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Ouaga Film Lab : Ousmane Boundaoné, nous parle de la 4ème édition

L’évènement “Ouaga Film Lab” se tient depuis hier 12 septembre 2019 à Ouagadougou. Après les trois premières éditions à succès, l’évènement se tient pour sa 4ème année consécutive du 12 au 21 septembre 2019. Ousmane Boundaoné, l’un des promoteurs de l’évènement nous explique  le contexte de sa création.

Comment l’idée de “OUAGA LAB” vous est venue l’idée ?

Nous avons créé “OUAGA FILM LAB” en 2015 suivi de sa première édition en 2016. Certes que c’est Ousmane BONDONE qui est beaucoup mis en exergue, mais ” OUAGA FILM LAB” est piloté par quatre (4) personnes. Il s’agit de MARTINA, Moussa SAWADOGO, SALAM  ZAMPALIGRE et mo-même.

Son objectif, c’est de renforcer les capacités professionnelles et la compétitivité des cinéastes de l’Afrique de l’Ouest et surtout détecter des talents. Quoi qu’on dise, l’Afrique est marginalisée pour bien de prétextes. C’est ce qui explique que ce que nous faisons en Afrique n’a pas souvent de visibilité ou n’est pas suffisamment diffusé au niveau international. Donc au lancement de “OAUGA FILM LAB”, c’était d’abord ce côté défi qu’il fallait relever.

Mais notre chance si je peux le dire ainsi, c’est que notre collectif est déployé sur deux continents et précisément, dans trois pays différents qui sont  la Suisse, l’Allemagne et le Burkina. Rapidement, vous avez donc représentées l’Europe et Afrique, toute chose qui nous a ouvert les portes au niveau international et qui nous a permis d’intégrer les plateformes internationales.  La preuve, “OUAGA FILM LAB” à été lancé au festival de cannes en 2016, ce qui nous donné plus de crédibilité. Avec une première édition bien réussie telle qu’on l’avait prévue, l’effet boule de neige est partie.

Il existe déjà au Burkina Faso des festivals similaires. La création de “Ouaga film LAB ” répond-t-elle à un besoin d’un vide à combler ?

Oui et la grande différence à tous ces festivals qui existent sur le cinéma africain, c’est que nous ne sommes pas un festival mais un évènement.  Nous travaillons au début de la chaine du cinéma. Nous n’attendons pas que le film soit réalisé pour le montrer. Non !  Nous ne montrons pas de film.  Le cœur de “OUAGA FILM LAB”, c’est la formation et la recherche des talents, de ceux qui savent écrire le cinéma et qui n’ont pas toujours les moyens pour accéder à d’autres regards.

Comment écrire une histoire cinématographique ?; c’est à ce niveau que nous intervenons exactement. C’est pourquoi, nous pensons qu’il y avait un vide à combler en Afrique. Nous avons des écoles qui forment les gens de façon initiale. On leur apprend quelques métiers du cinéma : scénarisations, réalisations, technique  de montage audio-visuel. Mais le problème qui se pose, c’est comment réaliser son film dans un contexte de rareté de ressources financières ? Voilà tout le problème ! Mais ce n’est pas que les fonds ont disparus, les fonds sont là, mais c’est le système de production qui a changé.

C’est parce que le système de production avait complètement évolué depuis les années 2 000. Pour nous, ce nouveau mécanisme de financement du cinéma propose qu’on passe désormais par des laboratoires ; c’est-à-dire, que dans un temps donné et dans un même lieu, qu’on puisse rencontrés des gens pétris d’expériences et qui sont prêts à les partager avec les plus jeunes et à apporter leurs regards sur des projets. Il n’existait pas une telle plateforme en Afrique de l’Ouest. Et 2016, nous étions les premiers avec cette plateforme.

On a créé les laboratoires pour inciter et susciter des talents ; on les recherche, on les détecte par des appels à projet, on les accompagne et on voit les meilleurs. Comme ça, le festival à la chance dans 3 ou 4ans d’avoir des films sortis du laboratoire.

Est-ce qu’on peut avoir un bilan de ces trois premières éditions ?

Le bilan est à plusieurs niveaux. Dans notre stratégie, on avait prévu que les premières éditions seraient une sorte de phase pilote. Et quand nous avons fait la clôture le 28 septembre 2018, nous avons tiré le bilan. Le bilan était qu’en trois ans, près de 200 projets de films fiction et documentaires ont été enregistrés sur la plateforme” OUAGA FILM LAB”. Et ces films provenaient essentiellement de l’Afrique de l’Ouest.  Sur les 200 projets, ce sont 30 projets à savoir 10 par an qui avaient été sélectionnés pour bénéficier de l’incubation de OUAGA FILM LAB.  Sur ces films sélectionnés, c’est plus de la moitié qui a bénéficié des bourses pour continuer dans des résidences d’écriture.

