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Mariage chez les SAMO ou SAN : Léonce KI, raconte …

Les SAMO sont une population d’origine mandingue d’Afrique de l’Ouest vivant principalement au nord-ouest du Burkina Faso, dans la région de la Boucle du Mouhoun notamment dans les provinces du Sourou et du Nayala. Le mariage dans ce peuple peut se faire selon plusieurs procédures. Pour en parler, Léonce KI, nous a reçus dans son bureau.


arton1399_1_.jpgJe suis Léonce KI (K.L ): , secrétaire Exécutif Adjoint de l’Association pour la sauvegarde des masques de Dédougou. Je suis également Enseignant à l’Université de Ouagadougou, au département d’histoire et Archéologie. Je suis ressortissant de, TOMA dans la province du NAYALA.
Art. : Parlez-nous des étapes du mariage traditionnel chez les SAMO Sanan, communément appelés SAMO? Comment ça se passe lorsqu’un jeune veut une femme à Toma?
K.L : Ça dépend, parce qu’aujourd’hui, la notion de mariage se résume à des individus tous simplement. Par le passé, il y avait d’autres approches. Pour qu’un homme puisse se marier, il y avait trois possibilités.
La première forme,c’est lorsqu’un homme tombe par coïncidence sur une femme en travaille (en couche). Si le bébé est de sexe féminin, on dit directement que cet enfant est ta femme. A partir de cet instant, c’est l’homme qui va chercher du bois pour qu’on chauffe la décoction de l’enfant. Avec ce cas de figure, on peut déjà dire qu’on est dans une situation de mariage puisque le nouveau-né est déjà promis à un homme.
La seconde forme (la plus courante), c’est de déclarer ouvertement ses sentiments à la fille;c’est-à-dire, tu vois une fille qui te plait, tu lui demandes si elle veut être avec toi. Littéralement, l’expression en SAN est la suivante : “Mes feuilles sont sur toi”. Si la fille est d’accord, elle vous répond: “remplissez votre main et venez”. C’est par cette expression que les jeunes commençaient leur déclaration d’amour.
La troisième procédure c’est le rap (kidnapping) des femmes. Si une femme vous plait, vous la guetter jusqu’au jour où l’occasion vous sera favorable pour la kidnapper.
Dans tous les cas de figure, il faudra un jour ou l’autre se préparer à aller demander la main de la femme. La famille du marié qui se déplace pour la circonstance. Mais ils ne vont pas directement dans la famille de la fille. Ils trouvent une personne hôte qui va les introduire auprès de la famille de la fille.
C’est une somme forfaitaire de 5 000f CFA + 20 frs symbolique et parfois de la Kola et du dolo selon les localités qu’on remet à la belle famille. Une fois cette étape franchie, il faut aller cultiver dans le champ des beaux parents. C’est ce qu’on appelle le “TAGAMBO” ‘DAAMBO’‘. Le jeune, aidé par les jeunes du quartier ou du village vont labourer dans le champ du futur beau-père. Le groupe en question est supposé pouvoir finir tout le champ quelle que soit son étendue. Souvent, il y a même des champs voisins qui sont aussi labourés par ces jeunes débordant d’énergie. C’est-à-dire, dès qu’ils finissent le champ du beau-père, il arrive qu’ils partent cultiver chez les voisins. Ça peut se faire une ou deux fois, cela dépend de la belle famille.
Pendant que le labour se fait, la fiancée commence à apprêter le dolo et la nourriture pour servir à boire et à manger aux laboureurs. La famille du fiancé ou les jeunes sont tenus de vider le contenu des Jarres parce que c’est une question d’honneur… rien ne doit rester. C’est après cet exercice combien difficile et très amusant que la fille rejoint son fiancé.
Art. : De quoi se compose la dote ?
K.L : Ce sont les 5 000f plus les 20 frs symboliques seulement et parfois du dolo, de la kola des pagnes et des chaussures. Mais si le fiancé a les moyens, il peut donner plus que ce montant forfaitaire.
Art. : Quelle est la composition de la délégation qui accompagne la femme chez son mari ?
K.L : La plupart du temps, ce sont des vieilles personnes. La jeune fiancée est également accompagnée par les jeunes filles de sa génération de la même grande famille ou du même quartier. Lorsqu’elles arrivent, on fait attention aux pas. Parce qu’il faut que ce soit le pied droit qui soit le premier à franchir le seuil de la porte à son entrée dans la cour de la famille du fiancé. Comme vous le savez, la gauche n’est pas très bien appréciée dans nos sociétés.
Ce que je veux dire avant de terminer, c’est que le jeu des alliances est la chose la plus importante, en ce sens qu’il faut éviter de se mette dans cette mouvance de vouloir copier l’Europe. De nos jours, les données ont tendance à changer. Au lieu que ce soit des mariages qui unissent des familles, ce sont des mariages seulement entre individus. Aujourd’hui, le mariage n’est plus vu dans toute sa dimension.
Mariama LOMPO

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