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Dramane Franck Elvis COMPAORE prend les commandes au SP/CNLD

Le Secrétariat Permanent du Comité National de Lutte Contre la Drogue (SP/CNLD) au Burkina a depuis le 12 novembre 2019 un nouveau commandant. Il s’agit de Dramane Franck Elvis COMPAORE Commissaire Divisionnaire de Police.

Nommé en conseil des ministres du 16 octobre 2019, il prend les commandes au SP/CNLD. C’est lui qui a désormais la charge de mener savamment et avec intelligence la lutte contre la drogue au Burkina Faso. Homme de terrain mais très averti aussi des questions du grand banditisme, Dramane Franck Elvis COMPAORE a occupé plusieurs responsabilités avant sa nomination actuelle.

Dans cet entretien qu’il a accordé à notre rédaction, Dramane Franck Elvis COMPAORE dévoile un pan de “son combat” à mener au SP/CNLD.

Dramane Franck Elvis COMPAORE : SP/PNLD

Dramane Franck Elvis COMPAORE  (D.F.E.C) : Je m’appelle Dramane Franck Elvis COMPAORE et je suis Commissaire Divisionnaire de Police de profession. J’ai été nommé Secrétaire Permanent du Comité Nationale de Lutte Contre la Drogue (SP/CNLD) par le conseil des ministres du 16 octobre 2019.  J’ai été installé dans mes fonctions de Secrétaire Permanent le 12 novembre 2019.

ArtistesBF (ArtBF.) : Quelles étaient les postes de responsabilités antérieurement occupées ?

D.F.E.C : Le plus récent des postes de responsabilité, c’est celui du Directeur Régional de la police nationale du Centre-Est. Mais bien avant, j’ai assumé les responsabilités de directeur régional de la police nationale de l’EST à Fada N’gourma. Avant Fada, j’étais chef de Service Régional de la police judiciaire de Bobo – Dioulasso qui a en charge avec d’autres services, la lutte contre le grand banditisme. Il y a eu d’autres postes de responsabilité à Ouagadougou où j’ai été Commissaire de Police de l’arrondissement de Baskuy, Commissaire central adjoint de Ouahigouya, Chef de Brigade économique et financières au commissariat central de Ouagadougou.

ArtBF :  Quel est l’état des lieux de la lutte contre la drogue au Burkina ?

D.F.E.C : Le secrétariat permanent du comité national de lutte contre la drogue a été créé depuis les années 1993, si je ne me trompe pas. Il a fait son bonhomme de chemin avec vraiment des résultats appréciables.  En matière de sensibilisation ou de prévention tout comme en matière d’action de coordination et de répression, le CNLD a mené beaucoup d’activités.

Ce qui manque véritablement depuis la création du Secrétariat Permanent, c’est une stratégie nationale de lutte contre la drogue. Il n’y a pas de stratégie qui a été adoptée au plan national jusque-là. C’est vrai que les services de lutte contre la drogue existent mais chacun fait ce qu’il peut avec l’aide des partenaires techniques et financiers pour justement arriver à des résultats. Mais il manque foncièrement cette stratégie de lutte pour nous éviter le tâtonnement et nous permettre d’atteindre rapidement nos objectifs. L’élaboration d’une stratégie de lutte contre la drogue est donc nécessaire pour engager la lutte de façon efficiente et efficace et parvenir à des résultats escomptés. Je crois d’ailleurs que ce sera un de nos combats à la tête de ce service.

ArtBF :  Peut-on avoir une idée des statistiques sur le taux de régression ou de progression de la consommation de la drogue au Burkina ?

D.F.E.C : Je ne vais pas m’aventurer dans les statistiques. Je suis en train de découvrir les archives de la maison. Mais ayant travaillé beaucoup d’années dans la police judicaire et en collaboration avec les autres structures de lutte contre la drogue, je peux dire sans risque de me tromper que s’il n’y avait pas eu des actions de sensibilisation et de répression entreprises par le SP/CNLD, la police, la gendarmerie, la douane et les services des eaux et forêts, nous serions aujourd’hui à un taux plus élevé de victimes de la drogue aujourd’hui. C’est pour dire que ces actions ont vraiment porté fruits. Nos services ont mené considérablement des actions de sensibilisation dans le milieu scolaire et estudiantin. Mais de façon générale, le Burkina Faso semble passer du simple statut de pays de transit en matière de drogue à celui de consommation. Le constat est que dans tous les milieux et jusque dans les alimentations, on retrouve la drogue sous diverses formes. On pourrait dire que dans sa globalité, le phénomène a pris de l’ampleur aussi bien en termes de victimes de drogue que des consommateurs. Ce qui veut dire qu’il reste des efforts à consentir.

Dans les alimentations, on retrouve la drogue sous diverses formes.

ArtBF :  Le SP/CNLD dispose-t- il de structures de désintoxication ?

D.F.E.C : En fait, le SP/CNLD n’a pas pour vocation de procéder à des désintoxications des victimes de la drogue. Sa mission principale est l’animation et l’application de la politique gouvernementale en matière de lutte contre la drogue. Maintenant, elle a aussi la charge de coordonner tout ce qui est action de prévention et de répression contre la drogue. Aujourd’hui, le Burkina Faso a fait un pas de géant en matière de désintoxication. En effet en dehors de certaines structures privées, il y a une unité addictologie au niveau des services de psychiatrie de l’hôpital YALGADO OUEDRAOGO dont le rôle est d’assurer la prise en charge des usagers de drogue.