Pour vous donner une idée, nous avons eu 60 projets à la première édition, 72 à la deuxième édition et près de 100 projets à la troisième année.

Quel seront les innovations pour cette quatrième édition ?

La particularité pour cette 4è édition, c’est l’ouverture que nous avons faite aux cinéastes de l’Afrique centrale et de la région des grands lacs parce que jusqu’en 2018, nous n’acceptions que les projets portés par des réalisateurs de l’Afrique de l’Ouest ; que ce soit des pays anglophones, lusophones ou francophones. Mais cette ouverture, n’est pas sans conséquence car cette année parmi les 150 projets qui ont été soumis, la majorité des projets venait de ces nouveaux pays.

Quelles sont les conditions de soumission ?

“OUAGA FILM LAB” s’adresse à des réalisateurs qui ont déjà tourné des courts métrages, qui ont déjà pratiqué. On ne s’intéresse pas à ceux qui sont toujours à l’école ou qui n’ont jamais fait la réalisation.

Les conditions sont les suivantes :

il faut avoir un projet écrit, un résumé, une note d’intention du réalisateur, une biographie de l’auteur et être accompagné d’un producteur. C’est à ce niveau que OUAGA FILM LAB devient un peu contraignant. Mais ça répond aussi à une certaine logique à savoir, intervenir dans le respect de la chaine de valeur parce que l’Afrique francophone est encore sous cette difficulté où la rareté des producteurs oblige les réalisateurs à porter plusieurs casquettes. (à s’improviser producteur et réalisateur sur le même film).

Donc pour pouvoir impacter la création et la production, on exige que le réalisateur soit accompagné d’un producteur qui doit nous fournir les mêmes informations que le porteur du projet. A la différence ici, il faut que le producteur aura à fournir une évaluation financière du projet par un budget.

Chaque année, c’est 10 projets que nous sélectionnons dans le cadre de la résidence “OUAGA FILM LAB”. Mais on a un volet qui s’adresse essentiellement aux producteurs qui s’appelle l’atelier ” OUAGA PRODUCTEUR LAB”, où nous sélectionnons cinq (5) jeunes producteurs de l’Afrique francophone pour former à la production.

En termes de difficultés que peut-on retenir ?

“OUAGA FILM LAB” rencontre des difficultés notamment au niveau de son appropriation par les milieux professionnels dans notre pays.  On ne va pas tourner autour du pot ! (Rires) . Il s’agit entre autres au niveau du ministère de la culture. Nous sommes obligés de passer par les directions techniques pour rencontrer le ministre. Donc, ce n’est pas un accompagnement structuré. C’est un peu cela notre cri de cœur. Pour un dispositif Ouaga film LAB”, même s’il est porté par une initiative privée, l’accompagnement des structures techniques du cinéma au niveau du ministère de la culture est déterminant parce que ce que nous faisons impacte directement la profession. Comme je le disais, on travaille au respect de la chaine de valeur.

De façon institutionnelle” OUAGA FILM LAB ” est une plateforme importante pour le Burkina, qui amène dans ce pays des personnalités importantes qui ont leur mot à dire sur le développement du cinéma au niveau mondial et qui permettent de porter la créativité Burkinabè et Africaine à un niveau élevé.

Quels sont concrètement vos souhaits en français facile ?

On souhaite qu’on inscrive “OUAGA FILM LAB ” parmi les priorités du ministère de la culture et que chaque année, on nous dise, voici ce que nous vous offrons pour l’accompagnement technique et financier sur 3 ans. Et cela pourra nous mettre à l’abri de certaines difficultés.

Notre budget est autour de 100 millions de FCFA par an. “OUAGA FILM LAB” commence en janvier et les rapports sont déposés le 1er décembre de l’année en cours. Ces 100 millions permettent de faire venir 50 personnalités qui comprennent des jeunes réalisateurs d’une dizaine de pays africains avec en charge leur logement et leur hébergement pendant 10 jours. A travers également l’évènement, ce sont des entrées de subsistes parce que cette année, nous offrons 16 bourses en raison de 5 000 euros/bourse. Donc, la contribution qu’on demande au ministère de la culture, c’est entre 15 à 20% de notre budget annuel.

Quelle est la périodicité de l’évènement ?

L’évènement est annuel. Cette année, il est prévu du 12 au 21 septembre 2019. Nous accueillons les six (6) projets de l’Afrique Centrale et des Grands lacs (Rwanda, Burundi, RDC et Ouganda) et bien entendu les (4) projets de l’Afrique de l’Ouest (Burkina, Mali, Sénégal et du Togo). Le 21 septembre 2019, ce sont 16 prix internationaux qui seront octroyés au meilleur des 25 projets de cette 4ème édition.

Nous remercions le ministère de la culture pour sa contribution sporadique et tous nos partenaires stratégiques dont la Coopération Suisse au Développement, le Centre National du Cinéma et de l’Image animée, l’OIF, et TV Monde.

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