08 mars : « Des propositions étonnantes pour des meilleures conditions de vie de la femme»
Dans le cadre de la célébration de la journée internationale des droits de la femme, le gouvernement burkinabè a posé des actes forts appréciables en faveur de la femme. Notre invitée spéciale 08 mars Aicha OUEDRAOGO / ZAMPALEGRE fait encore des propositions étonnantes.
ArtBF : Concrètement, que pouvez-vous égrainer en termes d’acquis arrachés au prix des luttes des femmes au Burkina ?
AOZ : La journée du 08 mars est déjà un acquis. C’est vrai qu’on a l’impression qu’il reste beaucoup à faire. Mais il est bien aussi de regarder le verre à moitié plein.
Lire aussi : 08 mars, Histoire & célébration au Burkina Faso
De 1983 à 2026, même si la représentativité des femmes n’est pas encore aussi forte que celle des hommes, on peut relever que les femmes émergent dans certains milieux. En tant que femme administrateur parlementaire, je puis dire que cela découle des acquis de la lutte.
Quand vous arpenter les artères de la ville de Ouagadougou, tôt le matin entre 04h ou 05 h du matin, vous appréhender l’impact du changement de mentalité des femmes. Elles ne sont plus attentistes mais des lionnes qui se battent pour assurer leur épanouissement.
Elles ne le font pas pour elles seulement. La femme est aujourd’hui engagée pour l’éducation de son enfant, elle est engagée pour le développement de son foyer. On peut affirmer que le mérite revient aux révolutionnaires des années 1983 où il a été révélé que la femme a une place et qu’elle est incontournable dans l’édification de la société.
Les femmes ont été pendant longtemps exclues, marginalisées… les hommes d’abord… les femmes après. Quand bien même on les intègrait, elles ne bénéficient pas de l’accompagnement nécessaire ; et c’est voué à l’échec.
Aujourd’hui, moi je dirais que la femme a besoin d’être plus impliquée dans les sphères de décision. Plus impliquée parce que, lorsque la femme se sent concernée par un projet, quand elle ne se dit pas que c’est l’affaire des autres, sa manière de réagir est différente. Les femmes sont de nature engagées, dynamiques et il suffit de les accompagner et de les intégrer. Le développement de la société, est du fait de l’homme et de la femme. Un proverbe moaga dit “Si tu sais que tu ne peux pas avancer sans ton binôme, il ne sert à rien de chercher des astuces pour aller vite sans lui”.
Découvrez dans la vidéo ci-dessous, les propositions de Madame Aicha OUEDRAOGO / ZAMPALEGRE
Il faut aussi comprendre que la femme de 1975 n’est pas comparable à celles des années 1983 qui ne sont pas non plus comparables à celle de 2026. Nous sommes libérées. Nous avons droit à la parole et nous nous exprimons.
ArtBF : Il semble qu’aujourd’hui, ce sont les femmes qui tiennent les foyers. Quel est votre avis ?
AOZ : Rires. Ah ! Vous voulez qu’on fruste les hommes ou quoi ? Si on l’affirme de cette manière, ce n’est pas bon. Vous savez, deux doigts valent mieux qu’un seul !
La vie de couple, c’est une question de complémentarité et de solidarité. On aime dire que c’est l’homme qui assure les dépenses du foyer parce qu’il a un emploi. D’accord ! Mais nous savons tous que tu peux avoir un emploi aujourd’hui et demain, le perdre. Quand il arrive donc que l’homme perd son emploi sur lequel il comptait pour gérer la famille, comment pensez-vous qu’il puisse continuer à l’assurer dans l’immédiat ? Bien souvent, c’est la femme qui vient à la rescousse. Malheureusement, on néglige souvent certains aspects. Ceci est le principe. Cependant, il existe des exceptions. Aujourd’hui, beaucoup de femmes sont obligées de se substituer à l’homme pour gérer le foyer et l’éducation des enfants.
ArtBF : Cette belle initiative du gouvernement qui consiste à aménager des terres en faveur des femmes, est-ce déjà un début de solutions aux problèmes de la femme ?
AOZ : Oui !!! Si tu as déjà une espace pour ton exploitation agricole, c’est déjà un combat en moins.
Je pense que cette belle initiative pourra produire tous ses effets et être une solution à l’autonomisation des femmes si toutefois certaines conditions également sont remplies. Je pense à une zone aménagée où l’accès à l’eau, aux intrants agricoles sont une réalité. A cela, il faut envisager un renforcement de capacité au profit toujours des femmes aussi bien sur plan des techniques d’agriculture, de l’accès aux marchés de distribution des produits agricoles. Vous conviendrez avec moi qu’il ne s’agira pas seulement de produire mais pouvoir aussi anticiper sur la capacité à écouler les produits.
ArtBF : A votre avis, en plus des aménagements de terre en faveur de la femme qui sont à féliciter, existe-t-il d’autres mesures fortes pour encore donner du poids à la femme en termes de loi ou d’initiatives par exemple ?
AOZ : Ah ! vous me mettez une colle.
Pour ma part, ce qui pourrait contribuer à l’amélioration des conditions de la femme, serait de prendre une loi de discrimination positive. On l’avait déjà fait avec la loi sur le quota genre qui a été bien critiquée.
Je suis favorable à une loi qui instituera la parité pour une meilleure représentativité des femmes dans toutes les sphères de décision. Comme je vous le disais tantôt, nous sommes complémentaires. Mais pendant longtemps, certains secteurs ont été occupés par les hommes et il faut travailler à faire émerger les femmes dans ces différents domaines. Ce constat n’est pas propre au milieu politique seulement. Mais pour tous les domaines de l’Etat.
Il n’y a rare de domaines où on ne peut trouver des femmes capables d’insuffler une certaine dynamique. La présence de la femme change toujours la donne. Et positivement.
Ma deuxième proposition sera que l’on porte un regard sur l’harmonie familiale et le taux de divorce. Si la réflexion est approfondie, on pourrait prévenir les conflits ; renforcer l’harmonie familiale, renforcer la solidarité familiale. Créer un «911» du Burkina et compléter ainsi le code des Personnes et de la famille (CPF). La famille est le socle de la quiétude de toute la société. Les femmes vivent beaucoup de douleurs dans le silence. Je ne voudrai pas lever le lièvre dans cet entretien mais je pense que si on approfondit la réflexion, si on donne la parole à la femme pour parler de la vie en interne, beaucoup de choses vont positivement changer.
Un mot à l’endroit des femmes pour terminer notre entretien
A l’endroit de toutes mes sœurs, mes mamans, la femme en général, je souhaite une bonne fête de 08 mars, une bonne réflexion sur les mécanismes d’amélioration de la condition des femmes dans un Burkina Faso de paix, de cohésion sociale et d’amour.
Patrick COULIDIATI
Leave a comment
















Bonjour je suis d’accord pour le renforcement de capacités mais pas mettre des femmes sans niveau pour un quota genre. Après c’est pour dire que avec la femme ç’a été un échec et patati et patata.
Je suis pour qu’on forme les femmes et qu’on donne le courage et surtout les amener à avoir confiance en elle d’abord