ArtBF :  Vous avez été nommé Secrétaire Permanent au conseil des ministres du 16 octobre 2019. Quels seront vos priorités et les défis à relever dans cette structure ?

D.F.E.C : Le premier défi, c’est l’élaboration d’une stratégie nationale de lutte contre la drogue au Burkina Faso.  C’est cet outil qui va nous ouvrir les portes aussi bien avec nos partenaires nationaux qu’au niveau international. Lorsqu’aujourd’hui, vous allez dans des rencontres internationales et que vous ne puissiez pas présenter votre ligne directrice de votre pays en matière de lutte contre la drogue, il y a véritablement problème. C’est une situation qui crée des blocages car aucun partenaire n’est prêt à investir dans le vide. Donc si vous voulez, l’élaboration de ce document est notre combat premier. En collaboration avec l’ensemble des membres statutaires du comité national de lutte contre la drogue, nous allons engager ce combat dès les premiers mois de notre prise de service. Il nous le faut absolument parce qu’il est la base voire, le référentiel de tout ce que nous allons entreprendre ou poser comme acte. Elaborer une stratégie nationale de lutte contre la drogue et la soumettre à l’appréciation de l’autorité sera notre premier combat. Nous ne doutons pas que l’autorité s’engagera à nous accompagner après l’élaboration de ce document dans son application sur le terrain.

Le 2ème défi à relever, c’est de rendre effectivement le CNLD et dans son ensemble très visible parce que nous avons constaté que c’est une structure très méconnue du grand public. Nous allons travailler à y arriver à travers nos activités et en collaboration avec les autres structures de sécurité intérieure et en rapport avec les partenaires techniques et financiers.

Aujourd’hui avec ce que nous avons comme arsenal de visibilité, je veux parler des réseaux sociaux, il n’y a pas de raison que ce service interministériel ne puisse pas être connu du grand public. Il n’y a que dans la visibilité que nous pourrons nous faire valoir et convaincre l’autorité qu’elle ne s’est pas trompée en nous envoyant servir à la tête de cette structure.

ArtBF :  Pensez-vous qu’un site web pourrait contribuer à vous donner cette visibilité ?

D.F.E.C : Absolument ! laissez-moi vous dire merci parce que c’est vous qui avez permis la naissance d’un site web pour le SP/CNLD. Certes qu’il n’est pas encore bien connu du public. Mais je reste convaincu que vous nous aiderez dans ce sens. Nous travaillerons avec vous afin de l’améliorer pour qu’il réponde à nos attentes et à celles de tous ceux qui voudraient connaitre les actions du SP/CNLD. Donc pour répondre à votre question, ce site web est la bienvenue et nous allons collaborer pour faire en sorte qu’il soit plus visible et accessible à tous.

ArtBF :  Parlant toujours de visibilité, quelles sont les activités inscrites à l’occasion de la fête du 11 décembre qui se tiendra à Tenkodogo dans la province du Boulgou ?

D.F.E.C : Oui ! A l’occasion, nous avons en projet une activité de sensibilisation grand public. Nous avons demandé à cet effet un stand sur le site de la foire du 11 décembre. Cette activité au niveau de la foire du 11 décembre sera non seulement une activité de sensibilisation mais aussi de faire connaitre notre structure et amener les autorités administratives régionales à jouer leur partition. Comme vous le savez, ce sont les gouverneurs qui sont les présidents des comités régionaux de la lutte contre la drogue, les Hauts commissaires représentent les présidents des comités provinciaux de la lutte contre la drogue et les préfets sont les présidents des comités départementaux de la lutte contre la drogue. En ce qui concerne les structures non fonctionnelles, nous comptons effectuer un déplacement à Tenkodogo pour rencontrer les autorités locales pour qu’elles nous aident à rendre opérationnelles ces structures.

Nous avions aussi en projet une activité de sensibilisation dans les lycées et collèges de ladite région. Mais à l’heure où nous sommes et avec les préparatifs de la fête du 11 décembre, les élèves ont été libérés plus tôt.

Aussi, voudrai-je profiter de votre micro pour saluer l’ensemble des partenaires du SP/CNLD en particulier. Ils sont nombreux et je ne saurai les citer. Nous venons d’organiser une opération conjointe avec les forces de sécurité intérieure de la région du centre sud du 18 au 22 nombre 2019. C’était mon baptême de feu au SP/CNLD et à l’occasion, nous avons pu saisir une quantité non négligeable de CANABIS, des médicaments de la rue et bien d’autres produits en rapports ou non avec la drogue. C’est le lieu pour moi de saluer le Ministre de la sécurité, président du comité national de lutte contre la drogue pour son engagement à nous accompagner et l’Ambassade de France pour son soutien.

Je voudrai enfin inviter la population et en particulier la jeunesse à se départir de la drogue sous toutes ses formes. La drogue tue ! Elle nous rend irresponsables, casse les familles et nous isole de la société. Je voudrai rassurer la jeunesse burkinabè que notre engagement est ferme pour les aider à sortir du joug de ce fléau afin qu’elle soit une jeunesse responsable, une jeunesse d’avenir pour un Burkina émergeant

ArtistesBF

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