Les musées ont un rôle essentiel dans la préservation du patrimoine culturel et dans la diffusion de l’histoire d’un pays. Jadis considéré comme des mouroirs d’objets, les musées sont pourtant des institutions vitales, pour la culture, l’éducation, l’économie et un garde-fou pour la cohésion sociale d’un pays. En plus de ce rôle clé dans la construction de l’identité nationale et la promotion de la compréhension interculturelle, les musées abordent des questions sociales, environnementales et politiques à travers de nombreuses expositions qui s’y déroulent. Cependant, cette belle fonction des musées n’est toujours pas comprise de tous et c’est le cas du musée national du Burkina. Crée depuis des années, cette institution manque crucialement de visibilité et ce, jusqu’à la date du 21 février 2024 où Sabari Christian DAO reprenait les rênes de l’infrastructure.
Depuis lors, un important travail avait été annoncé par le nouveau Directeur général du Musée sur Artistesbf le 03 mars 2024 afin de donner au musée national toutes ses lettres de noblesses. Trois défis avaient été énumérés par le nouveau DG à savoir, « Infrastructurer » pour mettre en place les infrastructures qui répondent aux normes sur cet espace, donner aux populations l’occasion de mieux aborder les questions muséales et offrir aux jeunes et surtout aux étudiants l’opportunité de s’approprier l’espace.
En termes clairs, Sabari Christian DAO a touché du doigt la plaie des musées qui restreint leur visibilité. Il s’agit de la communication, de l’accessibilité et même qu’il a avait abordé des éventuels partenariats privés.
Ce 30 décembre 2024, une équipe de Artistes.bf s’est rendue sur les lieux. Objectif, constater de visu l’état actuel de l’institution, 10 mois après sa prise de fonction de nouveau directeur général le 21 février 2024.
Sabari Christian DAO était assisté dans cette visite guidée par ses plus proches collaborateurs dont .notamment, la secrétaire de direction Madame NATAMA, son directeur de communication Oumarou KIEDGA, le responsable des expositions et médiation Monsieur SAWADOGO. L’objectif étant de nous imprégner de l’état d’avancement des projets qu’il a entamés ou poursuivis depuis sa prise de fonction. Cette visite a permis au directeur général Christian DAO, de mettre en lumière ses réalisations. A cette occasion, le DG a présenté sa structure à travers ses différentes composantes dans lesquelles, chaque exposition raconte un pan de l’histoire du Burkina.
L’un des premiers changements visibles est l’aménagement de la devanture du musée. Cette initiative vise non seulement à attirer l’attention des visiteurs mais aussi à créer une première impression accueillante et inspirante.
Aussi, pour renforcer la sécurité et améliorer l’accueil des visiteurs, une guérite a été construite à l’entrée principale afin de mieux gérer les flux de visiteurs et d’assurer une surveillance accrue; ce qui reflète une volonté de professionnaliser davantage l’expérience muséale. Dans cet espace vaste de 29 hectares, plusieurs créations sont exposées et ce, en collaboration avec les artistes qui, selon le directeur général, offrent souvent gracieusement leurs œuvres. Parmi ces dons, figure l’habitat du Faso offert par l’ambassadrice du musée Apolline TRAORE.

En outre, un amphi théâtre a été réhabilité et tous les habitats rénovés grâce à l’accompagnement du ministère en charge de la culture et l’aide d’Apolline TRAORE. Le musée national, c’est aussi la location des salles dédiées aux promoteurs de festivals et autres activités culturelles.
Il faut également noter que l’un des projets phares est la réorganisation de la réserve dont les travaux sont toujours en cours. A l’intérieur de celle-ci, 5 étagères qui permettent de ranger les objets par catégorie. Ce classement explique le DG, est fait en fonction des travaux des chercheurs, et en tenant compte des 10 ethnies majoritaires. Cette innovation vise à faciliter la visite et permettra une indexation rapide des objets.
Dans la grande salle d’exposition temporaire, des masques appelés Masque au delà du visible, assez courant au Burkina y sont exposés. La même salle abrite depuis le 5 décembre 2024, l’exposition intitulée » le train d’Abidjan à Ouagadougou » qui prendra fin le 11 février 2025. Cette exposition retrace l’histoire de la construction du chemin de fer reliant la Côte d’Ivoire au Burkina Faso et met en exergue les acteurs qui ont animé les temps forts à l’époque. Ce projet de construction remémore aussi les différentes révoltes, les accidents liés à l’installation de ce projet de chemin de fer et fait ressortir les différentes villes traversées par le chemin de fer « Abidjan-Ouaga ».

Enfin, un zoom a été fait sur la bataille du rail engagé depuis Saye ZERBO puis Sous thomas SANKARA. Quelle va être la suite de la construction de ces rails, c’est la question qu’on se pose aujourd’hui. Toutefois, l’espoir est permis avec le Président Ibrahim TRAORE qui entend intensifier la construction au Burkina de nombreuses usines dans les années à venir.
Le DG a également fait de l’assainissement du musée, l’une de ses priorités. Les alentours et l’espace intérieur, jadis jalonnés de tas d’immondices sont nettoyés avec succès. C’est un espace désormais convivial, attrayant et propice à la détente pour ceux qui désireront y faire un tour.
Dans la réserve toujours, Jocelyne BOLIANE conservatrice des musées et responsable des collections nous explique en quoi consiste son travail . “Nous avons comme tache, la conservation des objets qu’on à notre disposition qui sont au nombre de 14 300. Et comme activité que nous menons, c’est le nettoyage, l’inspection périodique et toute activité qui entre dans le cadre de l’entretien quotidien des collections ». En termes de difficultés, « il y a l’insuffisance de ressources financières et de personnel pour pouvoir mieux exécuter les taches qui nous sont confiées”, a-t-elle laissé entendre.
En perspectives, plusieurs projets sont en instance selon Christian DAO. Débutée à 10H00 mn, notre visite a pris fin à 11h avec la présentation des vœux du nouvel an et l’invite à tous les burkinabè et du monde à découvrir le riche patrimoine du Burkina. « Notre vœux le plus cher, c’est la paix pour le Burkina Faso. Qu’en 2025, on puisse recadrer cette crise qui est derrière nous, que nous puissions nous asseoir et parler du développement de notre pays pour la génération actuelle et celle à venir. Je souhaite beaucoup de beauté et de bonté à tous les burkinabè, pour l’Afrique et le monde entier », Christian DAO, DG du musée national.
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