travers ce métier. Cela est possible pour toute personne qui s’y engage, femme comme homme.



ArtBF : Est-ce qu’il y a des figures dans le domaine des médias qui vous ont inspirée ou qui vous inspirent encore aujourd’hui ?

S.K. : Oui. Depuis toute jeune, en suivant les médias, j’ai découvert beaucoup de journalistes. J’ai admiré de nombreux présentateurs et présentatrices au Burkina et ailleurs. Je me suis souvent imaginée à leur place.

Mais je ne vous citerai pas de noms, de peur d’en oublier.

ArtBF : Est-ce que vous avez un mot de fin pour les personnes qui nous suivent ?

S.K. : Ce serait tout d’abord dire merci à ArtistesBF, qui s’intéresse à notre travail. Félicitations pour le travail que vous faites. Il y a beaucoup d’acteurs du monde journalistique et du monde culturel qui sont mis en lumière à travers ArtistesBF.

J’estime également que c’est très important que certaines initiatives soient valorisées et que cela puisse produire une certaine mobilisation autour de ces activités. Tout cela va concourir au développement du Burkina Faso et de l’Afrique tout entière.

Doriane SAWADOGO

Leave a comment

Send a Comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *