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Voie de contournement de Ouaga : Qui doit dédommager les déguerpis ?

Qui doit dédommager les populations dont les propriétés ont été touchées par la voie de contournement de la ville de Ouagadougou ? Jusque-là, la réponse se cherche au bout des lèvres.

Une vue partielle de l’espace concerné par la voie de contournement. Longue de 125 km sur une largeur de 100 m environ.

Pour mémoire, c’est le 30 octobre 2018 que le lancement des travaux de la voie de contournement de la ville de Ouagadougou a été effectué par le Président du Faso. Si l’idée est salutaire du fait qu’elle contribuera énormément à accroître la sécurité routière et fluidifier la circulation dans la ville de Ouagadougou, il faut cependant craindre que des comportements inciviques  n’empêchent de réussir le pari pour permettre un accouchement sans douleur.

En effet, dix mois après le lancement des travaux, les populations de Tanghin-Dassouri, de Koubri, de Saaba et de Loumbila; certaines d’elles sont en ” Stand by” et interdites d’exploiter leurs fermes ou leurs champs du fait de la voie de contournement qui toucherait à leur domaine. Malheureusement, les dédommagements promis et qui pouvaient compenser les travaux champêtres se font trop attendre. Dame Administration n’est pas pressée. Et à entendre les victimes de cet déguerpissement, la solution n’est pas pour demain même si des rumeurs font croire que des déguerpis de certaines localités sont déjà indemnisés. Pire, ces populations ne seraient pas toutes au même niveau d’information en ce qui concerne surtout le montant de la  cagnotte de déguerpissement; toute chose qui nous dit qu’il y a  de “l’Urgo” dans l’air !. Et ce n’est exagérer quand certaines langues conseillent à cette laborieuse population de prier et d’invoquer “Saint Roch Marc Christian” afin qu’il mette la main dans cette affaire et les aide à recouvrer intégralement leurs droits.

Qui donc de EBOMAF ou de l’Etat doit dédommager les déguerpis ? C’est la question que nous avons posée à Marcelle ZOUNGRANA l’un des maires des communes concernées par le Projet en question et à qui nous remercions de passage pour sa disponibilité et pour le temps qu’il a consacré à cette rencontre malgré les audiences.

Pour Marcel ZOUNGRANA, la voie de contournement est une merveille qui apporte plus de biens que de mal à sa commune.

Marcel ZOUNGRANA (M.Z.) : C’est une bonne chose parce que nous accueillons la décision avec grande satisfaction.  En toute chose, c’est le début qui est dur .Mais  au fil du temps, les gens, en l’occurrence ceux qui croient être lésés dans leurs droits comprendront que cette voie de contournement vient nous soulager. Aujourd’hui, tous les gros camions passent toujours par Ouagadougou pour rejoindre les villes secondaires (Bobo-Dioulasso, Ouahigouya, Koudougou, Fada etc..) occasionnant de passage de nombreux accidents de la circulation, des bouchons en pleine ville. Alors dès que cette voie sera opérationnelle, les accidents de route liés aux gros porteurs vont diminuer ; donc, cette voie est la bienvenue parce qu’elle va concourir à renforcer la sécurité routière.

Marcel ZOUNGRANA, Maire de Koubri “Notre souhait donc est que l’Etat et l’entreprise puissent gérer ce problème le plus tôt possible”.

Je sais que ce n’est pas simple pour les populations ; mais on ne peut pas entreprendre ce genre de projet sans difficultés. C’est pourquoi nous essayons autant que faire se peut de gérer le stress et toutes les difficultés qui naissent au quotidien autour de ce projet. Généralement, quand il y a un coach avec un propriétaire de parcelle, nous sommes directement informés.

Vous savez qu’à Koubri, il n’y a pas mal de propriétaires immobiliers qui travaillent et c’est vrai aussi que la voie a occupé des espaces y compris les propriétés d’un certain nombre de citoyens. Lorsqu’il y a incompréhension, nous recontactons ces promoteurs immobiliers pour les mettre en contact avec les propriétaires dont les parcelles ont été touchées par la voie. Et ensemble, ils ont toujours trouvé des solutions acceptables. Donc, je puis dire que jusqu’à ce jour, tout se passe très bien dans la commune de Koubri.

ArtistesBF (ArtBF) : Des citoyens semble-t-il sont interdits d’exploiter leur espace, qu’en est -il ?

Oui parce qu’il y a le dédommagement en cours !  Le vrai problème, c’est que les gens attendent qu’on les dédommage avant qu’ils ne libèrent les lieux. Et à l’heure où je vous parle, la population concernée par le déguerpissement n’a pas encore été indemnisée.  C’est le seul problème !

Et qui responsable de l’indemnisation des gens concernés par le déguerpissement ?

C’est EBOMAF qui a reçu le marché. Je crois que c’est une affaire entre L’Etat et l’entreprise EBOMAF bénéficiaire du marché. La mairie n’est nullement pas concernée par ce dédommagement. Je ne pourrais donc pas vous en dire plus.

S’ils n’exploitent pas leurs champs et sans indemnisation, comment pensez-vous vous que ces personnes puissent vivre ?

C’est Juste ! mais c’est un engagement que l’Etat avait pris avec EBOMAF. Si ce problème se pose aujourd’hui, c’est parce qu’ils n’ont pas pu dédommager les gens à temps.  Sinon, le problème n’allait pas se poser. Notre souhait donc est que l’Etat et l’entreprise puissent gérer ce problème le plus tôt possible.

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