Avec la crise sécuritaire, une révolution de la fonte du bronze est plus que jamais nécessaire. Et l’artiste sculpteur fondeur, Abdoulaye Kaboré entend donner sa touche à travers la mise au point d’une nouvelle technique qui est la fonte du bronze avec un four à usage du gaz butane au détriment du charbon et du bois. La séance de démonstration est intervenue, le vendredi 05 janvier 2024 au Centre national d’artisanat et d’arts (CNAA) à Ouagadougou. A l’occasion, il a montré une technique de fonte semi industrielle.
Un pas vient d’être franchi dans le domaine de la fonte du bronze au Burkina Faso. Et la trouvaille est de l’artiste sculpteur bonzier au CNAA, Abdoulaye Kaboré à travers une technique de la fonte du bronze dans un four faite à gaz butane dont l’orginalité repose sur l’usage des matériels locaux. Ainsi, il passe de la technique artisanale à celle semi-industrielle. Pour le faire, son dispositif qui est composé d’un creuset de fonte d’une capacité de 20 kg dans un foyer de fonte construit avec des briques en terre.
Le four qui conserve une chaleur allant jusqu’à 1300 °C, est d’une fabrication locale à travers d’un chauffe-eau récupéré. Celui-ci est branché à deux bouteilles de gaz. La durée d’une fonte d’un métal fait au maximum 2 heures contre 4 heures pour l’ancienne technique faite au charbon ou du bois. Par la suite, c’est le << décochage >> qui intervient une fois refroidi, le bronze est sorti au moyen d’un coup de marteau. Le moule ainsi détruit, place au << démoulage >> qui se fera après.

Après la séance de démonstration, M. Kaboré pense que cela vise à » développer » le travail du bronzier. Il explique que depuis belle lurette, c’était l’utilisation des fours à charbon ou du bois jusqu’à la fonte qui avait un risque. << C’est pourquoi, j’ai développé cette nouvelle technique de fonte à gaz pour faciliter le travail >>, clame-t-il avant soutenir qu’en comparant avec l’ancienne pratique, cette nouvelle donne constitue une plus value.
» Rareté de bois et du charbon due à la crise sécuritaire «
Par ailleurs, l’artiste fondeur confie que la crise sécuritaire a entraîné une rareté et une cherté du bois voire du charbon. En informant que la bouteille de gaz butane acquis au prix de 5 500 FCFA, Abdoulaye Kaboré affirme qu’un sac de charbon est à 8 000 FCFA. D’où, selon lui, l’intérêt d’un regain de différence assez large en ce qui est du prix de la matière première partie rapport à la technique de la cire perdue.
Le choix est vite fait, soutient-il, pour le premier. Surtout, il postule à l’idée que tout artiste aspire à être original, en faisant des œuvres irreproductibles dont ce présent chef-d’œuvre en est une.
Dans le cadre de la mise en place de ce projet, l’artiste souligne que tous les collègues fondeurs de l’atelier ont participé et contribué à la conception même du four. A partir de ce partage d’expériences, indique-t-il, déjà, certains peuvent la mettre en pratique. Aujourd’hui, le défi de M. Kaboré est de former toutes personnes intéressées, ou celles qui souhaitent qu’on leur fournissent des fours.
Achille ZIGANI









